Solidaires 21 s'inquiète : « Dimanche, un jour comme les autres ? »

16 mai 2017
Par 45
Alors que la FNAC de Dijon et les Galeries Lafayette ont annoncé leur future ouverture le dimanche, le syndicat Solidaires 21 s'inquiète de la banalisation du travail dominical et des conséquences sociales et salariales.

Alors que la FNAC de Dijon et les Galeries Lafayette ont annoncé leur future ouverture le dimanche, le syndicat Solidaires 21 s'inquiète de la banalisation du travail dominical et des conséquences sociales et salariales.

Dans un communiqué laconique, le syndicat dresse un bilan peu reluisant des dernières décisions concernant l'ouverture de plusieurs commerces dijonnais le dimanche :  « Les Dijonnais et Dijonnaises vont pouvoir dépenser ce jour-là .... ce qu'ils et elles ne dépensent pas le reste de la semaine. Si toutefois ils ne sont pas eux-mêmes au boulot. Et grâce à la zone touristique internationale imposée à la hussarde par un ex-ministre socialiste redevenu maire de Dijon, la FNAC ne sera pas longtemps seule à profiter du gâteau des dépenses mirobolantes le dimanche : Galeries Lafayette, Sephora sont annoncées sur les rangs de l'extension du travail tout le temps, sans compter bientôt le soir.»

Solidaires 21 remet notamment en cause le calcul des différentes directions de ses magasins, qui assurent que les ventes en seront boostées et les salariés récompensés.

« Le président de la FNAC espère un gain supplémentaire de chiffre d'affaires de 10 % sans que pour autant, cela « vampirise » les ventes de la semaine. ?videmment tout cela reste à confirmer, car c'est surtout de plans sociaux dont l'actualité est émaillée, comme dernièrement les 60 emplois des salarié-es de 3M à Longvic transférés à Oyonnax.

Surtout que les engagements accordés aux salariés (multiplication par 2 voire 3 du salaire, prise en charge partielle des frais de garde) vont sans doute réduire le gain escompté. Sans oublier un certain nombre de frais non prévus : ainsi de l'augmentation possible des loyers commerciaux par les propriétaires des murs 1 , espérant bien eux aussi profiter du gâteau. Au final le gain envisagé pourrait bien être en réalité une perte nette. ? moins de revenir sur les contreparties accordées, ce que ne manqueront pas de saluer les syndicats « compréhensifs » et soucieux, loi travail aidant, de préserver l'emploi à n'importe quelle condition. Et pour finir par faire du dimanche un jour de travail comme les autres.»

L'union syndicale termine en s'inquiétant de l'image globale de la société que cette situation pourrait donner : « une société où travail et commerce occupent toute la vie. Une société où la population est sommée de travailler et consommer sans cesse pour espérer exister. Une société où la concurrence doit être la forme aboutie d'organisation, marginalisant toute forme de coopération et de solidarité,
rejetant la notion même de temps libre pour qui ne dispose d'aucune rente ni capital, stigmatisant ce qui n'entre pas dans le cadre imposé de la réussite individuelle.[...] Ce monde de l'argent, nous l'abhorrons et devrons l'abattre. Résolument. »

Y.O.