« Ca enfreint le principe républicain de la laïcité » À Beaune, des associations dénoncent !

Dans un communiqué publié le 22 octobre, les Libres penseurs de Côte-d’Or (ADLP 21), le Comité Laïcité République (CLR 21) et l’Union des familles laïques (UFAL 21) contestent la communication de la municipalité de Beaune autour de la Journée du Souvenir, prévue le 2 novembre. Les trois associations estiment que la mention de « deux messes » dans une invitation officielle contrevient au principe de neutralité religieuse des institutions publiques.

Publié : 14h00 par Adrien Favrie

La ville de Beaune critiquée pour l'utilisation d'un mot non laïque sur une invitation officielle.
La ville de Beaune critiquée pour l'utilisation d'un mot non laïque sur une invitation officielle.
Crédit : Photo DR : Rédaction K6FM

La Journée du Souvenir doit se tenir à Beaune le lundi 2 novembre 2026. À cette occasion, le maire de la ville et président de l’Agglomération Beaune Côte et Sud, Pierre Bolze, invite les habitants à participer à deux messes des défunts, organisées dans des édifices religieux de la commune.

L’invitation, également signée par Philippe Falce, conseiller municipal délégué en charge du Monde patriotique, annonce une première célébration à 9 heures à la collégiale Notre-Dame, puis une seconde à 19 heures en l’église Saint-Nicolas. Dans l'invitation, la mairie beaunoise annonce « Journée du Souvenir, et le souvenir Français vous convient ».

Cette communication suscite des critiques de la part de trois associations de défense de la laïcité en Côte-d’Or : l’Association des Libres penseurs de Côte-d’Or (ADLP 21), le Comité Laïcité République en Côte-d’Or (CLR 21) et l’Union des familles laïques de Côte-d’Or (UFAL 21). Dans un communiqué commun publié le jeudi 22 octobre, elles contestent la place accordée à ces célébrations religieuses dans une invitation institutionnelle.

Les trois organisations ne remettent pas uniquement en question la tenue des messes, mais leur mention dans un document municipal et communautaire. Elles estiment que cette communication engage « la neutralité des institutions publiques » et soulèvent la question de la place des convictions religieuses dans les cérémonies officielles. « L’État ne doit jamais normer l’intime. La laïcité exige de se dispenser de l’héritage religieux, pas de le raviver ».

 

Un rassemblement qui « enfreint le principe républicain de la laïcité »

Pour les trois associations, la référence explicite à deux messes dans une invitation officielle constitue une entorse au principe de laïcité. Elles considèrent que la communication municipale devrait rester neutre et s’adresser à l’ensemble des habitants, indépendamment de leurs convictions religieuses ou philosophiques. « Si les catholiques s’y reconnaissent immédiatement, ce n’est le cas des autres religions, ni des athées qui y voient une norme culturelle imposée » expliquent les associations.

« La laïcité impose une neutralité de langage, car le langage est un acte politique », ajoutent-elles dans leur communiqué. Elles reprochent à la municipalité d’employer un terme spécifiquement catholique dans un document public, ce qui reviendrait, selon elles, à introduire une référence confessionnelle dans un cadre institutionnel.

Les associations invoquent également le « principe d’universalité ». À leurs yeux, une invitation publique doit pouvoir être reçue de la même manière par tous les citoyens. Elles estiment que la mention des messes peut favoriser la reconnaissance d’une tradition religieuse particulière au détriment des autres confessions et des personnes athées.

Le communiqué aborde aussi la question du deuil et des différentes manières d’honorer les morts. « Le deuil est une expérience intime, que chacun vit selon ses convictions », rappellent les organisations, qui refusent que la communication publique contribue à présenter une pratique religieuse comme une référence commune.

Enfin, elles dénoncent une confusion entre les responsabilités civiles de la commune et la sphère religieuse. « La séparation des ordres doit être rigoureuse, pas poreuse ! », affirment-elles.

 

 

 

Les journées du souvenir à Beaune

Au cœur de cette dénonciation figure l’invitation adressée par Pierre Bolze, maire de Beaune et président de l’Agglomération Beaune Côte et Sud, pour la Journée du Souvenir du 2 novembre. Le document annonce deux rendez-vous religieux : une messe des défunts à la collégiale Notre-Dame à 9 heures et une autre à l’église Saint-Nicolas à 19 heures.

Dans leur texte, elles défendent une conception de la laïcité fondée sur la neutralité de la puissance publique et l’égalité de traitement entre les citoyens. Elles estiment que la municipalité ne doit pas privilégier une tradition confessionnelle dans sa communication officielle, même lorsqu’il s’agit d’un événement lié au souvenir des défunts.

« La municipalité ne doit pas seulement être neutre, elle doit paraître neutre », soulignent-elles. Leur critique porte ainsi sur le caractère institutionnel de l’invitation et sur le message qu’elle peut renvoyer aux habitants qui ne partagent pas la foi catholique.