Attentat raciste de Trappes : les réactions politiques en Côte-d’Or

Après l’attaque meurtrière survenue le vendredi 23 octobre dans les Yvelines, plusieurs responsables politiques Côte-d’Oriens prennent la parole. Hamid El Hassouni, l’un d’entre eux, met en cause une large banalisation des discours racistes et antimusulmans en France.

Publié : 12h45 par
Ronan Marchand - Journaliste

Plusieurs élus locaux, dont Hamid El Hassouni, ont réagi.
Plusieurs élus locaux, dont Hamid El Hassouni, ont réagi.
Crédit : Photo DR : Hamid El Hassouni

Vendredi 23 octobre, à Trappes, un homme de 26 ans a été tué et cinq personnes ont été blessées. Le principal suspect, Kévin T., âgé de 39 ans, a rapidement été interpellé. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’enquête.

 

HAMID EL HASSOUNI APPELLE À UN « SURSAUT RÉPUBLICAIN »

Hamid El Hassouni a réagi à cette attaque. « Stop à l’Islamophobie ! », déclare le conseiller départemental de Côte-d’Or avant d’apporter son « soutien aux victimes et à leurs familles ».

Pour l’élu dijonnais, cette attaque s’inscrit dans un contexte plus large de banalisation des discours racistes et antimusulmans. Hamid El Hassouni met directement en cause certains responsables politiques, ainsi que plusieurs médias. Il estime que la banalisation de ces discours peut favoriser le passage à l’acte de personnes violentes.

« Je dénonce cette haine religieuse qui concourt à fissurer la cohésion de notre Nation », poursuit-il. Par ces mots, l’élu appelle certains responsables politiques, dont Éric Zemmour, Bruno Retailleau, Jordan Bardella et Marine Le Pen, à « cesser d’alimenter les tensions antimusulmanes ».

Hamid El Hassouni défend la liberté de croire ou de ne pas croire et réclame une réponse judiciaire ferme contre toutes les formes de racisme. Il conclut sa prise de position par un appel, celui au sursaut républicain.

 

D’AUTRES RÉACTIONS EN CÔTE-D’OR

La maire de Dijon, Nathalie Koenders, a également réagi à l’attaque : « Mes pensées vont aux victimes de la tuerie survenue […] à Trappes et à La Verrière, ainsi qu’à leurs proches ». 

Elle ajoute : « La banalisation des propos et des idées racistes n’est jamais anodine. Elle peut conduire à des actes comme celui-ci ». Elle conclut en disant que « le racisme doit être combattu sans aucune complaisance ».

Emmanuel Bichot, conseiller municipal d’opposition à Dijon, a lui aussi exprimé son soutien aux victimes, à leurs familles et à la pollution des Yvelines. Il évoque une « horreur à Trappes et à La Verrière ». L’élu salue également « le courage et la réactivité des forces de l’ordre » ainsi que la mobilisation des secours et des soignants.

Concernant les motivations de l'auteur présumé, Emmanuel Bichot appelle à attendre les conclusions judiciaires : « Toute la lumière doit être faite sur les motivations de l’assaillant et la justice doit passer avec la plus grande fermeté ». Il appelle enfin à ne pas céder face à la violence.

 

OÙ EN EST L’ENQUÊTE ?

Le Parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête après les tirs survenus vendredi 23 octobre à Trappes et La Verrière. L’enquête vise notamment des faits d’assassinat et de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste. La circonstance d’un ciblage en fonction de l’origine, de la couleur de peau ou de la religion réelle ou supposée des victimes est également retenue.

Kévin T., âgé de 39 ans, a été interpellé à Coignières peu après les tirs. Un pistolet-mitrailleur a été retrouvé dans son véhicule. Selon les éléments communiqués par le PNAT, son appartement avait également été piégé. Trois bouteilles de gaz avaient été reliées à des fils électriques connectés à un minuteur.

Les investigations cherchent désormais à établir précisément la préparation de l’attaque et les motivations du suspect. Des éléments recueillis pendant l’enquête renforcent la piste raciste. Selon Le Monde, le suspect aurait expliqué au moment de son interpellation avoir voulu « venger les commerçants » et avoir ciblé « les Noirs et les Arabes ».

Mais dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, la garde à vue de Kevin T. a été suspendue. Les raisons évoquées sont psychiatriques.