Blocus au Lycée Le Castel : syndicats et élus de gauche soutiennent la mobilisation des lycéens dijonnais

La mobilisation au lycée Le Castel à Dijon continue de susciter des réactions. Après les incidents survenus mercredi 30 septembre aux abords de l’établissement, plusieurs syndicats et groupes politiques de la majorité régionale ont publié des communiqués de soutien aux lycéens.

Publié : 14h00 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

La police est intervenue ce mercredi 30 septembre devant le lycée Le Castel à Dijon.
La police est intervenue ce mercredi 30 septembre devant le lycée Le Castel à Dijon.
Crédit : Photo DR : Rédac K6

Au lendemain des incidents devant l’établissement dijonnais, plusieurs organisations dénoncent la réponse policière et défendent les revendications des jeunes.

Mercredi matin, des tirs de mortiers, des jets de projectiles et des incendies de poubelles ont été signalés. Deux personnes ont été interpellées et aucun blessé n'a été recensé selon la préfecture.

 

Les syndicats du Castel dénoncent la réponse policière

Dans un communiqué commun, les sections FSU, CGT Éduc’action et FO du lycée Le Castel livrent leur récit de la matinée. Des enseignants expliquent avoir choisi d'être présents dès 7h15 pour accompagner les élèves.

Selon eux, le rassemblement était initialement calme. Ils indiquent toutefois qu'un petit groupe de jeunes, qu'ils disent ne pas avoir reconnus comme leurs élèves, a lancé des projectiles vers les policiers. Des feux d'artifice ont ensuite été tirés.

Les enseignants disent avoir tenté de dissuader les jeunes de toute violence. Ils rapportent ensuite « de nombreux tirs de grenades lacrymogènes » et se disent préoccupés par cette réponse policière. Ils précisent condamner « toute forme de violence ».

Cette mobilisation intervient dans un contexte déjà tendu au Castel. Depuis plusieurs mois, les personnels contestent la diminution des moyens accordés à l'établissement. En mai, des enseignants avaient notamment alerté sur les classes surchargées et la réduction des heures d'enseignement. 

 

Force Ouvrière apporte également son soutien aux lycéens

La FNEC-FP-FO 21 a également réagi. Le syndicat rappelle que des lycéens et étudiants avaient participé, la veille, à la manifestation organisée dans le cadre de la journée de grève du 29 septembre.

FO estime que leurs revendications rejoignent celles des personnels de l'Éducation nationale. L'organisation cite notamment le manque de moyens, les suppressions de postes ou encore l'opposition à Parcoursup. Elle se dit par ailleurs inquiète des « sanctions et violences policières » qui auraient visé des jeunes mobilisés, notamment au Castel.

 

Des élus de la majorité régionale demandent une réponse « mesurée »

Le mouvement reçoit aussi le soutien de groupes de la majorité au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Notre Région Par Cœur, Communistes et Républicains ainsi qu'Écologistes et Solidaires ont publié un communiqué commun.

Les élus socialistes, écologistes, communistes, radicaux et divers gauche disent soutenir les mouvements de jeunesse dans les lycées. Ils estiment que les jeunes expriment leurs inquiétudes face à leurs conditions d'apprentissage et au manque de moyens qu'ils attribuent à l'État.

Concernant les forces de l'ordre, ils demandent que leur intervention soit « mesurée et adaptée » lorsque les manifestations impliquent des mineurs. Le communiqué est signé par Hicham Boujlilat, Muriel Ternant et Claire Mallard, présidents des trois groupes régionaux.

De son côté, la préfète de Côte-d'Or avait condamné mercredi les violences commises aux abords du lycée, estimant qu'il n'était « pas acceptable de détourner le droit fondamental à manifester » par des violences urbaines ou contre les forces de sécurité

 

Le rectorat condamne les perturbations et appelle au dialogue

De son côté, le rectorat de l’académie de Dijon dresse un bilan plus large de la mobilisation. Quatre lycées ont connu des actions ou des perturbations mercredi 30 septembre : deux en Côte-d’Or, un en Saône-et-Loire et un dans l’Yonne. Le rectorat fait état de 15 interpellations, dont deux en Côte-d’Or et treize en Saône-et-Loire.

La rectrice Mathilde Gollety « condamne vivement ces perturbations ». Elle rappelle que « les établissements scolaires sont des espaces où les violences et les destructions ne doivent pas avoir leur place ».

Elle défend toutefois la possibilité pour les jeunes d’exprimer leurs revendications. « La liberté d'expression et le droit de défendre des convictions sont essentiels », souligne-t-elle.  La rectrice appelle également les parents à dialoguer avec leurs enfants et à les dissuader de participer aux blocages. 

Enfin, le rectorat relaie l’annonce du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Une « grande plateforme de consultation » destinée aux lycéens doit être mise en place à partir du lundi suivant, avec la promesse de réponses aux niveaux local et national.