Cycles Lapierre à Dijon : une audience décisive le 25 août pour l’avenir de l’entreprise
L’entreprise dijonnaise, qui emploie 106 personnes, demande son placement en redressement judiciaire pour poursuivre son activité et trouver un investisseur.
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Les Cycles Lapierre à Dijon s’apprêtent à franchir une étape importante pour leur avenir. Le tribunal de commerce de Dijon doit examiner la situation de l’entreprise le 25 août 2026. Cette première audience doit permettre aux juges de statuer sur l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire.
La célèbre marque de vélos, née à Dijon en 1946, avait déposé une demande en ce sens le 5 août. Une décision prise après information et consultation de son Comité social et économique.
L’enjeu est considérable pour cette institution industrielle de Côte-d’Or, qui fête cette année ses 80 ans. Lapierre compte aujourd’hui 106 collaborateurs et s’appuie sur plus de 800 revendeurs.
Cycles Lapierre : que va-t-il se passer le 25 août à Dijon ?
L’audience programmée le mardi 25 août devant le tribunal de commerce de Dijon constitue la prochaine échéance judiciaire.
Le tribunal devra décider s’il ouvre la procédure de redressement judiciaire demandée par l’entreprise. Lapierre insiste sur un point essentiel : cette démarche n’est pas une demande de liquidation.
L’objectif affiché consiste au contraire à poursuivre l’activité. L’entreprise souhaite également finaliser son plan de redressement et rechercher un investisseur.
Ce partenaire devra être capable d’accompagner durablement le fabricant dijonnais. La priorité annoncée reste la préservation de l’activité, des emplois et du savoir-faire développé à Dijon depuis huit décennies.
À ce stade, aucune décision sur l’ouverture du redressement judiciaire n’a donc encore été prise par le tribunal.
Une institution née à Dijon il y a 80 ans
La situation dépasse largement le seul cadre d'une procédure judiciaire. Lapierre fait partie du patrimoine industriel et sportif de Dijon.
L’entreprise a été fondée en 1946 par Gaston Lapierre. Depuis, son nom est devenu l’une des marques françaises les plus connues dans l’univers du cyclisme.
Son implantation historique se trouve toujours rue Edmond Voisenet à Dijon. La conception et le développement des vélos restent associés au site bourguignon. Lapierre revendique aujourd’hui plus de 80 ans d’expérience et une présence internationale.
Au fil des décennies, la marque s’est imposée sur plusieurs marchés. Vélos de route, VTT, vélos électriques ou modèles destinés à la compétition ont contribué à sa notoriété.
Le sport de haut niveau a également occupé une place majeure dans son histoire. Après la fin de son long partenariat avec Groupama-FDJ, Lapierre avait affiché sa volonté de retrouver le WorldTour. La marque équipe désormais les équipes Picnic PostNL.
En 2024, William Perrier avait pris la direction générale des Cycles Lapierre et d’Accell France. Il avait alors affiché une ambition de développement international et de modernisation du site historique dijonnais.
Pourquoi les Cycles Lapierre connaissent-ils des difficultés ?
La situation de Lapierre intervient dans un contexte particulièrement compliqué pour le marché européen du vélo.
Après l'envolée des ventes pendant la période du Covid, la filière a dû affronter un retournement de marché. Les stocks importants et le ralentissement de la demande ont fragilisé de nombreux acteurs.
La situation de la maison mère néerlandaise Accell Group constitue également un élément central. Le groupe possède plusieurs marques européennes historiques, dont Lapierre, Raleigh, Haibike, Ghost, Batavus et Sparta.
Accell a lui-même engagé des procédures d’insolvabilité après l’échec des solutions étudiées pour assurer la poursuite du groupe dans sa forme actuelle.
Selon Le Monde, les difficultés financières de la maison mère ont notamment privé Lapierre des moyens nécessaires pour couvrir ses besoins à court terme. Le quotidien indique que Lapierre a réalisé 99,1 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Ses pertes d’exploitation auraient reculé de 46,3 millions en 2024 à 27,2 millions d’euros en 2025.
Ces éléments permettent de mieux comprendre la recherche d’un nouvel investisseur capable de soutenir directement l’entreprise dijonnaise.
106 emplois et un savoir-faire dijonnais au cœur des enjeux
Pour Dijon et plus largement la Bourgogne-Franche-Comté, le dossier est suivi avec attention.
La première préoccupation concerne les 106 salariés de l’entreprise. Lapierre affirme clairement vouloir préserver les emplois et poursuivre son activité.
Le deuxième enjeu touche au maintien d’un savoir-faire historique à Dijon. La marque dispose toujours localement de compétences liées notamment à la recherche, au développement et à l’assemblage de certains modèles.
À l’occasion de ses 80 ans, Lapierre mettait encore récemment en avant le lien entre son atelier dijonnais et les grandes compétitions internationales.
La marque représente aussi un symbole particulier dans une agglomération où le vélo occupe une place croissante. K6FM évoquait récemment le développement d’une nouvelle section cyclisme à Dijon. Le vélo fait également partie des enjeux de mobilité suivis depuis plusieurs années dans la métropole, comme le rappelait notre article consacré au plan de Dijon métropole pour développer le vélo.
Le redressement judiciaire ne signifie pas la fin de Lapierre
C’est un point important pour comprendre la situation actuelle des Cycles Lapierre.
Une procédure de redressement judiciaire vise à permettre la poursuite de l’activité d’une entreprise en difficulté, lorsque son redressement reste envisageable. Elle ne doit donc pas être confondue avec une liquidation judiciaire.
Dans le cas de Lapierre, l’entreprise présente précisément cette démarche comme un moyen de poursuivre son activité, de construire son plan de redressement et de trouver un nouvel investisseur.
La procédure doit aussi permettre de donner un cadre judiciaire aux prochaines étapes.
Pour les salariés, les revendeurs et les amateurs de la marque, le rendez-vous du 25 août constituera donc un premier indicateur important. Il ne donnera pas nécessairement une réponse définitive sur l’avenir à long terme de Lapierre.
Une marque étroitement liée à la culture vélo en Côte-d’Or
L’histoire de Lapierre est indissociable de celle du cyclisme en Bourgogne. À Dijon comme à Beaune et dans toute la Côte-d’Or, le vélo occupe une place sportive, touristique et quotidienne importante.
Le passage du Tour de France en Côte-d’Or en 2024 avait notamment rappelé cet attachement. Plus de 40 000 personnes s’étaient rassemblées dans les allées du Parc pour l’arrivée de l’étape à Dijon, selon notre rétrospective sportive de l’année 2024.
Cette identité cycliste donne une dimension particulière aux difficultés de Lapierre. Il ne s’agit pas seulement de l’avenir d’une marque connue des passionnés. Le dossier concerne aussi une entreprise historique de l’économie dijonnaise.
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