Éclipse solaire à Dijon : les lunettes sont en rupture, voici comment l’observer sans danger

À deux jours de l’éclipse du 12 août, les lunettes sont devenues difficiles à trouver. La SAB propose plusieurs alternatives sûres.

Publié : 18h00 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

Eclipse solaire du 12 aout 26: La SAB et l’aéroclub de la Côte d’Or s'associent
Eclipse solaire du 12 aout 26: La SAB et l’aéroclub de la Côte d’Or s'associent
Crédit : Société Astronomique de Bourgogne

À deux jours de l’éclipse solaire du 12 août 2026, les lunettes de protection sont désormais en rupture dans de nombreux points de vente autour de Dijon. La demande s’est fortement accélérée ces derniers jours.

Samedi dernier, la Société Astronomique de Bourgogne avait installé un stand improvisé place de la Sainte-Chapelle, à Dijon. Il a été rapidement pris d’assaut.

2 000 paires de lunettes ont été vendues en seulement deux heures, selon Éric Chariot, de la Société Astronomique de Bourgogne.

Mais l’absence de lunettes ne signifie pas qu’il faudra renoncer au spectacle. Plusieurs méthodes permettent d’observer l’éclipse sans danger, à condition de ne jamais regarder directement le Soleil.

 

Pas de lunettes ? La méthode du « petit trou » fonctionne très bien

La solution la plus simple est celle du sténopé, aussi appelée méthode du « petit trou ».

Le principe est très accessible. Il suffit de prendre une plaque de carton et d’y percer un petit trou.

Il ne faut surtout pas regarder le Soleil à travers ce trou. Il faut observer l’image projetée sur le sol ou sur une surface claire.

Éric Chariot explique : « La tâche lumineuse au milieu de l’ombre du carton, c’est tout simplement l’image du Soleil à travers le petit trou, et pendant l’éclipse, cette tâche montrera un soleil partiellement éclipsé, en croissant. » (Source : Société Astronomique de Bourgogne)

Pendant l’éclipse, la petite tache lumineuse prendra progressivement la forme d’un croissant.

Cette technique repose sur le principe du sténopé, ancêtre de la camera obscura et de l’appareil photographique.

 

Une passoire ou une écumoire peuvent aussi faire l’affaire

Pas besoin de matériel sophistiqué.

Une passoire ou une écumoire peuvent produire plusieurs projections du Soleil en même temps. Chaque petit trou forme une image de l’éclipse.

Il est aussi possible de créer un petit passage lumineux entre ses doigts.

Même le feuillage d’un arbre peut servir de sténopé naturel. Les espaces entre les feuilles projettent alors de nombreuses petites images du Soleil sur le sol.

 

Dans tous les cas, la consigne reste la même : on regarde la projection et jamais directement le Soleil.

Rendez-vous à Darois mercredi pour une observation encadrée

Pour ceux qui préfèrent observer l’éclipse avec des spécialistes, la Société Astronomique de Bourgogne donne rendez-vous mercredi 12 août à l’aérodrome de Darois, près de Dijon.

L’association y proposera plusieurs dispositifs permettant d’observer le phénomène en sécurité.

« On aura des lunettes, mais aussi plein d’autres dispositifs sûrs pour bien l’observer », précise Éric Chariot.

K6FM avait déjà présenté les actions de la SAB autour de l’éclipse, notamment lors de la Fête du Soleil organisée au parc de la Colombière à Dijon.

 

Rappel de la préfecture : ne jamais regarder directement le Soleil

À l’approche du phénomène, la préfecture de la Côte-d’Or appelle à la plus grande vigilance.

L’éclipse aura lieu mercredi 12 août. Elle sera partielle en Côte-d’Or et très importante à Dijon.

La préfecture rappelle qu’une observation sans protection adaptée peut provoquer des lésions oculaires graves et irréversibles. Elles peuvent aller jusqu’à des brûlures de la rétine ou une perte définitive de la vision.

Le danger est d’autant plus important que ces lésions peuvent être indolores au moment de l’exposition. Les troubles visuels peuvent apparaître plusieurs heures plus tard.

Lunettes de soleil et systèmes artisanaux : attention aux fausses protections

Les lunettes de soleil classiques ne permettent pas d’observer une éclipse.

La préfecture déconseille également les lunettes de cinéma 3D, radiographies, négatifs de films, verres fumés ou filtres photographiques classiques.

Les lunettes conservées depuis l’éclipse de 1999 ne doivent pas non plus être réutilisées. Leur filtre peut s’être dégradé avec le temps.

Lorsqu’elles sont disponibles, les lunettes spéciales doivent porter le marquage CE et répondre à la norme ISO 12312-2.

La préfecture recommande aussi de vérifier l’absence de rayures ou de perforations sur les filtres.

 

Même avec des lunettes, il faut limiter le temps d’observation

La protection ne dispense pas de rester prudent.

Selon les recommandations officielles, il ne faut pas observer le Soleil pendant plus de trois minutes consécutives, même avec des lunettes adaptées.

Des pauses doivent être effectuées régulièrement afin de reposer les yeux.

Le risque existe également lorsque le ciel est voilé. Les nuages ne protègent pas suffisamment contre le rayonnement solaire.

Une vigilance renforcée est aussi recommandée avec les enfants. Les lunettes d’éclipse ne conviennent pas aux moins de trois ans.

 

Attention avec les smartphones et appareils photo

Photographier l’éclipse nécessite également des précautions.

Il ne faut jamais retirer ses lunettes pour regarder directement le Soleil à travers un appareil.

La préfecture recommande l’utilisation d’un filtre spécifique pour protéger les appareils photo, smartphones, jumelles et longues-vues.

 

Que faire en cas de problème après l’éclipse ?

Une baisse de la vision, des taches dans le champ visuel, une vision floue ou une déformation des images doivent alerter.

Dans ce cas, la préfecture recommande de consulter en urgence un ophtalmologue ou d’appeler le 15.