La maison d'arrêt de Dijon pourrait une nouvelle fois être bloquée ce lundi matin

Le syndicat d'agents pénitentiaires UFAP UNSa Justice de Dijon appelle à un « un blocage total des structures ce lundi 27 avril ». Comme le mois dernier, le manque d'effectif et la surpopulation carcérale sont décriés. En France, le taux d'occupation dans les établissements serait de 137%.

Publié : 7h15 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

Les agents pénitentiaires, déjà en grève fin mars, devraient se mobiliser ce lundi matin à Dijon.
Les agents pénitentiaires, déjà en grève fin mars, devraient se mobiliser ce lundi matin à Dijon.
Crédit : UFAP / UNSA

Un mois après la mobilisation du 27 mars dernier, le fonctionnement de la maison d'arrêt de Dijon devrait une fois être pertubé. L’Union régionale UFAP UNSa Justice de Dijon appelle à un « blocage total des structures » dans toute l’interrégion ce lundi 27 avril, dans un contexte de fortes tensions au sein du service public pénitentiaire.

Dans un communiqué, le syndicat évoque « la chronique d’une mort annoncée », dénonçant une dégradation continue des conditions de travail et une gestion jugée défaillante par l’administration.

 

Un ras-le-bol généralisé des personnels

L’organisation syndicale décrit une situation devenue intenable pour les agents : « Nos camarades se plient depuis bien trop longtemps en quatre quand ils ne se font pas insulter, menacer ou agresser ».

Les personnels, toutes filières confondues, seraient confrontés à une pression constante dans un « service public pénitentiaire suffoquant ». Le syndicat insiste également sur une maltraitance ressentie comme généralisée : « Personne n’est épargné ! La maltraitance est la même dans tous les corps ou dans toutes les spécialités ! »

 

Des effectifs en baisse et une surpopulation dénoncée

Parmi les principaux griefs avancés, la question des effectifs revient avec insistance. L’UFAP UNSa Justice évoque « 219 emplois vacants » dans la région, compensés selon eux par une surcharge de travail pour les agents en poste.

Conséquences directes affichées : une hausse importante des heures supplémentaires, un impact sur la vie familiale des personnels et une fatigue accrue sur le terrain.

Le syndicat alerte également sur la surpopulation carcérale : « Une surpopulation pénale endémique qui transforme nos détentions en bombes prêtes à exploser ! » En France, le taux d'incarcération est de 137% selon les derniers chiffres du ministère de la Justice. Soit près de 87 000 détenus pour environ 63 000 places.

 

Un appel à un blocage total des établissements 

Face à cette situation, l’organisation syndicale appelle à une action forte et visible : « L’Union Régionale UFAP UNSa Justice de Dijon appelle les agents […] à procéder au blocage total des structures le lundi 27 avril . »

Tous les agents de l’interrégion sont concernés, « quels que soient leur corps, leur grade ou leur appartenance syndicale ». Les bureaux locaux sont invités à organiser la mobilisation et à rassembler un maximum de personnels « devant les portes ».

 

Des revendications précises adressées à l’administration

Au-delà de l’action, plusieurs demandes concrètes sont formulées :

  • « La résorption réelle des vacances de postes »
  • « Le respect et la dignité des personnels lors des campagnes de mobilité »
  • « Des mesures urgentes et vitales pour juguler la surpopulation pénale »

Le syndicat interpelle directement les autorités, évoquant « l’hyperactif garde des Sceaux (Gérald Darmanin ndlr) et ses sbires de la DGAP », appelés à apporter des réponses rapides.