Moins de places en BTS électrotechnique au lycée Eiffel ?

Les syndicats FO et SNES FSU dénoncent le projet du rectorat de Dijon et du conseil régional de réduire le nombre de places en BTS électrotechnique au lycée Eiffel. Il n’y aurait plus 24 places, mais 15 à la rentrée prochaine. Une décision « incompréhensible », selon les syndicats.

16 décembre 2021 à 8h58 par la rédaction

Le projet concerne les places en BTS électrotechnique au lycée Eiffel
Le projet concerne les places en BTS électrotechnique au lycée Eiffel
Crédit: Photo d’illustration K6FM

Ci-dessous le communiqué des syndicats FO et SNES FSU :

« Ce serait une catastrophe pour le tissu industriel de la région : de nombreuses entreprises, contactées, nous signalent leurs besoins dans le secteur, les tensions sur le marché du travail, le nombre d’offres d’emploi non pourvues faute de personnes qualifiées en électrotechnique ; ces entreprises dont certaines ont un rayonnement international, n’arrivent pas à recruter car le nombre de diplômés est déjà insuffisant sur le bassin dijonnais, avant réduction de l’offre. La plateforme IASP du lycée, qui fournit à des entreprises du matériel et des services rendus par les élèves en formation, ne pourrait plus assurer une partie de son activité.

Ce serait une catastrophe pour les élèves de Bac Pro ou de Bac STI 2D qui verraient disparaître des places, dans des formations faites pour eux. On insiste pour que les Bac Pro aillent en BTS, mais on leur ferme des portes, et on les prive de débouchés ensuite ! Qui peut accepter cela ? Le recrutement en BTS E est parfois pointé du doigt, mais le bilan n’a jamais été tiré du recrutement par Parcoursup et du dispositif expérimental qui a empêché les enseignants du BTS E d’avoir la main sur le recrutement dans leur formation. Il y a chaque année entre 250 et 300 demandes pour le BTS E : fin juin il y aurait de quoi remplir deux classes au moins avec les « oui » définitifs. Où iront les élèves de Bac Pro, que le ministère a obligation de prendre lorsqu’ils ont un avis favorable de poursuite d’étude ?

Ce serait une catastrophe pour les enseignants qui s’investissent sans compter : Toutes les filières reliées au BTS E sont concernées : 

-  Ceux  qui  enseignent  dans  les bacs pro  qui  alimentent le  BTS  sont  directement menacés,  alors que  leurs formations ont déjà subi des coupes et des fermetures lourdes de conséquences pour les élèves et pour les professeurs (ex : MELEC à Beaune). Comment attirer des élèves dans ces formations si les portes se ferment ?

- Ceux qui assurent la poursuite d’études pour permettre aux BTS E de devenir ingénieurs ou de se spécialiser (licences pro, prépa ATS dans notre lycée) verraient une partie de leur vivier se tarir, et leur formation menacée de disparition.

Et bien sûr, toute la filière du BTS E est impactée :

-  Ceux qui assurent en BTS les heures d’enseignement  général  dans  cette  série perdraient des  heures et verraient leurs postes fragilisés. 

- Ceux qui enseignent en BTS en tant que spécialistes de l’électrotechnique disposent de compétences très précieuses car elles sont devenues rares. Moins d’heures à assurer, ce sont des formateurs qui disparaissent, et leur savoir-faire avec, alors que notre dépendance à l’électricité n’a jamais été aussi forte, et que c’est un secteur d’avenir. »