Fermeture d'Alstom à Belfort : les réactions des élus de Bourgogne-Franche-Comté

Le site de Belfort ne produira plus à partir de 2018 de trains pour le constructeur ferroviaire Alstom. Un coup dur pour la région, très commenté depuis par les politiques de Bourgogne-Franche-Comté. Réactions.

8 septembre 2016 à 4h41 par 45

K6 FM

Le site de Belfort ne produira plus à partir de 2018 de trains pour le constructeur ferroviaire Alstom. Un coup dur pour la région, très commenté depuis par les politiques de Bourgogne-Franche-Comté. Réactions.

Le constructeur ferroviaire français Alstom a en effet annoncé l'arrêt de la production de trains à Belfort d'ici à 2018. La direction a annoncé mercredi 7 septembre que la production sera « transférée » à Reichshoffen, dans le Bas-Rhin, en raison d'une baisse globale des commandes.

{slide= Réaction de Marie-Guite Dufay, présidente PS de Bourgogne-Franche-Comté}Marie-Guite Dufay, présidente de la région, déplore la perte du marché des 44 locomotives de man�?uvre de la SNCF au détriment des sites Alstom à Belfort (90) et Ornans (25) et rappelle sa mobilisation pour le développement du savoir-faire industriel ferroviaire du territoire.

L'importance du marché de la commande d'Akiem pour l'activité et l'emploi local avait fait l'objet d'un soutien appuyé de Marie-Guite Dufay auprès d'Emmanuel Macron, ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique, et de Guillaume Pépy, président du directoire de la SNCF. C'était aussi le cas en novembre 2015 pour le marché des 47 locomotives suisses SSB infrastructures qu'a remporté Alstom pour un montant de 175 millions d'euros, et qui a bénéficié aux trois sites de la région.

Le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté reste mobilisé aux côtés des salariés et se tient prêt à engager, vu l'enjeu de maintien des compétences, ses outils de formation et de sécurisation des parcours professionnels dans des conditions restant à définir collectivement.

Alstom est un employeur majeur et un fleuron de l'industrie ferroviaire régionale. Pour rappel, la région a déjà commandé 16 rames de TER Régiolis pour plus de 100 millions d'euros, commande qui devra être honorée en 2017 et au-delà, contribuant ainsi à alimenter les chaînes de production locales, dont le site d'Ornans qui produit des moteurs.

Le conseil régional accompagnera l'activité et les emplois qu'elle génère et la présidente appuiera toutes les initiatives de conquête de marchés nouvelles et en cours, comme la réponse à l'appel d'offres pour 12 locomotives de man�?uvre pour la RATP. {/slide}

{slide= Réaction de François Sauvadet, Président du groupe de l'Union des Républicains, de la Droite et du Centre du Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté} La direction d'Alstom a annoncé aujourd'hui qu'elle entendait fermer son usine de Belfort d'ici à deux ans.

C'est un énorme coup dur pour l'économie belfortaine et, au-delà, pour tout le tissu industriel de Bourgogne-Franche-Comté. Le site Alstom Transport de Belfort emploie en effet quelque 500 personnes et, une fois que la restructuration annoncée sera finalisée, il ne devrait rester sur place qu'une centaine de salariés.

Mes premières pensées vont donc naturellement vers les 400 salariés concernés par la perte de leur emploi à très court terme.

Cette restructuration est notamment la conséquence du choix de la compagnie ferroviaire Akiem de commander 44 locomotives au groupe allemand Vossloh plutôt qu'à Alstom. Un marché de 140 millions d'euros qui a échappé à Alstom fin août et qui a donc contraint la direction de l'industriel français à prendre cette regrettable décision.

On se rappelle que, fin août, Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, avait dit "déplorer" la perte de ce marché par le groupe Alstom. Et ce malgré le "soutien appuyé" de l'élue socialiste en faveur de l'entreprise belfortaine auprès d'Emmanuel Macron, encore ministre de l'Economie, et de Guillaume Pépy, patron de la SNCF.

Maintenant que le pire est arrivé, je ne peux, moi-aussi, que déplorer cette incapacité à endiguer les fermetures et restructurations d'entreprises qui se multiplient sur tout le territoire de la grande région.

Quand on interroge Marie-Guite Dufay sur les moyens dont dispose la Région pour assurer la compétence économique que la loi lui a transférée, elle nous renvoie inlassablement vers le futur Schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation, le fameux SRDEII, régulièrement présenté comme le sésame pour un développement économique régional prospère. Sauf que ce SRDEII est, pour l'instant, un serpent de mer.

On en parle beaucoup, on l'invoque, on en promet monts et merveilles, mais huit mois après l'arrivée du PS à la tête du conseil régional, on ne voit toujours rien venir.

Il faut impérativement accélérer le mouvement. Aller plus vite et se doter très rapidement d'outils efficaces au service de nos entreprises.  Notre beau territoire est en difficulté. Les Bourguignons et les Francs-Comtois en ont assez des incantations et des regrets, ils veulent des actes. {/slide}

{slide= Réaction de Sophie Montel, Présidente du groupe « Les Patriotes-Front National » au conseil régional de Bourgogne Franche-Comté}La direction du site belfortain d'Alstom Transport vient d'annoncer que l'usine fermerait ses portes d'ici deux ans.

Cette usine, qui emploie actuellement près de cinq cents personnes, était absolument essentielle à l'économie du territoire de Belfort, et plus globalement, était l'un des symboles de la puissance industrielle de notre région de Franche-Comté.

La fermeture de cette usine intervient après beaucoup d'autres, puisque entre 2009 et 2015, ce sont 123 usines qui ont fermé leurs portes en Bourgogne Franche-Comté. La disparition de la branche transport d'Alstom est donc un énième symbole de la désindustrialisation de notre pays.

Il est à noter que Damien Meslot, député-maire LR de Belfort, comme tous les autres élus locaux, s'était laissé bercer par les responsables d'Alstom. Preuve une nouvelle fois que faire des tablesrondes avec le préfet, ce n'est pas la même chose que faire de la vraie politique, c'est-à-dire agir pour que la France se dote d'une vraie politique industrielle et cesse de se soumettre aux dogmes ultra-libéraux de l'Union européenne.

Cet �?tat stratège que j'appelle de mes v�?ux permettrait ainsi de garantir un aménagement harmonieux du territoire national, évitant les décisions de relocalisation brutales de ce type, qui contraignent les salariés à changer de vie et déstabilisent l'économie de territoires entiers. {/slide}