La maintenance tres presente dans la filiere ferroviaire en Bourgogne

L’INSEE nous détaille dans un communiqué l’activité de la maintenance dans la filière ferroviaire en Bourgogne-Franche-Comté.

26 juillet 2018 à 23h00 par Fabrice Aubry

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En Bourgogne-Franche-Comté, la filière ferroviaire s’articule autour de cinq segments portant sur les matériels roulants et les infrastructures tant dans leur fabrication que dans leur maintenance. Elle repose sur une centaine d’établissements privés dont quelques-uns de grande taille comme Alstom et Eurovia. Ces établissements emploient 6 850 salariés dont sept sur dix travaillent dans la fabrication et la maintenance de matériels roulants. S’y ajoutent 3 800 agents de la SNCF, présents dans des établissements œuvrant à la maintenance des voies et des trains. Les salariés du secteur privé, pour moitié des ouvriers, sont majoritairement qualifiés. Leurs compétences techniques et leur âge favorisent des rémunérations plus élevées qu’en moyenne dans l’industrie. La filière ferroviaire est particulièrement implantée dans les zones d’emploi reliant Le Creusot-Montceau à Belfort-Montbéliard-Héricourt et dans celle de Sens.

La filière ferroviaire est emblématique de la Bourgogne-Franche-Comté du fait de la présence de grands établissements d’envergure internationale comme Alstom et Eurovia, filiale du groupe Vinci. Pour autant, c’est une filière de taille modeste : les 10 650 salariés permanents ne représentent que 1,2 % de l’emploi salarié régional en 2015. Parmi eux, 6 850 relèvent d’établissements privés, industriels pour la majeure partie, et pèsent pour 4 % dans les effectifs industriels de la région et 0,8 % dans l’emploi salarié. Par ailleurs, 3 800 agents de la SNCF travaillent dans des établissements de la maintenance des voies ferrées et des trains. La SNCF, relevant d’une forme d’emploi et d’organisation différente des autres entreprises de la filière, est étudiée à part.

Importance de la maintenance dans la filière

La filière ferroviaire s’appuie sur deux activités bien distinctes et complémentaires : les matériels roulants d’une part, les infrastructures de circulation d’autre part. Dans chacun de ces deux domaines, la maintenance tient une place à part entière, tout aussi importante que la fabrication, compte tenu du coût initial, de la durée de vie des véhicules et des voies et de la sécurité afférente.

La filière s’articule autour de cinq segments (méthodologie). Près des trois quarts des effectifs sont employés sur les matériels roulants, constitués de deux segments : la fabrication et la maintenance des trains de voyageurs urbains (tramways, métros) ou interurbains, mais aussi de trains de fret.

Les trois autres segments, plus petits en termes d’emplois, concernent les infrastructures de circulation : d’une part, la construction de voies ferrées, d’éléments au sol (ballast, rails, traverses) ou hors-sol comme les caténaires, d’autre part, la maintenance de ces voies. Un dernier segment composite regroupe la fabrication d’équipements fixes comme les équipements de signalisation ou d’alimentation électrique des voies ferrées, et de matériels de pose, de contrôle et d’entretien des voies. La filière repose sur 110 établissements privés, en majorité industriels. Elle est assez peu concentrée sur de gros établissements : seuls six emploient plus de 500 salariés. Parmi eux figurent des établissements relevant d’entreprises mondialement connues, comme Alstom à Belfort, Ornans et au Creusot où se situe son centre mondial de conception des bogies (châssis porteurs permettant aux wagons de s’orienter convenablement dans les courbes).

Des emplois plus qualifiés et rémunérateurs que dans l’industrie

L’emploi de la filière se distingue du profil général de l’emploi industriel (figure 3). Déjà, les salariés sont plus qualifiés. Si la filière emploie pour moitié des ouvriers, les trois quarts sont qualifiés contre les deux tiers en moyenne dans l’industrie. Les compétences techniques réclamées sont élevées mais différentes d’un segment à l’autre. Les cadres, pour l’essentiel ingénieurs ou cadres techniques, sont en proportion plus nombreux que dans l’industrie. Par ailleurs, la filière emploie peu de femmes, à peine un salarié sur cinq et moins de jeunes : seul un quart des salariés ont moins de 35 ans alors que les 45-59 ans sont plus présents. Plus qualifiés, avec plus d’ancienneté, les salariés du ferroviaire gagnent davantage que ceux de l’industrie : 15,40 euros de salaire horaire moyen net contre 14,10 euros. En revanche, les cadres perçoivent en moyenne des rémunérations un peu plus faibles. La filière recourt largement aux intérimaires : près d’un millier fin 2017, soit 14 % de maind’œuvre supplémentaire. En général plus âgés et plus qualifiés que ceux de l’industrie, ils sont néanmoins plus jeunes que les salariés permanents de la filière : la moitié a moins de 35 ans. Ils sont recrutés pour des missions plus longues que dans l’industrie, en moyenne de plus de 3 semaines.

Communiqué de l’INSEE de Bourgogne-Franche-Comté