Le discours de François Sauvadet, président du département de la Côte-d'Or pour les voeux 2016

Retrouvez les voeux du président UDI de la Côte-d'Or François Sauvadet à ses administrés et aux élus côte-d'oriens pour l'année 2016. Un discours prononcé lors des voeux 2016 au département.

12 janvier 2016 à 7h21 par 45

K6 FM

Retrouvez les voeux du président UDI de la Côte-d'Or François Sauvadet à ses administrés et aux élus côte-d'oriens pour l'année 2016. Un discours prononcé lors des voeux 2016 au département.

« Mme Christiane BARRET, Madame, la Préfète de Région, je veux d'abord vous souhaiter la bienvenue dans ce beau département de la Côte-d'Or, et à DIJON, chef-lieu de notre département et de la grande région. Nous avons beaucoup de dossiers en commun avec l'Etat et je souhaite que nous ayons des relations exigeantes mais aussi confiantes. Je vous inviterai d'ailleurs, dès que vous le souhaiterez, devant l'assemblée du Conseil Départemental de la Côte-d'Or.

Je veux aussi saluer la nouvelle présidente de la Région Bourgogne Franche-Comté, Mme DUFAY, et former des v�?ux, de manière républicaine, pour que nous ayons, département et région, des relation soutenues et partagées dans des domaines de compétences que nous aurons en commun et sur les transferts de compétences que nous aurons à engager en 2016 et 2017.

Je veux bien-sûr saluer l'ensemble de nos partenaires, l'ensemble des élus locaux avec lesquels nous travaillons en permanence dans ces temps difficiles que connaissent notre pays et les collectivités territoriales appelées à des efforts sans précédents.  Cette année 2015 restera gravée à tout jamais dans nos mémoires après les attentats et les actes barbares de janvier et de novembre dernier. Et l'émotion est intacte à l'évocation de ces souvenirs dramatiques pour chacun des Français, chacun des Côte-d'Oriens. J'ai éprouvé moi-même ce que chacun a ressenti : l'inquiétude, l'angoisse, les coups de fils passés aux proches tandis que défilaient en continu les images de l'horreur. Et puis pour beaucoup de familles, le silence, la mort qui est venue frapper indistinctement des hommes et des femmes qui n'avaient d'autre tort que de se trouver là, au mauvais moment, fauchés par les balles de ces fous aveuglés par leur haine de l'autre.

En cette semaine de commémoration, j'ai revu comme vous les images de ces actes barbares et l'émotion est toujours aussi vive. Certains ont cru un temps que la provocation légitime de caricaturistes et de journalistes pouvaient expliquer le drame de janvier alors que c'est en fait la liberté de penser, de s'exprimer qui a été visée ce jour là. Comme l'a été la communauté juive, nos forces de police et de gendarmerie représentant l'autorité de l'�?tat et chargées de défendre nos libertés. Et puis en novembre, à nouveau le choc de ces lâches assassinats. C'est la liberté de vivre qui a été attaquée, la liberté d'aller et venir, liberté de circuler, ces libertés qui sont le ferment de notre Patrie et de notre République.

 L'islamisme radical a voulu frapper notre pays en son c�?ur, dans ce qu'elle a de plus cher, sa jeunesse. On a voulu mettre la France à genoux, elle s'est dressée plus grande que jamais. Car lorsqu'on l'attaque notre Patrie aussi tragiquement, aussi lâchement, c'est l'ensemble du monde libre qu'on attaque. Alors, je veux rendre hommage à tous ceux qui, quotidiennement assurent, à l'intérieur, comme à l'extérieur de nos frontières, notre sécurité : à nos policiers, à nos gendarmes, à nos services de renseignement et leur redire notre confiance en cette période d'�?tat d'Urgence. Je pense aussi à nos militaires, déployés sur le territoire national ou sur les théâtres extérieurs.

Je n'oublie pas leurs familles qui vivent dans l'inquiétude cette séparation. Oui, il faudra donner à tous ceux qui sont les « sentinelles de notre sécurité », les moyens humains, matériels et juridiques d'agir car nous sommes aujourd'hui en guerre et nous le sommes durablement chacun doit en avoir conscience. Quand un pays est attaqué par des actes aussi barbares, c'est le devoir d'unité nationale qui doit primer. Et puis subsiste cette interrogation lancinante : comment des hommes nés dans notre pays, Français, pour certains issus de l'Aide Sociale à l'Enfance, c'est-à-dire placés sous la responsabilité de la République, passés par l'école républicaine, ont pu sombrer dans la plus barbare des violences ?

Oui, 2016, et c'est le 1er v�?u que je forme, doit être l'année où plus que jamais, nous devons nous engager à faire vivre, partout et en tout lieu, la belle devise de la République. Cela appelle des réponses fermes, car il n'y a pas de sécurité sans fermeté. Mais il y a aujourd'hui urgence à retisser les fils de l'unité nationale par la fraternité pour lutter contre le terreau dont se nourrissent toutes ces formes de terrorisme et de radicalisation. "Et de l'union des libertés dans la fraternité des peuples naîtra la sympathie des âmes, germe de cet immense avenir où commencera pour le genre humain la vie universelle et que l'on appellera la paix de l'Europe." (Victor Hugo - 1802-1885 - Choses vues - 1846)

Alors ce temps de l'après qui s'ouvre, ce doit être le temps de la vie qui reprend ses droits avec, bien sûr, toutes les difficultés, que nous côtoyons au quotidien, mais aussi toutes les espérances que porte une année nouvelle. 2015 aura aussi été pour nous une année de profonds changements institutionnels et une année d'élections. Les Côte-d'Oriens nous ont renouvelé leur confiance pour six ans, dans un contexte nouveau : une grande région, un Conseil Général devenu Départemental, des cantons dont le périmètre a changé, l'apparition d'un binôme électoral et puis, une nouvelle répartition des compétences. Je ne reviendrai pas sur toutes ces réformes bâties à la hâte. Chacun sait ce que j'en pense.

Mais, elles ont incontestablement accéléré l'inquiétude, dans ce contexte de mutations profondes. Et cette inquiétude, elle s'est exprimée partout en France lors des élections de décembre. Quel que soit le résultat, chaque républicain, chaque responsable public, se doit d'apporter une parcelle d'espoir à un peuple qui se désespère. Oui, dans ce nouveau contexte, chacune des collectivités devra assumer pleinement ses compétences et agir concrètement. En toute transparence. Car nos compatriotes, comme nous, ont à faire face à des défis de grande ampleur.

Des défis de sécurité je l'ai dit, mais aussi des défis économiques, de l'emploi, de la formation, des transports ou des grands chantiers et infrastructures d'avenir. Il faut avoir conscience que beaucoup de nos compatriotes vivent dans une situation extrêmement précaire. Le sentiment d'un désengagement progressif des services publics, de sécurité ou de santé dans les zones rurales ne font qu'accroître le sentiment d'abandon dans des territoires qui assistent impuissants et qu'ils ressentent comme l'abaissement des pavillons de la République. Les fractures entre territoires urbains et ruraux, existent, elles entretiennent l'idée qu'il existe désormais deux France, l'une urbaine et dotée de tous les services publics de proximité et de sécurité, l'autre rurale et périphérique progressivement laissée pour compte.

Beaucoup ont le sentiment de vivre dans une France « d'à côté », une « France périphérique » pour reprendre les mots du géographe Christophe GUILLUY. Je me suis toujours gardé d'opposer villes et campagnes mais le constat est là, la fracture existe. Et le Département, confirmé dans ce rôle de garant des solidarités territoriales et humaines, s'engagera pleinement pour lutter contre ce sentiment de ségrégation spatiale. Le Président de la République, lui-même, l'avait d'ailleurs indiqué à Dijon en mars 2012 en disant que « l'une des grandes menaces qui pèsent sur notre pays, c'est la désertification de pans entiers de notre territoire. Il faudra mener une politique volontariste - je prends le mot à dessein - pour conduire en zone rurale les réformes nécessaires, préserver les services publics. »

Oui, c'est ce qu'il faut remettre au c�?ur de nos politiques publiques. Oui, c'est probablement le défi le plus important, celui de remettre le destin de chaque homme et de chaque femme au c�?ur de nos préoccupations. Oui, replacer l'humain au c�?ur de nos politiques au delà des chiffres, car chacun de nos compatriotes doit se sentir respecté, soutenu s'il en a besoin, et doit se voir un avenir là où il a fait le choix de vivre ou de travailler. C'est cela notre responsabilité nouvelle et ce sera la meilleure des réponses, la seule peut-être, pour inverser la courbe de la montée des extrêmes, pour inverser la courbe de la menace des comportements radicalisés. Le Département y prendra toute sa place, en responsabilité.

C'est le sens du budget que nous avons voté fin décembre : un budget qui entend répondre, à la place qui est la sienne, à l'état d'urgence économique et social que traverse notre pays. Nous avons le devoir de redonner confiance aux acteurs économiques par l'investissement, sur nos routes, dans nos collèges, redonner confiance à nos jeunes en donnant les clés du 21ème siècle à l'ensemble de nos compatriotes avec l'accès au Très Haut Débit qui doit rester notre première priorité. Oui, notre rôle est de redonner confiance et chacun devra assumer pleinement les missions qui lui sont confiées dans un contexte budgétaire très difficile pour les départements. Mais j'insiste, chaque politique publique doit être menée en toute transparence car chacun doit assumer ses choix, c'est une des clés de la confiance.

Je forme également le v�?u, Madame la Présidente de la Région, que nous puissions travailler en concertation avec les 8 départements de la grande région car nous aurons beaucoup de sujet à traiter ensemble qu'il s'agisse des transports scolaires ou interdépartementaux, du soutien à l'agriculture, à l'économie et à l'artisanat, des projets structurants pour les territoires, des chantiers d'avenir, du déploiement du Très Haut Débit... Je vais, pour ma part, continuer de travailler avec les Présidents de Conseils Départementaux et Régional, échanger sur les bonnes pratiques, rechercher toutes voies de l'efficience et de la simplification. Je le dis, la situation actuelle des comptes publics de la Nation exige des efforts de maîtrise et de rationalisation des dépenses de la part de l'ensemble des composantes, mais cet effort ne peut être assuré par les seules collectivités territoriales et notamment les départements.

Les efforts supplémentaires demandés doivent tenir compte de ceux déjà réalisés, ils doivent être partagés et répartis de manière équitable en transparence et en concertation entre l'Etat et les collectivités territoriales, sans fragiliser l'exercice de leurs compétences. Enfin nous aurons à travailler avec la communauté urbaine et les intercommunalités dont je sais les difficultés dans les quartiers les plus sensibles, mais qui ne peuvent s'exonérer de de leurs propres rôles. Les responsabilités sont donc à l'évidence complémentaires et le Département demande en la matière un effort équitablement partagé. C'est pour cette raison que je privilégierai pendant les 5 années qui viennent les actions partenariales qui seront définies préalablement dans leurs objectifs et évaluées dans leurs mises en �?uvre.

Nous assumerons notre rôle de « bouclier social », car les solidarités, vers les personnes en situation de fragilité sociale et professionnelle, en situation de dépendance ou de handicap ou vers l'enfance, c'est l'âme du Conseil Départemental Il s'agit d'une tâche lourde, humainement, financièrement et, en ces temps de crise, nous continuerons de prêter assistance à chaque famille en difficulté. Nous le ferons en responsabilité, en humanité, et sans naïveté vis-à-vis ce ceux qui voudraient détourner le système à leur profit et qui, ce faisant, le fragilisent. Nous continuerons à favoriser la mise en place de dispositifs innovants comme le « zéro sans solution » à destination des personnes handicapées qui leur permettra de bénéficier de toutes les réponses adaptées à leur état. 18 Nous assumerons tout autant notre rôle de « bouclier territorial et rural ». L'investissement et l'aide aux communes ne seront pas des variables d'ajustement et nous continuerons à faire de la péréquation pour lutter contre toutes les formes de fractures et à agir en proximité. Je veux saluer chacun et chacune des Maires de Côte-d'Or qui participent de cette République de la proximité et du quotidien à laquelle nous sommes attachés afin que chacun de nos compatriotes se sente soutenu et accompagné. Je veux vous dire que nous resterons à vos côtés et c'est un enjeu très important, car si nous ne poursuivons pas cet effort aujourd'hui, des pans entiers de territoires seront condamnés.

La moitié de nos agents sont aujourd'hui sur le terrain et ils y resteront. Je tiens à en remercier le Directeur Général et tous les services ainsi que nos 2 700 agents qui participent du Service Public Chacun l'a bien compris, la feuille de route de la Côte-d'Or pour 2021 est claire, précise. Cette feuille de route c'est notre réponse aux défis passionnants devant lesquels nous sommes et l'action du Conseil Départemental entend s'inscrire pleinement au c�?ur du pacte républicain, du lien social et de l'équilibre territorial. Il n'y aura pas de restauration durable de la parole publique sans actions concrètes, efficaces et sans exemplarité.

Et je ne répèterai jamais assez cette maxime du prix Nobel de la paix, Albert SCHWEITZER, que je fais mienne : « L'exemplarité n'est pas une façon d'influencer, c'est la seule ». Cette exemplarité dans l'action, nous la devons à notre jeunesse qui doute de son avenir et qui, pour la 1ère fois dans l'histoire, craint de se voir une vie plus difficile que celle de ses parents. Nous la devons à ceux qui travaillent durement et qui ont le sentiment de ne pas en récolter tous les fruits. Nous la devons aussi à nos aînés qui ont le droit à la dignité. Nous la devons à tous ceux qui �?uvrent pour faire de la Côte-d'Or un département engagé, qui, s'inscrivant dans son siècle, regarde l'avenir comme la promesse d'un accomplissement, confiant dans son futur, solidaire et fraternel.

A chacun d'entre vous, je tiens à adresser tous mes v�?ux de bonheur pour cette nouvelle année, que la vie nous soit plus douce avec une pensée particulière pour les plus vulnérables d'entre nous, ceux que l'âge a affaiblis, ceux que les accidents de la vie ont éprouvés. Voila les v�?ux que je forme, en 2016, pour la Côte-d'Or et pour la France. Que vive la Côte-d'Or, Que vive la République, Et que vive la France ! »