Océane Charret-Godard, vice-présidente du conseil régional sur l’islamo-gauchisme : « Un coup de sémantique injuste »

La conseillère municipale de Dijon et vice-présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté en charge de l’emploi, Océane Charret-Godard, s’est exprimé sur la polémique sur « l’islamo-gauchisme » qui frappe le gouvernement depuis quelques jours. Elle a également évoqué le « minimum jeunesse » qui était discuté la semaine dernière à l’assemblée nationale. Ci-dessous son communiqué.

22 février 2021 à 16h48 par la rédaction

K6 FM
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« A la ministre simulant un coup politique en insinuant de manière caricaturale que l’islamo-gauchisme se répandrait dans les rangs des universités et de la Recherche française. Aux grincheux s’époumonant à l’égard des jeunes comme s’ils étaient « malfaisants et paresseux », telle une pensée de Socrate 400 ans avant JC...Rien de neuf et c’est grave.

Grave parce qu’aujourd’hui la réalité d’une crise frappant de plein fouet les jeunes femmes et jeunes hommes alerte et oblige : précarité financière générant des difficultés pour se loger, pour se nourrir, incertitude dans la poursuite des études, le lien social, les soirées et autres moments qui font le sel de la vie étudiante rompus à coups de gestes barrières, couvre-feu et confinements.

Insoutenable et inconséquent quand en France, la majorité sur le plan pénal est à 16 ans, sur le plan civique à 18 ans et sur le plan social à 25 ans. Autrement dit, entre 18 et 25 ans, en France, pas le droit ni à l’erreur, ni à une aide. Des devoirs, pas de droits. Malgré la crise sanitaire, la plus grande depuis la seconde guerre mondiale.

La gauche, emmenée par les députés socialistes Boris Vallaud et Hervé Saulignac, s’est battue mercredi dernier dans les rangs de l’Assemblée Nationale pour un minimum jeunesse. Minimum jeunesse dès 18 ans, inconditionnel et automatique, se composant d’un revenu de base de 564€ (fusion du RSA et de la prime d’activité) et d’une dotation de 5000€ ouvrant le compte personnel d’activité à toutes et tous dès 18 ans pour consolider un projet professionnel, démarrer une formation, entreprendre, s’engager dans un projet associatif développant des compétences tant recherchées par les entreprises sur le marché du travail.

2 français sur 3 plébiscitent cette mesure.

Un minimum jeunesse représentant une aide individuelle à l’émancipation solidaire repoussée par les députés LREM. Parmi eux la députée de Côte d’Or, présidente de la commission des affaires sociales, Fadila Khattabi, à qui je tends la main pour que nous allions ensemble, sur le campus de l’Université de Bourgogne, échanger avec les associations étudiantes et notamment la FEBIA qui vient de créer une épicerie solidaire en partenariat avec les producteurs et supermarchés du territoire dijonnais afin de répondre à l’urgence des étudiant.e.s, soutenus et encouragés par la Ville, la Métropole de Dijon et le Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté.

Plutôt que des coups politiciens à coups de sémantiques injustes, plutôt que caricatures et jugements, plutôt que postures et égos, indignons-nous avec force et pragmatisme, valeurs et humanisme. Il est des moments dans l’Histoire où se servir de l’inévitable de cette crise pour en faire de l’utilisable pour l’avenir obnubile. Alors embrayons ! Encourageons la jeunesse, sollicitons leurs énergies, modélisons leur quête de sens, leur raisonnement systémique, soutenons leur créativité, laissons-les nous surprendre par leur manière de penser le monde. Faites tourner, faites penser, faites danser notre monde dans le sens de la résilience, de l’amour, de la solidarité, de la liberté !

La Gauche française n’abandonnera pas cette aide à l’émancipation dès 18 ans en ramenant En Marche au rendez-vous de l’Histoire pour sa jeunesse. »