Quetigny : Le PCF s'insurge de la vente du site Sanofi

Suite à l'annonce de la vente du site de Sanofi  Quetigny, et bien que dans les textes, les emplois ne soient pas directement menacés, le PCF de Côte-d'Or s'inquiète dans un communiqué de l'avenir du médicament à Quetigny et de ses salariés. Les communistes, tant au plan local qu'au plan nati onal, contestent et s'opposent au démantèlement de la partie française du groupe Sanofi et à la mise à l' encan des usines de fabrication des soi-disant "vieux" médicaments. Depuis que l'on a connaissance du "projet Phoenix" (c'est le nom du scénario de démantèlement) et que l'annonce est faite d'une vente de l'usine de Quetigny, tous les commentateurs bien- pensants font le forcing pour dire que la décision est inéluctable et que personne n'y peut rien. « Sa lariés, citoyens, élus, pouvoirs publics,... circulez, il n'y a rien à voir ! ». Eh bien non, nous n'acceptons pas ça. Non, nous ne pouvons pas accepter que les salariés, leurs qualifications et leurs savoir-faire, soient "vendus" comme on vend des murs et des machines. Le procédé trahit un immense mépris pour les êtres humains. Les menaces sur l'emploi, les salaires et les conditions de travail sont très lourdes. La grande question posée est celle de la conquête de nouveaux droits pour les salariés, jusqu'au droit de décision sur les orientations stratégiques. Au fond, c'est la qu estion du pouvoir dans l'entreprise. Qui doit le détenir, les travailleurs, ou les actionnaires ? En attendant, nous sommes solidaires des luttes syndicales qui peuvent s'appuyer sur un ensemble de dispositions qui existent encore dans la législation du Travail. Selon nous, la situation de Sanofi-Quetigny reste une situation "ouverte". Non, nous ne pouvons pas accepter la dictature de la rentabilité financière, soi-disant pour avoir plus de "marge". On nous dit que c'est la condition d'une relance de l'investissement pour le redressement productif, la "compétitivité", et au bout du compte pour l'emploi. Cela fait 40 ans qu'on entend ce baratin et cela fait 40 ans que les salaires sont à la traîne, que les investissements (en proportion de la valeur ajoutée) ne cessent de fléchir et que les dividendes explosent. Après la crise financière de 2008, c'est devenu encore pire. De ce point de vue, SANOFI est un exemple parmi les plus obscènes et les plus révoltants. Dans un pareil contexte, le "Pacte de responsabilité" que Hollande, Valls, Sapin, Rebsamen et autres ont voulu établir avec le Medef apparaît pour ce qu'il est : une immense supercherie. Et là aus si, SANOFI est un exemple sinistre. Ce groupe a été littéralement gavé de cadeaux sous forme d'exonérations et de crédits d'impôts. Pour le développement ?... non, ce sont les actionnaires qui empochent le fric tandis que sont sacrifiés tous les leviers d'un vrai développement, à commencer par l'emploi et la recherche. Dans l'immédiat, nous demandons aux élus régionaux, dépa rtementaux, locaux de faire le point sur toutes les aides publiques dont le groupe SANOFI a bénéficié p our une entreprise qu'il met en vente aujourd'hui. Non, nous n'acceptons pas que les médicaments soient une marchandise. Le médicament est malade de la recherche effrénée du profit. La santé, notre bien commun le plus précieux, est ainsi prise en otage par les firmes pharmaceutiques. Face à cela, nous proposons : • La souveraineté populaire sur les axes de recherches et la production des médicaments pour des réponses diversifiées aux exigences de santé (cela suppose l'existence d'un grand pôle industriel public). • La transparence devant les citoyens et leurs élus dans l'établissement des prix pharmaceutiques, ainsi que dans les règles qui doivent présider aux circuits de commercialisation et de distribution. • La mise en commun des connaissances et le refus du système monopoliste des brevets pour tout ce qui touche à l'humain et à la vie ; A l'opposé d'une étatisation, il s'agit de tout centrer sur "l'humain d'abord" plutôt que sur le fric. Toute la gauche, politique, associative, syndicale, ceux et celles qui contestent le pacte de responsabilité, le choix du capital au détriment du travail, doivent se rassembler dans la construction d'une alternative de progrès. On ne pourra pas faire l'impasse sur les questions que nous venons de soulever et les propositions que nous venons d'avancer. Les communistes côte-d'oriens sont disponibles, participeront - et seront à l'initiative – du débat nécessaire. Communiqué de la Fédération de Côte d'Or du PCF

25 septembre 2014 à 0h43 par 45