Barrage de Panthier : un chantier à 15 millions d’euros lancé pour sécuriser le canal de Bourgogne

Un vaste chantier de réhabilitation du barrage-réservoir de Panthier vient d’être officiellement lancé en Côte-d’Or. Objectif : sécuriser l’ouvrage, renforcer les capacités de stockage d’eau et garantir l’alimentation du canal de Bourgogne face aux enjeux climatiques.

Publié : 15h00 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

Le chantier représente un investissement de 15 millions d’euros financé par les services publics.
Le chantier représente un investissement de 15 millions d’euros financé par les services publics.
Crédit : Le chantier représente un investissement de 15 millions d’euros financé par les services publics.

Le chantier du barrage-réservoir de Panthier, en Côte-d’Or, entre officiellement dans sa phase opérationnelle. Ce jeudi 21 mai, plusieurs représentants de l’État et des collectivités ont procédé à la pose symbolique de la première pierre de ce vaste projet de réhabilitation et de modernisation. L’objectif : sécuriser l’ouvrage, restaurer sa capacité de stockage et améliorer la gestion de l’eau sur le canal de Bourgogne.

Situé entre Pouilly-en-Auxois et Saint-Jean-de-Losne, le barrage-réservoir de Panthier joue un rôle majeur dans l’alimentation du versant Saône du canal de Bourgogne. Construit entre 1834 et 1836, il assure à lui seul près de 80 % de cette alimentation en eau.

 

Un investissement de 15 millions d’euros

Le montant total de l’opération atteint 15 millions d’euros, informe Voies navigables de France (VNF) Centre Bourgogne. Ce financement s’inscrit dans le cadre du Contrat de plan État-Région Bourgogne-Franche-Comté (CPER). L’État, via VNF, apporte 9 millions d’euros. La Région Bourgogne-Franche-Comté et le Département de la Côte-d’Or participent chacun à hauteur de 3 millions d’euros.

Lors de cette pose symbolique de la première pierre, étaient présents Violaine Démaret, préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté et de la Côte-d’Or, Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, François Sauvadet, président du Conseil départemental de la Côte-d’Or, ainsi que Cécile Avezard, directrice générale de VNF.

 

Trois grands objectifs pour moderniser l’ouvrage

Les travaux engagés poursuivent trois objectifs majeurs : renforcer la sécurité du barrage, retrouver la capacité historique de stockage et moderniser les équipements de gestion de l’eau.

Le chantier prévoit notamment :

  • la construction d’un nouvel évacuateur de crues ;
  • le confortement des digues ;
  • l’automatisation des vannes ;
  • la modernisation des outils de surveillance et d’instrumentation.

En 2018, la capacité d’exploitation du barrage avait été réduite afin de répondre à des exigences de sécurité hydraulique. La cote d’exploitation avait alors été abaissée à 13,03 mètres. À terme, le projet doit permettre un retour à la cote historique de 14,03 mètres.

Cette remise à niveau augmentera le volume d’eau stocké de 1,2 million de mètres cubes supplémentaires, soit l’équivalent d’environ 400 piscines olympiques. Le réservoir atteindra alors une capacité totale de 8,3 millions de mètres cubes.

Un enjeu stratégique pour la ressource en eau

Au-delà de la seule navigation fluviale, le barrage-réservoir de Panthier joue un rôle important dans la gestion de la ressource en eau en Bourgogne-Franche-Comté. Le projet vise à garantir les besoins liés à la navigation, mais aussi les usages agricoles et les activités économiques et touristiques autour du canal de Bourgogne.

Cette modernisation doit également permettre de moins solliciter le barrage-réservoir de Grosbois-en-Montagne. À terme, davantage d’eau potable pourra y être prélevée pour alimenter les habitants. Le volume disponible passera de 200 000 m³ actuellement à 600 000 m³ après les travaux.

 

Une remise en eau prévue dès 2026

La construction du nouvel évacuateur de crues constitue l’un des points centraux du chantier. Cet équipement doit permettre d’évacuer les excédents d’eau lors d’épisodes de crue et de prévenir tout risque de submersion ou de rupture de l’ouvrage.

Selon le calendrier communiqué, la remise en eau progressive du réservoir devrait débuter fin octobre 2026. Le barrage pourrait redevenir pleinement opérationnel à partir d’avril 2027, sous réserve des conditions hydrologiques.