Économie en Bourgogne-Franche-Comté : plus de 550 projets accompagnés en 2025 par l’AER BFC

Le bilan 2025 de l’AER BFC montre une activité soutenue, entre investissements, emplois, industrie, innovation et transition énergétique.

Publié : 18h00 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

Économie en Bourgogne-Franche-Comté : bilan 2025 de l'AER BFC
Économie en Bourgogne-Franche-Comté : bilan 2025 de l'AER BFC
Crédit : Image générée par l'IA

L’économie en Bourgogne-Franche-Comté a continué de générer de nombreux projets en 2025, malgré un environnement économique incertain. C’est l’un des principaux enseignements du rapport d’activité de l’Agence Économique Régionale de Bourgogne-Franche-Comté.

Derrière les nombreuses données publiées, quelques chiffres permettent de mesurer concrètement cette activité. L’AER BFC indique avoir suivi 551 projets économiques, dont 388 détectés durant l’année. 71 projets ont abouti, concernant 1 014 emplois.

Pour les habitants de Dijon, Beaune, de Côte-d’Or et plus largement de Bourgogne-Franche-Comté, ce bilan raconte surtout une région qui cherche à conforter son industrie. Elle veut aussi attirer des investissements et accompagner les entreprises dans leurs transformations.

Plus de 550 projets économiques suivis dans la région

Le premier enseignement concerne l'ampleur de l'activité de l'AER BFC.

Au 31 décembre 2025, l'Agence comptabilisait 551 projets actifs. Parmi eux, 71 avaient abouti. Ces projets concrétisés se répartissent entre 58 projets endogènes, issus du territoire, et 13 projets exogènes.

Au total, 1 014 emplois sont concernés par ces projets aboutis. Le rapport fait également état de près de 2 000 rendez-vous avec des entreprises sur l'ensemble de l'année.

Cette présence s'appuie sur un réseau de plus de 300 partenaires publics et privés. L'AER BFC compte par ailleurs 87 actionnaires publics : la Région et 86 intercommunalités.

Ces dernières représentent 91 % de la population régionale et 93 % des emplois de Bourgogne-Franche-Comté.

Les investissements étrangers restent un enjeu majeur

L'attractivité internationale constitue un autre volet important du rapport.

Selon les données présentées par l'AER BFC, la Bourgogne-Franche-Comté a enregistré 82 projets d'investissement direct étranger en 2025. Ils correspondent à 1 572 emplois créés ou maintenus.

La moitié de ces projets concerne la production. Celle-ci concentre même 77 % des emplois associés aux investissements recensés.

L'industrie reste donc au cœur du modèle économique régional. L'énergie, l'agroalimentaire et la santé figurent également parmi les secteurs mis en avant.

Cette orientation industrielle était déjà visible dans les précédents résultats concernant l'attractivité économique de la Bourgogne-Franche-Comté.

Pour attirer de nouveaux investisseurs, l'Agence multiplie les opérations de prospection. Elle recense 21 salons en France, dix missions internationales et six délégations étrangères accueillies en région en 2025.

Des déplacements ont notamment été organisés au Japon, au Canada, en Allemagne, aux États-Unis ou encore en Suisse.

Dijon au cœur de plusieurs rendez-vous économiques

La Côte-d'Or apparaît directement dans plusieurs actions recensées par le rapport.

L'AER BFC cite notamment Business Industries Dijon parmi les rendez-vous économiques auxquels elle participe. La capitale régionale bénéficie également de son positionnement au sein d'un territoire fortement tourné vers l'industrie et l'innovation.

Ce poids industriel se retrouve concrètement dans l'emploi local. En mars 2025, 23 entreprises industrielles de Côte-d'Or recrutaient à Dijon, avec des offres en CDI, CDD, alternance et stages.

Le rapport montre cependant que l'enjeu dépasse le seul recrutement. L'objectif consiste également à aider les entreprises à investir, trouver des financements, accéder au foncier ou identifier des partenaires.

L'AER BFC indique ainsi avoir réalisé 1 489 rendez-vous avec des entreprises dans le cadre de son activité de développement.

Innovation et décarbonation : des entreprises poussées à se transformer

L'un des volets les plus concrets pour les entreprises concerne la transition énergétique.

En 2025, l'AER BFC indique avoir accompagné 87 projets de transition énergétique. Parmi eux figurent 59 projets liés à la récupération de chaleur fatale, 17 à la géothermie et dix au bois-énergie. Un projet concerne le solaire thermique.

L'éco-conception prend également une place importante. Le rapport comptabilise 71 accompagnements techniques, 48 sensibilisations individuelles et 75 sensibilisations collectives.

Vingt-quatre projets ont bénéficié de financements. Ils représentent près d'un million d'euros d'investissements.

L'innovation constitue l'autre grande priorité. L'AER BFC rapporte 136 rencontres et visites qualifiées sur des projets d'innovation. Elle indique également que 67 entreprises ont bénéficié d'un accompagnement technique et/ou financier.

Cette dynamique rejoint les initiatives développées dans l'écosystème local, à l'image du forum Ladyjtech consacré à l'innovation et à l'industrie à Dijon.

Le foncier devient une question stratégique

Un autre sujet ressort fortement du rapport : où installer les entreprises qui souhaitent investir ?

L'accès rapide à des terrains et bâtiments adaptés devient un facteur déterminant dans la compétition entre territoires.

L'AER BFC pilote notamment OFER BFC, une plateforme régionale consacrée au foncier économique. En 2025, 67 intercommunalités étaient engagées dans cette démarche. Le rapport recense également plus de 1 400 mises à jour des informations disponibles.

Cette question n'est pas nouvelle. La raréfaction de l'immobilier d'entreprise en Bourgogne-Franche-Comté constitue depuis plusieurs années un enjeu pour accueillir de nouvelles activités.

La Région et l'AER BFC souhaitent désormais aller plus loin. Elles travaillent notamment à un label régional concernant les grands sites productifs et réfléchissent à un outil de portage foncier de long terme.

Automobile, santé et défense parmi les secteurs stratégiques

Le rapport montre également une volonté de structurer plusieurs filières considérées comme stratégiques.

L'automobile en fait partie. La Région prévoit une feuille de route dotée de 30 millions d'euros sur quatre ans, notamment pour accompagner les sous-traitants vers de nouveaux marchés.

La défense prend également davantage de poids. Le rapport évoque une filière pouvant compter jusqu'à 400 entreprises régionales.

La santé et les biothérapies constituent un autre axe de développement, notamment à travers la marque BIOVALIANCE.

Hydrogène, mobilités, luxe et savoir-faire d'exception, alimentation, bois, logistique et numérique figurent aussi parmi les filières accompagnées.

Ce que ce bilan peut changer pour les habitants

Pour le grand public, les missions d'une agence économique régionale peuvent sembler éloignées du quotidien. Leurs conséquences sont pourtant très concrètes.

Une implantation industrielle peut créer des emplois. L'extension d'une usine peut préserver une activité locale. Une opération de décarbonation peut diminuer la consommation énergétique d'un site. Un accompagnement financier peut permettre à une PME de réaliser un investissement.

À Dijon, Beaune et dans toute la Côte-d'Or, l'enjeu consiste donc à transformer ces projets économiques en activités durables et en emplois.

Cette question est particulièrement sensible alors que certains secteurs locaux rencontrent déjà des difficultés de recrutement. Les besoins diffèrent fortement entre les bassins d'emploi de Dijon et de Beaune.

Et maintenant ? L'AER BFC veut accélérer en 2026

Le rapport dessine enfin les priorités pour la suite.

L'objectif affiché est de raccourcir le délai entre l'apparition d'un projet économique et sa réalisation. Cela passe par une meilleure anticipation, davantage d'ingénierie financière et une connaissance plus fine des besoins des entreprises.

La disponibilité du foncier et de l'immobilier économique doit notamment devenir un avantage concurrentiel pour la Bourgogne-Franche-Comté.

Un dispositif baptisé BFC Boost doit aussi renforcer la réactivité autour des projets considérés comme les plus structurants.

L'enjeu est clair : dans une compétition accrue entre régions françaises et européennes, attirer un projet ne suffit plus. Il faut pouvoir lui proposer rapidement un terrain, des financements, des compétences et un réseau de partenaires.