Extinction rébellion dénonce à Dijon les actions de Total

Des militants du groupe écologiste et altermondialiste Extinction rébellion ont réalisé une action coup de poing ce mardi matin devant la préfecture, à Dijon, pour dénoncer les actions du groupe Total Energies et l'industrie des énergies fossiles soutenue, selon le collectif, par l'État français.

3 octobre 2023 à 9h00 par la rédaction

Des militants d'Extinction rébellion ont réalisé une action ce mardi devant la préfecture
Des militants d'Extinction rébellion ont réalisé une action ce mardi devant la préfecture
Crédit : Photo Extinction rébellion

Ci-dessous, le communiqué du collectif extinction rébellion de Dijon :

Ce mardi 3 octobre et les jours précédents, dans plusieurs villes de France, les activistes du mouvement Extinction Rebellion se sont déployé·e·s devant différentes préfectures, tribunaux, banques et stations-services TotalEnergies afin de dénoncer la criminalité de la multinationale du pétrole, l'incompatibilité du modèle dans lequel elle s'inscrit avec les enjeux sociaux, écologiques et climatiques actuels, et le soutien dont elle bénéficie de la part des institutions françaises.

À Dijon, ils étaient présents ce matin vers 7h00 devant la Préfecture. Équipé·e·s d'une banderole indiquant « Total ment, l'État tue » et d'un pipeline de tissu rappelant le caractère funeste des projets EACOP et Tilenga en Ouganda et en Tanzanie, les militant·e·s ont mis en scène les violations des droits humains par la multinationale, ses agissements écocidaires et sa collusion avec le gouvernement français. En outre, des activistes portant des tee-shirts « Biodiversité », « Droits humains » et « Conditions de Vie sur Terre » ont été enchaîné·e·s et aspergé·e·s de faux pétrole par deux autres membres du mouvement portant des tee-shirts « État Français » et « TotalEnergies » afin de faire ressortir l'avenir sombre dans lequel la multinationale et le gouvernement nous engluent, la connivence entre ces entités et la dépendance de notre modèle de société aux énergies fossiles.

TotalEnergies et EACOP/Tilenga

De ses 1443 km de long, le projet EACOP (East African Crude Oil Pipeline), est le plus grand pipeline chauffé jamais construit. Véritable bombe climatique, son fonctionnement nécessitera qu'il soit maintenu à une température d'environ 50°C, et il devrait entraîner un rejet dans l'atmosphère de 34 millions de tonnes de CO2 par an, soit environ 5.1 fois les émissions totales de CO2 annuelles de l'Ouganda ou 2.6 fois celles de la Tanzanie. Cet oléoduc enterré traversera en outre 16 aires naturelles, des zones agricoles et différents villages d’Ouganda et de Tanzanie, entraînant l'expropriation et l'expulsion par la force et dans la violence de plus de 100 000 personnes, sans compensation financière digne. Concernant Tilenga, il s'agit d'un projet de forage de 400 puits de pétrole dans la région du Lac Albert, permettant l'extraction d'environ 216 000 barils de pétrole par jour et ayant des conséquences écologiques et sociales similaires à celles d'EACOP. Par ailleurs, le GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat) est formel : pour espérer rester en deçà des 1.5°C et bien en deça des 2°C d'augmentation des températures globales par rapport à l'aire pré-industrielle, conformément aux Accords de Paris sur le Climat, aucun nouveau projet d’extraction d'énergies fossiles ne doit voir le jour.

Une action en écho à un procès de militant·e·s

Cette action a été réalisée en écho au procès d'autres activistes du mouvement, jugé·e·s pour une action ayant eu lieu en décembre 2021 à Lyon et intitulée « Le vrai prix du pétrole ». Les militant·e·s avaient alors réclamé l’arrêt immédiat des investissements dans les énergies fossiles ainsi que l’arrêt complet et définitif de l’exploitation de nouvelles sources d’énergies fossiles, soulignant la nécessité de réduire de près de moitié les émissions globales de CO2 d'ici 2030 pour espérer pouvoir respecter les Accords de Paris. Moins d'un mois après l'annonce officielle du dépassement de six des neuf limites planétaires par le Stockholm Resilience Center, et dans un contexte d'intensification de la répression envers les militant·e·s écologistes, ce procès oppose en effet TotalEnergies et l'État aux membres d'Extinction Rebellion agissant pour un avenir durable et un maintien des conditions d'habitabilité du système Terre. TotalEnergies doit cesser de faire partir en fumée le futur des générations actuelles et à venir, et l'État français doit arrêter sa complicité avec les criminels climatiques.

Liens avec la campagne "Power Up"

Cette action fait également écho au début de la campagne Power Up, en lien avec un vaste réseau d’organisations, dont notamment 350.org, Le Bruit Qui Court et le Réseau d'Actions Climat, et dont fait partie Extinction Rebellion. Cette campagne se poursuivra jusqu'au 3 novembre 2023, en parallèle de la préparation du Plan Loi Finance 2024, et cible l'État français afin d'exiger la taxation à hauteur de 95% des gros pollueurs, à commencer par TotalEnergies, et de façon générale l'arrêt de la complicité de l'état envers les criminels climatiques, ainsi que la mise en place d'un système de fiscalité équitable au service de mesures sociales et climatiques. 




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