« Il n’y a pas assez de table ni de chaise » : les enseignants du collège La Champagne à Brochon alerte à leur tour sur la dotation horaire
De nombreux enseignants du collège La Champagne à Brchon annoncent se mobiliser ce jeudi 19 mars. Ils dénoncent la volonté du rectorat de Dijon de supprimer 32 heures d’enseignements par semaine. Une mesure qui impacterait les professeurs et élèves, notamment en situation de handicap.
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« On craint le pire », se résigne Cyrille Lautru, professeur de mathématiques au collège La Champagne de Brochon. L'établissement est concerné par la réduction de la dotation horaire globale du rectorat de Dijon. Le lycée Le Castel et le collège des Lentillères sont aussi touchés dans la capitale des ducs, et ont exprimé leur mécontentement la semaine dernière.
32 heures de cours par semaine pourraient être supprimées à la rentrée 2026 dans le collège brochonnais selon les informations transmises par les enseignants. Ces derniers alertent sur l'augmentation du nombre d’élèves par classe et des conséquences entraînées.
Le constat dressé à la suite de l'annonce
« La problématique est la même que chez nos voisins. On subit une baisse des moyens alloués aux établissements pour fonctionner. Elle se traduit par une diminution du nombre d’heures d’enseignement, explique Cyrille Lautru, représentant du Syndicat National Force Ouvrière Lycées Collèges 21. Chaque collège et lycée reçoit un quota d’heures pour fonctionner. Donc pour les cours de maths, de français, d’histoire … Et si l’on en manque, on fait gonfler les classes. On consomme moins d’heures d'enseignements, moins de cours, mais si on les dispense à un plus grand nombre simultanément, ça permet d’économiser sur le nombre de professeurs. Et donc de rogner sur les moyens alloués à l'établissement. »
Cette année 2025-2026, chaque classe de 6è, 5è et 3è est composée de 30 élèves. En classe de 4è, ce sont 25 adolescents qui composent les salles. L’an prochain, cette barrière sera « au grand minimum de 30 pour les 6è, 5è, 4è et entre 25 et 30 en 3è. »
Le dispositif ULIS principalement touché
L'établissement La Champagne de Brochon accueille le dispositif ULIS - Unité localisée pour l'inclusion scolaire. « Les élèves orientés en ULIS sont ceux qui ne tireraient pas profit d'une scolarisation complète en classe ordinaire malgré des aménagements et adaptations pédagogiques », détaille l’association Ecole et Handicap.
« Nous devons les intégrer dans les classes pour qu’ils se développent avec les autres jeunes de leur génération ». Ces élèves ULIS sont dans une classe dédiée, mais en fonction du niveau de chacun, l’établissement les oriente à titre individuel à rejoindre des cours avec des salles traditionnelles. « On leur dit : “Aujourd'hui tu iras en arts plastiques et en technologie avec telle classe, et le reste du temps tu restes en ULIS.”Le but c’est de les inclure au maximum », explique Cyrille Lautru.
C’est à ce moment que cette baisse des dotations impacte le dispositif ULIS. Si le nombre d’élèves par classe augmente, les salles, elles, ne sont pas extensibles. « On est déjà 30 par classe, et il n’y a littéralement pas de tables ni de chaises pour eux. On n’a pas la place ni le matériel », témoigne le professeur.
Le message véhiculé aux élèves en situation de handicap est alors difficile. « Pour eux c’est très violent à vivre. Là où on est censé les inclure et leur passer le message que leur place est aussi avec les autres, c’est tout le contraire qui se passe. Comme si on leur disait qu’il n’y avait pas de place pour eux, qu’ils dérangent. » Cyrile Lautru poursuit : « Ce sont des enfants qui sont sensibles et facilement stressés. Et en l'état on les accueille dans des conditions déplorables. C’est violent à vivre pour les enseignants. On génère de la maltraitance malgré nous. »
Des conditions de pédagogie dégradées
Outre les conséquences sur la section ULIS, les professeurs et les autres adolescents sont aussi directement touchés selon le syndicat. La hausse d’écoliers par salle entraîne plus de bruit et peut générer davantage de stress chez certains.
Il est aussi plus compliqué pour les enseignants d’accompagner efficacement chaque collégien. « J’ai moins de temps pour m'occuper des élèves en difficulté. À 30 élèves on ne peut passer que très peu de temps à résoudre un problème personnel. »
Une mobilisation organisée ce jeudi
Au printemps 2025, le syndicat s’était mobilisé pour dénoncer certaines décisions du rectorat de Dijon : « Il y a avait deux raisons. Une baisse des moyens, bien que pas aussi forte que cette année. Elle s’accompagnait en plus des groupes de besoins. On s’y opposait pour des raisons pédagogiques, et car elle n’était pas financées. On nous imposait cette mesure sans nous octroyer des moyens supplémentaires, donc on devait empiéter sur des heures d'autres cours. » Finalement les enseignants avaient obtenu une poignée d’heures supplémentaires, « ce qui n'était pas suffisant pour fonctionner », rappelle le syndicaliste.
Ce jeudi 19 mars, c’est une nouvelle mobilisation qui est prévue devant l’établissement. Le syndicat appelle les parents à soutenir la cause à partir de 11 heures. « Les enseignants grèvistes seront présents afin de porter nos revendications. Nous sommes en contact avec la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves. » Pour l’heure, aucun chiffre n’a été communiqué sur le nombre de participants.
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