Le sénateur macroniste François Patriat visé par une mobilisation des syndicats contre l’extension du travail le 1er mai

L’intersyndicale de Côte-d’Or appelle à un rassemblement le 16 juin devant la permanence dijonnaise du sénateur François Patriat. À l’approche de l’examen au Sénat d’une proposition de loi visant à élargir les possibilités de travail le 1er mai, les organisations syndicales dénoncent une remise en cause d’un acquis social majeur et entendent interpeller les parlementaires appelés à se prononcer sur le texte.

Publié : 12h00 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

François Patriat, sénateur de Côte-d'Or, visé par la CGT, CFDT, FO ,FSU et Solidaires.
François Patriat, sénateur de Côte-d'Or, visé par la CGT, CFDT, FO ,FSU et Solidaires.
Crédit : K6FM

Après René Lioret il y a quelques semaines, l’intersyndicale (CGT, CFDT, FO ,FSU, Solidaires) de Côte-d’Or appelle à un rassemblement le mardi 16 juin à Dijon pour dénoncer une proposition de loi visant à élargir les possibilités de travail le 1er mai. Les organisations syndicales estiment que ce texte remet en cause un principe historique du droit du travail français : le caractère obligatoirement chômé et payé de cette journée particulière.

 

Une proposition de loi vivement contestée

Dans un communiqué diffusé ce vendredi 12 juin, l’intersyndicale revient sur une proposition de loi portée par Gabriel Attal. Le texte devait être débattu à l’Assemblée nationale le 10 avril dernier. Selon les syndicats, « les député.es macronistes, avec l'aide de la droite et de l'extrême droite, ont choisi d'empêcher le débat en déposant en dernière minute une motion de rejet sur leur propre texte, organisant ainsi un passage en force inacceptable ».

Pour les organisations signataires, cette initiative législative ne vise pas uniquement à répondre aux besoins de certains commerces. Elles dénoncent une remise en cause d’un acquis social majeur.

« Sous prétexte de “liberté de travailler” et au nom des petits commerces, ce texte constitue en réalité une remise en cause du seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour l’ensemble des salarié·es », affirme le communiqué.

 

La crainte d’une généralisation progressive

Ils soulignent également que la question de la rémunération constitue un enjeu central. « À l’heure actuelle, travailler un jour férié ne veut pas dire obligatoirement être payé double. Pour le 1er mai, tous les travailleurs sont obligatoirement payés », indiquent-ils. L’un des principaux arguments avancés par l’intersyndicale concerne le risque d’un élargissement progressif des dérogations.

« Remettre en cause ce principe ouvrirait une brèche dont chacun sait qu’elle conduirait à l’extension progressive des dérogations, comme cela s’est produit pour le travail du dimanche », écrivent les organisations syndicales.

 

Le volontariat remis en question

Autre point de désaccord : la notion de volontariat avancée par les défenseurs de la réforme. Selon l’intersyndicale, l’argument ne résiste pas à la réalité du monde du travail.

« Les défenseurs du travail le 1er mai prétendent que cela se fera au “volontariat”, ce qui est bien sûr une illusion au vu de la subordination propre au contrat de travail et du chantage à l’embauche et à l’emploi », écrivent les organisations.

Elles estiment que, comme pour le travail dominical, « les salarié·es se retrouveront bientôt obligé·es de travailler ce jour férié ».

 

Un rassemblement prévu devant la permanence de François Patriat

Le texte doit désormais poursuivre son parcours législatif. L’intersyndicale indique que « ce projet de loi rétrograde sera voté au Sénat le mardi 16 juin prochain ». Dans ce contexte, les trois sénateurs de Côte-d’Or seront amenés à se prononcer sur le texte.

Pour faire entendre leur opposition, les syndicats appellent à un devant la permanence du sénateur François Patriat, située au 40 rue de la Préfecture à Dijon. Selon eux, le sénateur du groupe Renaissance devrait voter en faveur de ce texte.

« L’intersyndicale Côte-d’Or propose de faire connaître notre opposition en se rassemblant (...) à partir de 12h », conclut le communiqué.