« Le 1er mai ne se passe pas au travail ! » : une cinquantaine de manifestants se sont réunis devant le bureau du sénateur François Patriat

Une cinquantaine de militants syndicaux se sont rassemblés ce mardi 16 juin devant la permanence dijonnaise du sénateur François Patriat. À l’appel de l’intersyndicale de Côte-d’Or (CGT, CFDT, FO, FSU et Solidaires), ils ont dénoncé le projet de loi examiné au Sénat visant à élargir les possibilités de travail salarié le 1er Mai.

Publié : 17 juin 2026 à 9h15 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

Plus d'une cinquantaine de manifestants se sont retrouvés entre 12h00 et 14h00 ce mardi.
Plus d'une cinquantaine de manifestants se sont retrouvés entre 12h00 et 14h00 ce mardi.
Crédit : Union Départementale des Syndicats C.G.T de la Côte d’Or

Ils l'avaient annoncé, ils ont tenu parole. Une nouvelle mobilisation syndicale s’est tenue ce mardi 16 juin à Dijon. Entre 12h et 14h, plus d’une cinquantaine de personnes se sont réunies devant la permanence du sénateur de Côte-d’Or François Patriat, rue de la Préfecture, à l’appel de l’intersyndicale départementale composée de la CGT, de la CFDT, de FO, de la FSU et de Solidaires.

L’objectif de ce rassemblement était de dénoncer le projet de loi examiné le même jour au Sénat, qui prévoit d’autoriser les boulangers-pâtissiers artisanaux et les artisans fleuristes à faire travailler des salariés volontaires le 1er Mai, jour férié et traditionnellement chômé en France.

 

« Le 1er Mai ne se passe pas au travail »

Dans un communiqué diffusé à l’occasion de cette mobilisation, l’intersyndicale estime que ce texte constitue une remise en cause du caractère particulier du 1er Mai, seule journée de l’année légalement fériée et obligatoirement chômée pour la majorité des salariés.

« Le 1er Mai ne se passe pas au travail », affirment les organisations syndicales, qui dénoncent « un précédent remettant en cause l’exceptionnalité de cette journée ». Selon elles, l’ouverture d’une nouvelle dérogation pourrait progressivement conduire à un élargissement du travail ce jour-là à d’autres secteurs d’activité.

 

Un débat national entre défense des acquis sociaux et besoins économiques

Le texte examiné par le Sénat se veut plus limité que les précédentes propositions. Il vise spécifiquement les boulangeries-pâtisseries artisanales et les fleuristes. Le gouvernement défend une mesure de « sécurisation » juridique, après plusieurs affaires ayant concerné des commerces sanctionnés pour avoir fait travailler des salariés le 1er Mai. Les salariés concernés devraient être volontaires et bénéficier du doublement de leur rémunération.

Mais les syndicats contestent fortement cet argument. Dans leur communiqué, ils considèrent que le volontariat est difficile à garantir dans le cadre de la relation de travail : « il n’existe pas du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail ». Ils estiment que certains salariés pourraient subir des pressions implicites concernant leur carrière, leur recrutement ou leurs augmentations.

 

Un symbole des luttes sociales

Au-delà de la question des boulangeries et des fleuristes, les organisations syndicales mettent en avant la portée historique du 1er Mai. Elles rappellent que cette journée est associée aux combats menés par les travailleurs pour l’amélioration des droits sociaux.

« Cet acharnement à l’encontre du caractère particulier du 1er Mai s’inscrit dans une volonté de remettre en cause plus d’un siècle d’histoire sociale et de conquêtes collectives », écrivent-elles. Elles évoquent notamment la fusillade de Fourmies du 1er mai 1891, épisode marquant de l’histoire du mouvement ouvrier français.

 

 

François Patriat dans le viseur des manifestants

Le choix de se rassembler devant la permanence de François Patriat n’était pas anodin. Les manifestants considèrent que le sénateur de Côte-d’Or, membre de la majorité présidentielle, pourrait soutenir ce texte lors de son examen au Sénat.

Durant deux heures, les participants ont distribué des tracts et affiché leur opposition à une réforme qu’ils jugent « rétrograde ». Plusieurs prises de parole ont également permis de rappeler les revendications plus larges du mouvement syndical : augmentation des salaires, amélioration des conditions de travail, défense des services publics et lutte contre la précarité.