Les chefs d’établissements scolaires soutiennent la grève nationale

Le syndicat SNPDEN-UNSA, représentant les chefs d’établissements scolaires, a annoncé soutenir le mouvement de grève initié par les personnels en organisant une journée administrativement morte. Ci-dessous le communiqué.

13 janvier 2022 à 6h30 par Dimitri Coutand

Les chefs d’établissements scolaires soutiennent la grève nationale
Le syndicat SNPDEN-UNSA Dijon lors d'une conférence de presse en novembre dernier
Crédit: SNPDEN-UNSA Dijon

Depuis bientôt deux ans, les personnels de direction assument leurs responsabilités et assurent leurs missions dans un contexte sanitaire très dégradé.

Entourés des équipes enseignantes, administratives, éducatives et de santé de vie scolaire, et malgré des délais de mise en œuvre parfois très courts et une communication ministérielle contestée, nous avons toujours répondu aux adaptations sanitaires et pédagogiques, faisant preuve d’engagement, responsabilité et flexibilité.

Avec notre fédération, l’UNSA-Éducation, nous dénonçons les errements politiques de notre ministre alors que les personnels rencontrent de grandes difficultés à faire appliquer et respecter le dernier protocole sanitaire du 2 janvier.

Personnels, parents et élèves sont confrontés à des difficultés hors norme et ne se sentent plus ni soutenus par leur ministre, ni suffisamment protégés.

Ce protocole trop complexe à mettre en œuvre, cumulé à l’absence de réponses satisfaisantes du ministère le 7 janvier, a conduit l’UNSA-Éducation à appeler à la grève le 13 janvier.

Après 26 mois de crises successives, nouvelles épreuves du Bac puis COVID, le SNPDEN dit "stop !" et nous montrons ainsi notre exaspération, notamment face à une communication ministérielle devenue inaudible et, surtout, inentendable.

Jeudi 13 janvier, nous, personnels de direction, proviseurs et principaux, chefs d’établissement et adjoints, assumerons notre responsabilité d’assurer la sécurité des personnes et des biens mais nous soutenons le mouvement initié par les personnels que nous dirigeons et, par solidarité, organiserons une journée administrativement morte.

Nous dénonçons la communication du ministre, exclusivement médiatique, irrespectueuse des cadres responsables et engagés que nous sommes.

Nous dénonçons aussi son déni de la réalité.

Contrairement à ses déclarations :

  • Le ministère de l’éducation n’a pas assuré la sécurité de ses personnels en négligeant de leur fournir les masques nécessaires (seulement 5 masques lavables distribués depuis le début de l’année scolaire, fin août)
  • Les absences prévisibles des personnels n’ont pas été anticipées (aucun retraité et aucun contractuel recruté pour pallier aux absences des CPE, infirmières, AED, enseignants, impactés par cette vague O-Micron).
  • Les protocoles sont constamment modifiés (3 fois en 7 jours), du jour au lendemain, par une mise à jour d’une foire aux questions qui fait désormais plus de 42 pages.
  • Les préconisations sont souvent irréalisables et laissent penser qu’elles n’ont parfois pour autre objectif que de laisser croire que la situation est maitrisée.
  • Les protocoles sanitaires sont inadaptés à l’ampleur de la vague actuelle et le contact-tracing demandé devient impossible à réaliser.
  • Mi-décembre, en 3 jours et sans concertation, le gouvernement a fait voter un texte sur l’autorité fonctionnelle des adjoints gestionnaires qui déstabilise les équipes de direction des établissements scolaires.

Comme nous le dénoncions déjà en novembre, la crise de confiance des cadres que nous sommes, dépasse le contexte sanitaire.

Malgré nos alertes et nos demandes, le ministère ne cesse d’ajouter de la crise à la crise. L’Éducation nationale, dans son ensemble, est mise en tension et même fragilisée par ce décalage entre les annonces du gouvernement et les réalités du terrain. L’exaspération est immense face aux réponses dilatoires faites sur les remplacements de personnels, les équipements de protection, ou face aux protocoles qui changent sans cesse et qui ne peuvent pas être réellement mis en œuvre (gestion des cas contacts, délais de dépistage, notamment).

Nos fonctions de cadres et de représentants de l’État ne doivent pas être prétexte à vouloir nous faire appliquer des protocoles que personne ne peut véritablement contrôler.

Par son entêtement et son manque d’écoute le ministère a créé chez l’ensemble des personnels un sentiment de défiance, bien éloigné de l’objectif initial affiché : l’ « Ecole de la confiance » que nous souhaitons tous retrouvé.