Moins de naissances, moins de lycéens : vers des classes vides dans les lycées de Côte-d’Or ?
Les lycées de Bourgogne Franche-Comté pourraient perdre près de 17 000 élèves en quinze ans. En Côte-d’Or, la zone d’Auxonne-Dijon-Brochon, qui concentre les effectifs les plus importants de la région, pourrait compter 2 300 lycéens de moins à l’horizon 2040. Une évolution principalement liée à la baisse de la natalité selon une étude de l'INSEE.
Publié : 15h30 par Adrien Favrie
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À la rentrée 2025, 81 200 élèves étaient scolarisés dans les formations pré-bac des 140 lycées de Bourgogne-Franche-Comté. Mais les effectifs pourraient fortement diminuer dans les prochaines années. Selon une étude de l'Insee, la région compterait seulement 64 400 lycéens en 2040, soit une baisse de 21 % en quinze ans.
La Côte-d'Or serait également concernée par cette évolution démographique. Dans la zone d'Auxonne-Dijon-Brochon, qui regroupe 13 050 lycéens à la rentrée 2025, les effectifs pourraient diminuer de 18 % d'ici 2040. Cela représenterait 2 300 élèves en moins. Cette zone constitue actuellement le principal bassin de scolarisation de la région, devant celui de Besançon.
Une baisse qui devrait s'accélérer après 2030
À l'échelle régionale, la diminution du nombre de lycéens est déjà engagée. Après avoir atteint près de 88 000 élèves entre 2012 et 2017, les effectifs baissent progressivement depuis 2018. Cette tendance devrait se poursuivre dans les deux académies. Celle de Dijon pourrait perdre 9 000 lycéens d'ici 2040, soit un recul de 20 %. L'académie de Besançon connaîtrait une diminution légèrement supérieure, de 22 %.
Le rythme de cette baisse devrait également évoluer. Jusqu'en 2030, les effectifs diminueraient d'environ 1 % par an, soit près de 800 élèves en moins chaque année. Après cette date, le recul pourrait atteindre 1,8 % par an, représentant environ 1 300 lycéens de moins chaque année à l'échelle régionale.
La baisse de la natalité au cœur des projections
Pour expliquer cette évolution, l'Insee pointe principalement le recul de la natalité. « Dans la région comme ailleurs en France, la natalité joue un rôle central dans l'évolution du nombre d'élèves », souligne l'institut. Les naissances d'une année donnée se répercutent en effet sur les effectifs des lycées environ quinze à dix-huit ans plus tard.
Entre 2015 et 2025, les naissances ont diminué de 25 % en Bourgogne-Franche-Comté. Deux phénomènes se cumulent : la diminution du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants et la baisse de la fécondité. En 2025, l'indicateur conjoncturel de fécondité atteignait 1,50 enfant par femme dans la région, contre 2,00 quinze ans auparavant selon des données gouvernementales.
Le nombre de femmes âgées de 15 à 49 ans a également reculé de 10 % depuis 2010. Les arrivées de familles avec des adolescents dans la région restent trop limitées pour compenser cette diminution des naissances.
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Les filières générale et technologique davantage touchées
Cette évolution démographique pourrait également modifier la répartition des élèves entre les différentes formations. À l'échelle régionale, la filière générale et technologique serait davantage affectée que la voie professionnelle.
Entre 2025 et 2040, elle pourrait perdre 12 400 élèves, soit une diminution de 22 %. La filière professionnelle connaîtrait un recul de 18 %, représentant 4 400 lycéens en moins. En 2025, trois lycéens sur dix en Bourgogne-Franche-Comté étaient inscrits dans cette voie.
Pour l'Insee, cette diminution des effectifs pourrait conduire à « ajuster les capacités d'accueil, la répartition des élèves et des classes, l'offre de formations, les besoins en ressources humaines ». L'utilisation et l'entretien des bâtiments et des équipements pourraient également être concernés.
Ces chiffres restent toutefois des projections et non des prévisions certaines. Ils reposent sur l'hypothèse d'une poursuite des tendances démographiques actuelles à l'horizon 2040.
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