Accessibilité : "Un vrai rétropédalage" pour l'APF 21

Alors que janvier 2015 devait être une date importante pour l'accessibilité des établissements publics aux personnes handicapées, la loi a été repoussée. Pire, l'Association des Paralysés de France (APF) dénonce une ordonnance de septembre 2014 qui revient sur des acquis de longues dates, et qui selon eux, n'a aucune chance d'aboutir à une amélioration de l'accessibilité.

30 janvier 2015 à 3h03 par 45

K6 FM

En 2005, l'espoir était grand. La loi du 11 février donnait 10 ans à tous les établissements accueillant du public pour se mettre aux normes et assurer leur accessibilité. �? quelques jours de l'échéance programmée, c'est un constat d'échec pour beaucoup d'organismes comme l'APF (Association des Paralysés de France) de Côte-d'Or.

"La loi a été repousée... Dans les faits, elle était interessante, mais il n'y a pas eu "la carotte", comme on dit, pas assez d'incitation financière, et on a longtemps cru que l'accessibilité couterait très cher en travaux. Il y a certes du mieux mais la loi de 2005 est un échec." nous explique Martine Maudonnet, représentante de l'APF 21. 

Dans son fauteuil roulant, elle nous avoue même s'attendre au pire "Une ordonnance a été déposée en septembre 2014. Elle impose les fameux ADAPT, agenda de travaux sur l'accessibilité programmée. Tous les établissements qui ne sont pas aux normes auront jusqu'à septembre 2015 pour transmettre cette étude à la préfécture... Vous imaginez le nombre de dossier à traîter ? La préf' (sic) ne suivra jamais."

Surtout, Martine Maudonnet s'oppose à certains points de cette ordonnance. "Il suffira d'une déclaration sur l'honneur du commerçant pour être considéré comme accessible. Même les commerçants de bonne foi ne connaissent pas toutes les normes qu'il faut respecter. [...] Mais surtout, cette ordonnance revient sur des principes inscrits dans la première loi sur l'accessibilité de 1975, comme l'obligation pour les professions médicales de s'installer dans des locaux accessibles à tous."

Face à ce double retro-pédalage législatif, l'APF et Martine Maudonnet esssayent de rester optimistes, mais ont prévu de manifester leur opposition à l'occasion des 10 ans de la loi de 2005.

"L'accessibilité ne concerne pas que les personnes handicapés : les enfants, les blessés, les parents à poussettes, les personnes agées... tous sont concernés par cette loi. Ca bouge déjà, mais pas assez vite"

Le 11 février, toutes les associations concernées se mobiliseront partout en France, et notamment à Dijon (voir l'appel à manifestation), pour rappeler à tous l'importance de l'accessibilité.

Propos recueillis par Olid Yoann