« C'est dommage de sacrifier cet endroit » : ces Dijonnais ont recours à la justice et s'opposent à la construction de 188 logements

L'association « Bien vivre dans le quartier Larrey » a déposé un recours contentieux au sujet du projet de construction de 188 logement à Dijon. Malgré un premier refus de la municipalité en place, le collectif n'abandonne pas et sollicite la justice. Ils plaident pour un aménagement tourné vers la nature.

Publié : 11h15 par
Les travaux ont débuté sur l'ancien héliport situé sur l'avenue de l'Ouche à Dijon.
Les travaux ont débuté sur l'ancien héliport situé sur l'avenue de l'Ouche à Dijon.
Crédit : Google Street View

Les travaux sont déjà visibles depuis quelques semaines sur l’avenue de l’Ouche à Dijon. Derrière la Cité de la Gastronomie, 188 logements devraient être construits à terme. Le groupe Eiffage s’est vu valider le permis de construire à l’automne dernier par la Métropole. De futurs bâtiments implantés sur l’ancien héliport qui mécontentent les habitants du quartier, au point de solliciter la justice.

 

Un deuxième recours après un refus 

Début novembre, dans la foulée de l'autorisation de construire, un recours gracieux a été déposé par l’association « Bien vivre ensemble dans le quartier Larrey ». « Il a été refusé par la mairie début décembre », se désole Patricia Guillaumot, présidente du collectif. Une déception qui n’arrête par ces Dijonnais. Il y a quelques semaines, « un avocat a été sollicité pour un recours contentieux ». 

Le recours gracieux consiste à demander à l’administration qui a pris une décision de la revoir ou de l’annuler, sans passer par un juge. En l'occurrence, ici auprès de la Ville de Dijon. Le recours contentieux permet lui de contester cette décision devant le tribunal administratif, afin qu’un juge tranche le litige.

 

L'espoir comme moteur 

Malgré le refus de la municipalité dans un premier temps, cette seconde démarche est toujours remplie d’espoirs. « On fait confiance à ce recours puisqu'il a des arguements. Notre démarche est pleine de sincérité et d'engagement. C’est le seul moyen avec nos pauvres moyens d'habitants qui veulent préserver l'environnement », poursuit Patricia Guillaumot. Pour l’heure, l'association n’a pas encore eu de retour.

Afin de financer cette contestation, une cagnotte a été lancée par Bien vivre ensemble dans le quartier Larrey. « Il nous faudrait 2 000 euros pour couvrir les frais d’avocat ». Pour l'instant, c'est la trésorerie de l’association qui a permis ce recours. Une situation qui pourrait mettre à mal ses finances : « le problème, c’est que l’association n’a plus grand chose pour vivre en contribuant autant ». Un défi financier « qui valait la peine d’être tenté. C’était une évidence pour nous ».

 

« C’est triste et dommage de sacrifier cet espace pour la construction »

À la place de ces presque 200 logements, Patricia Guillaumot et les 76 autres membres de l'association plaident pour un endroit végétal. « On aimerait que ce soit un îlot de fraîcheur avec de la verdure, des arbres, pour tous les promeneurs. Il y a déjà beaucoup d’immeubles donc c’est nécessaire. C’est triste et dommage de sacrifier encore un espace pour la construction. »

L'association souhaiterait s’inspirer du Jardin de Larrey, situé à proximité. « C’est un bel endroit d’échange et de moment de vie. On discute de la pluie et du beau temps, ce sont de vrais rapports humains. Donc ce serait logique de faire la même chose ici. »  

« Nous n’en voulons à personne mais nous souhaitons simplement du bon sens », conclut Patricia Guillaumot. Le collectif imaginerait la même issue que le projet de construction Habellis prévu 15 rue de Larrey. En mars 2024, la ville, par l'intermédiaire de Nathalie Koenders, maire adjointe à l’époque, avait annulé ce programme immobilier.