Baisse des accidents de la route en 2020 en Côte-d'Or

La préfecture a fait le point ce lundi sur le nombre et la nature des accidents de la route survenus l’an dernier en Côte d’Or. Ci-dessous le communiqué complet.

1er février 2021 à 16h36 par la rédaction

K6 FM
Crédit: Photo dillustration K6FM

En 2020, 172 accidents corporels ont été recensés sur les routes du département. Ils ont été responsables de 27 morts et 202 blessés.

Rappelons que les accidents corporels recensés par l’observatoire départemental de la sécurité routière placé sous l’autorité du préfet de la Côte-d’Or, sont ceux ayant eu lieu sur le domaine public ouvert à la circulation, où l’un des protagonistes nécessite des soins et donnant lieu à des enquêtes des forces de l’ordre. Un accident ne faisant pas l’objet d’une enquête, puis de constatations par les services de sécurité intérieure, ne sera pas pris en compte dans les données exposées ci-dessous.

Une accidentalité historiquement basse en 2020

Les indicateurs de suivi de l’accidentalité se suivent mais ne se ressemblent pas d’un mois sur l’autre. C’est encore plus vrai pour l’année qui vient de s’écouler, profondément marquée par la Covid-19 et les restrictions de déplacements mises en place pour éviter sa propagation. Le premier confinement, très strict, a vu se mettre en place un effet plateau dans ces indicateurs, de l’inédit en termes d’accidentalité.

17 % d’accidents de moins qu’en 2019

Les forces de l’ordre ont recensé 172 accidents corporels en 2020, 205 en 2019, 230 en 2018, au-delà de 500 par an avant 2010. C’est donc la première fois que cet indicateur passe sous la barre des 200. Entre 2011 et 2015, le nombre moyen d’accidents par mois variait entre 19 et 23. Il oscillait entre 17 et 19 pour les années comprises entre 2015 et 2019. En 2020, il est descendu à 14.

30 % de blessés de moins qu’en 2019

En 2020, 202 personnes ont nécessité des soins suite à l’un de ces accidents, soit 87 de moins que l’année précédente. Cet indicateur, le nombre de blessés, frôle pour la première fois la barre des 200. Il faut remonter en 2017 pour trouver le plus bas niveau atteint par cet indicateur sur la dernière décennie : 245 personnes avaient été blessées durant cette année.

Trois tués de moins en 2020 par rapport à l’année précédente

Si les deux indicateurs précédents ont été particulièrement marqués de façon favorable par la crise sanitaire, c’est un peu moins vrai pour le dernier : le nombre de tués. Sur la décennie écoulée, l’année 2015 a été la moins meurtrière avec 25 tués sur les routes de la Côte-d’Or. Viennent ensuite les années 2016 et 2020 comptabilisant chacune 27 décès et un nombre moyen mensuel inférieur à 2,5.

Après un début d’année plus que prometteur où le nombre de tués lors des cinq premiers mois était égal à celui des mois de janvier et février 2019 cumulés, la tendance s’est fortement infléchie dès le mois de juin où 5 personnes sont décédées.

Les véhicules seuls, près d’un accident mortel sur deux

Les accidents de la circulation n’impliquent pas toujours plusieurs usagers. Ainsi, 57 conducteurs ont perdu le contrôle de leur véhicule, dont les deux tiers sont des véhicules de tourisme. Onze personnes sont décédés de la suite de ce type d’accidents, 60 autres ont été blessées.

Plus d’un tué sur cinq était piéton

28 accidents impliquaient un piéton en 2020. Six sont décédés, dont trois avaient plus de 65 ans, 24 ont été blessés, dont neuf mineurs et huit seniors. Seuls deux de ces évènements ont eu lieu en dehors d’une agglomération.

Les 2 roues, des usagers plus vulnérables

Il y a eu 20 accidents impliquant des vélos en 2020, faisant 20 blessés et aucun tué. Ce sont les plus jeunes et les plus anciens qui sont les premières victimes de ce mode de déplacement doux puisque 5 jeunes avaient moins de 25 ans, le double en avait plus de 55. Pour ce qui concerne les deux-roues motorisés, trois morts et 39 blessés, dont sept passagers, sont à déplorer.

 

Les usagers victimes d’un accident de la circulation routière

Les hommes plus impactés que les femmes

Sur les 229 victimes d’accidents de la circulation routière, blessés et tués confondus, 155 sont des hommes, soit 68 %. Parmi les tués, 8 sont des femmes, 19 des hommes. À noter que parmi ces 229 victimes, 21 % étaient passagers de l’un des véhicules impliqués, soit 48 personnes, dont 16 femmes. Cinq sont décédés, quatre étaient de sexe masculin.

Les mineurs, 15,7 % des victimes

35 mineurs ont été blessés, un tué dans des accidents de la circulation routière. Neuf d’entre eux était piéton, trois circulaient à vélo, deux dans une voiturette. Ils représentent un conducteur de cyclomoteur accidenté sur deux, soit huit sur les quatorze victimes de cette catégorie de véhicule. Les quatorze autres mineurs recensés étaient passagers d’un véhicule de tourisme.

Les jeunes de 18 à 24 ans, plus d’un tué sur cinq

Parmi les 229 victimes de la route, blessés et tués confondus, 40 jeunes majeurs avaient moins de 25 ans. Six ont perdu la vie. En regardant le type de véhicule au moment de l’accident, cette catégorie d’âge est également représentée à hauteur de plus d’un accidenté sur cinq parmi les conducteurs de véhicule de tourisme et les motards circulant avec des cylindrées supérieures à 125cm².

Les 65 ans et plus, autant de tués que chez les 18/24 ans

Si cette catégorie d’âge ne représente que 15 % des 229 victimes, elle est surreprésentée dans les accidents impliquant des modes de déplacement doux : pour ce qui concerne les piétons, 11 ont plus de 65 ans parmi les 30 victimes, soit plus du tiers, et six des 20 cyclistes accidentés, soit plus d’un sur quatre, entraient également dans cette tranche d’âge.

 

Les comportements à risques, responsables d’un décès sur deux

Les facteurs déclenchant un accident sont souvent multiples pour un même évènement. Ils peuvent être répertoriés selon qu’ils soient intrinsèques (santé, fautes du conducteur) ou extérieurs (environnemental ou défaut du véhicule). Près de 85 % des accidents mentionnent au moins un facteur mettant en cause le comportement du conducteur.

Il arrive que l’enquête des forces de l’ordre ne puisse mettre en lumière les causes de l’accident qui restent alors indéterminées, ils étaient 28 en 2020 au moment de l’analyse de ces données, soit 13 % des accidents recensés. À noter que nombre d’accidents survenus en fin d’année font encore l’objet d’investigations par les forces de sécurité intérieure.

Les facteurs extérieurs, rarement nommés comme seul facteur déclencheur

43 accidents (20 % des 172 répertoriés) mentionnent un facteur extérieur au comportement du conducteur. Cela peut-être la structure de la route, une gêne à la visibilité de type haie de particulier, un évènement climatique, un éblouissement dû au soleil, un manque d’éclairage de nuit, … Dans la très grande majorité des cas, une faute du conducteur est également constatée : dépassement dangereux, vitesse inadaptée, inattention, refus de priorité, …

Trois morts à cause d’infractions au Code de la route

Le non-respect du Code de la route a des conséquences dramatiques. Ça a été le cas dans plus d’un accident corporel sur cinq. 61 personnes en ont été victimes dont deux ont perdu la vie dans une manœuvre destinée à changer de voie de circulation, une autre à cause d’un refus de priorité.

La fatigue, un facteur insuffisamment pris en compte par les conducteurs

Parmi les accidents répertoriés comme ayant une cause liée à la santé du conducteur, il s’agit, dans 15 cas sur 19, d’une conduite malgré un état de fatigue prégnant. Deux personnes ont perdu la vie pour cette cause précise. Les malaises et la prise de médicaments incompatibles avec la conduite viennent compléter cette catégorie de déclencheurs.

12 morts provoquées par l’alcool ou les stupéfiants

Les conduites dites « à risques » regroupent les consommations d’alcool et / ou de stupéfiants, la vitesse inadaptée ou excessive, les distracteurs (téléphone, vidéo, ...) et l’inattention du conducteur. L’alcool et les stupéfiants sont de loin les conduites à risque les plus représentées car responsables de 12 des 27 décès recensés en 2020, soit près d’un sur deux. Des tests de dépistages sont systématiquement pratiqués sur le conducteur présumé responsable d’un accident. Ils sont revenus positifs dans 34 cas parmi les 172, soit dans pratiquement un accident sur cinq (20 %). L’inattention du conducteur a, quant à elle, provoqué 33 accidents tuant 4 personnes, en blessant 35 autres.

Conduire, un acte qui demande vigilance et adaptabilité

Même en cas de circonstances de conduite défavorables, le comportement du conducteur est un élément déterminant dans le déclenchement d’un accident. L’année 2020 est l’année où le nombre d’accident est passé sous le nombre de 200. Pour que 2021 soit encore « meilleure », il faudrait que chaque conducteur garde en mémoire qu’une vitesse adaptée à une situation particulière est bien souvent synonyme de vitesse inférieure à la vitesse maximale autorisée. La dernière campagne de communication de la Délégation à la sécurité routière le rappelle, l’important n’est pas d’arriver vite ou de se faire plaisir avec un verre, un joint, l’important est de rentrer sain et sauf.