Budget de l'Université de Bourgogne : le président s'explique

Dans une longue missive adressée ce mercredi à l'ensemble des membres de l'Université de Bourgogne, le président Alain Bonnin explique les choix financiers qu'il tentera de faire accepter le 19 octobre prochain, face à la grogne ces dernières semaines des étudiants et d'une partie du personnel.

13 octobre 2016 à 1h18 par 45

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Dans une longue missive adressée ce mercredi à l'ensemble des membres de l'Université de Bourgogne, le président Alain Bonnin explique les choix financiers qu'il tentera de faire accepter le 19 octobre prochain, face à la grogne ces dernières semaines des étudiants et d'une partie du personnel.

Dans cette lettre (en intégralité ici), le président de l'Université tente d'expliquer les «enjeux qui sous-tendent la phase difficile que nous traversons».

Fidèle à l'argumentation mise en avant depuis le début du conflit (voir), il commence par expliquer que le nombre d'étudiants a augmenté de près de 2000 personnes depuis 2012, alors que les moyens financiers accordés par l'�?tat reste identique. « C'est la déclinaison locale de la situation économique du pays.[...] Il nous faut prendre des décisions qui permettent à la fois le maintien de la qualité de l'offre de formation, la sauvegarde de la recherche et le bon fonctionnement des établissements»

Alain Bonnin liste ensuite les deux options budgétaires qui s'opposent depuis plusieurs semaines, mais précise que l'Université sera dans l'obligation de voter un budget en déficit, alors que les règles imposent un budget à l'équilibre.

  • - Voter un budget en déficit de 3,5 millions d'euros : « �?a correspond à l'idéal de nos besoins [...] mais entraînerait notre établissement dans une situation de forte incertitude, avec des dettes transférées pour plusieurs années. [...]Cela pourrait conduire à la mise sous tutelle de l'établissement par l'Etat»
  • - Voter un budget en déficit de 2.5 millions d'euros, remboursable par l'université : « C'est un budget équilibré par un prélèvement sur notre fonds de roulement. Mais cette option impose des choix et des décisions difficile parce qu'elle ne couvre pas tous nos besoins»

Ainsi, le président de l'UB tente de faire voter depuis quelques semaines cette deuxième solution, avec 15% de réduction du budget des services communs et généraux, 15% de réduction de celui de la recherche, 15% de celui de la formation et enfin 16 % de celui du patrimoine.

Pour autant, Alain Bonnin veut s'associer à la colère des étudiants face à la situation : « Je ne suis pas un bon élève docile et passif face au ministère.» Ce dernier accepte donc de faire un effort pour la formation et proposera un budget déficitaire de 2.8 millions d'euros lors du Conseil d'Administration du 19 octobre prochain. « Au delà, ce serait tout simplement dangereux pour l'établissement.» conclue le président, en rappelant que la situation bourguignonne n'est pas différente de celles des autres établissements français, obligés eux aussi, de se serrer la ceinture.

Yoann Olid