Colloque : Des cellules sans barreau à la prison de Dijon ?

Dans le cadre des journées nationales de prison, un colloque est organisé par le collectif Dijon-Prison ce jeudi au CRDP de l'Université de Bourgogne. Son intitulé « La prison sans barreaux, une solution à développer ? » soulève plusieurs questions.

26 novembre 2015 à 5h16 par 45

K6 FM

Dans le cadre des journées nationales de prison, un colloque est organisé par le collectif Dijon-Prison  ce jeudi au CRDP de l'Université de Bourgogne entre 10h et 16h30. Son intitulé « La prison sans barreaux, une solution à développer ? » soulève plusieurs questions.

Pour animer ce colloque, des acteurs du monde carcéral et judiciaire ont été invité au débat. L'actuel directeur de la seule prison ouverte de France (située à Casabianca en Corse), M. Patrick WIART ou encore  comme M. Jean-Philippe Champion, directeur de la maison d'arrêt de Dijon seront présents.

Les prisons ouvertes ont été définies par le Congrès Pénal et Pénitentiaire International de La Haye en 1950 comme des établissements dans lesquels « les mesures préventives contre l'évasion ne résident pas dans des obstacles matériels tels que des murs, serrures, barreaux ou gardes supplémentaires ».

Mais alors, comment savoir si l'on peut réellement faire confiance aux prisonniers qui bénéficient d'un tel système ? Baptiste Feuillye, trésorier du Genepi Dijon, nous explique que ces derniers font d'abord l'objet d'une sélection exigeante de la part de l'administration. De plus, ce projet concerne des délinquants ayant commis des crimes « moindres », comme de petits vols. Toutefois, seulement 200 places sont disponibles à Casabianca. Ils restent donc peu nombreux à pouvoir intégrer cette structure.

�? Dijon, un tel programme n'est pour l'instant pas envisageable. Rénové dans les années 90 suite à une mutinerie, l'établissement reste trop ancien. De manière général, il ne semble pas que ce soit l'une des priorités du programme de l'administration en France.

Reste que la question des "prisons ouvertes", lancée alors que la France est en état d'alerte depuis les attentats, peut choquer. « Cela renforce au contraire notre détermination avec le collectif » affirme Baptiste Feuillye. Toujours selon lui, lorsque l'on regarde le profil des individus responsables de ces  attaques, on retrouve un parcours typique, avec  des individus qui grandissent en foyer, démarrent par de petits délis et sont incarcérées dans des prisons classiques, sans distinction de traitement avecdes prisonniers plus virulents. « Une prison ouverte permettrait de remédier à ce genre de problèmes et de lutter contre les récidives, voire même contre la radicalisation » affirme encore le trésorier.

Enfin, une prison ouverte pourrait permettre de régler un des problèmes soulevée en France ces dernières semaines : l'engorgement des prisons. Selon Baptiste Feuillye, ce système permettrait également de mieux accompagnés détenus à l'extérieur : « �? force de trop privilégier les peines de prisons, les administrations sont dépassées et sont dans le devoir de relâcher des individus pour libérer des cellules.[...] une prison ouverte permettrait au moins d'accompagner les détenus qui sortent et de leur surveiller d'une certaine manière...».

Emma Stéphan