Des travailleurs toujours plus mobiles en Bourgogne-Franche-Comté

Les actifs de la région sont de plus en plus mobiles, c’est le résultat d’une enquête publiée ce jeudi par l’INSEE.

5 septembre 2019 à 16h33 par la rédaction

K6 FM
Crédit: INSEE

La Bourgogne-Franche-Comté compte 420 000 habitants qui travaillent en dehors de leur intercommunalité de résidence, un nombre en constante augmentation sur dix ans. Ces navetteurs représentent plus du tiers des actifs occupés de la région. La baisse de l’emploi, notamment productif, a amplifié l’augmentation du nombre de ces navetteurs en favorisant la déconnexion entre lieu de résidence et de travail.

Sur la période récente, la tendance s’essouffle. Elle est désormais majoritairement portée par le travail frontalier, dont la progression ralentit néanmoins. Dans l’ouest et au nord-est de la région, le nombre de navetteurs recule. Il augmente à l’inverse dans les plus grandes intercommunalités, qui perdent des emplois et dont les habitants sont pour un certain nombre amenés à chercher du travail plus loin.

Pollution provoquée par le transport et hausse du prix des carburants : habiter loin de son lieu de travail pèse sur l’environnement et le budget des ménages. Pourtant, plus du tiers des actifs occupés de Bourgogne-Franche-Comté travaillent en dehors de leur intercommunalité de résidence. Cela représente près de 420 000 navettes quotidiennes, dont 94 000 traversent les frontières régionale voire nationale. La région compte en effet plus d’actifs occupés que d’emplois.

De plus en plus de navetteurs

En dix ans, la région a gagné 50 000 navetteurs, soit une progression annuelle de 1,2 % des actifs travaillant en dehors de leur EPCI de résidence. Ils représentent ainsi 37 % des actifs occupés en 2016, contre seulement 32 % en 2006. Un constat amplifié par l’évolution de l’emploi, au sens du recensement de la population ; celui-ci a baissé de 0,4 % en moyenne annuelle sur cette même période, soit un recul de 4 % sur dix ans. Ces pertes d’emploi touchent l’ensemble des EPCI, excepté ceux autour des plus grandes agglomérations. Elles ont été d’abord plus fortes dans l’ouest de la région, puis se sont généralisées, n’épargnant que le sud de la Côte-d’Or et du Jura et quelques territoires à l’est de Besançon. De 2006 à 2016, à peine un quart des intercommunalités de la région gagnent significativement des emplois.

La baisse concerne en premier lieu les emplois productifs, qui ont diminué de 1,1 % en moyenne annuelle, soit un recul de 10 % sur dix ans. L’emploi présentiel, qui répond aux besoins de la population vivant sur le territoire, s’est quant à lui maintenu.

Moindre croissance du nombre de navetteurs sur la période récente

De 2011 à 2016, les navetteurs progressent encore dans deux EPCI sur trois. C’est toutefois moins qu’entre 2006 et 2011, quand leur nombre augmentait dans neuf EPCI sur dix et de plus de 2 % par an dans la moitié d’entre eux.

Ce ralentissement concerne très majoritairement les intercommunalités longeant la frontière avec la Suisse. Là où l’augmentation des navetteurs était forte dans le passé, la progression se poursuit mais s’essouffle. Le plateau de Russey passe ainsi par exemple de 6,9 % de croissance annuelle entre 2006 et 2011 à 2,7 % de 2011 à 2016. C’est aussi le cas dans une moindre mesure du Val de Morteau, Altitude 800, du Grand Pontarlier et des Portes du Haut-Doubs.

Pour d’autres territoires à l’inverse, le développement des navettes est un phénomène récent. C’est le cas notamment de Dijon Métropole et des intercommunalités constituées autour de Pierre-de-Bresse et de Frasne, où elles ont progressé de plus de 2 % par an de 2011 à 2016 quand elles n’avaient pas augmenté ou très peu de 2006 à 2011. Dans l’intercommunalité de Frasne, qui n’est pourtant pas voisine de la Suisse, le nombre de travailleurs frontaliers a notamment progressé de 6,6 % par an sur la période récente.

Communiqué de l’INSEE de Bourgogne-Franche-Comté