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En Bourgogne-Franche-Comté, la pauvreté touche particulièrement les familles avec enfants

17 octobre 2020 à 07h00 Par la rédaction
Crédit photo : Photo d’illustration K6FM

A l’occasion de la « journée internationale pour l'élimination de la pauvreté », organisée par les Nations Unies et qui a lieu ce samedi, l’INSEE nous a transmis un communiqué avec des données sur la situation dans la région.

En Bourgogne-Franche-Comté, 345 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté monétaire en 2017 : leur niveau de vie est inférieur à 1 041 € par mois par unité de consommation. Cela représente 1 041 € pour une personne seule, 1 561 € pour un couple, 2 082 € pour un couple avec deux enfants dont un de moins de 14 ans et 1 665 € pour une famille monoparentale avec deux jeunes enfants. Ces personnes représentent 12,8 % de la population régionale, moins qu'en France métropolitaine où elles constituent 14,5 % des habitants.

La Bourgogne-Franche-Comté se classe au 4e rang des régions métropolitaines pour le taux de pauvreté. C'est en Pays-de-Loire et Bretagne qu'il est le plus faible, tout juste en dessous de 11 % et AuvergneRhône-Alpes, 12,5 %. À l'inverse, c'est en Corse qu'il est le plus élevé, 18,7 %, puis dans les Hauts-deFrance, 17,9 %. En Bourgogne-Franche-Comté, l'intensité de la pauvreté est moins forte qu'au niveau national. En effet, le niveau de vie médian des personnes pauvres est inférieur de 18,4 % au seuil de pauvreté : il s’établit à 862 euros par mois et par unité de consommation. C'est davantage qu'en France de province, 850 € et même qu'en Île-de-France, 820 €.

Près d’un enfant sur cinq vit dans un ménage pauvre

Comme dans les autres régions, les ménages les plus confrontés à la pauvreté sont les familles monoparentales : 28,1 % d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté. C’est près de deux fois plus que pour les personnes seules et cinq fois plus que pour les couples sans enfant (5,1 %). La pauvreté est plus répandue chez les couples lorsqu'ils ont au moins un enfant. En effet, les couples avec enfant(s) sont souvent plus jeunes et ont des ressources moins importantes qui doivent couvrir les besoins de tous les membres du foyer. Les couples sans enfant sont souvent plus avancés en âge, ont des rémunérations meilleures et leurs enfants ne sont plus à charge.

En fait, 19,1 % des enfants de moins de 18 ans de la région vivent dans un ménage pauvre, ce qui correspond à 106 200 enfants. Près de 31 % des personnes pauvres de la région sont ainsi des mineurs. La pauvreté tend à diminuer ensuite avec l'âge : 20 % des ménages dont le référent fiscal a moins de 30 ans sont pauvres, c'est environ 15 % entre 30 et 50 ans, 13 % pour les cinquantenaires, et près de 8 % audelà de 60 ans.

Ainsi, le système de retraite et les revenus que peuvent parfois rapporter la possession d'un patrimoine préservent globalement de la pauvreté. Néanmoins, lorsque la pauvreté touche les plus âgés, leurs possibilités d'améliorer leur situation apparaissent très limitées : ceux qui souhaiteraient reprendre un travail sont freinés par leur santé, les difficultés du marché du travail ou l'impossibilité de le faire sans perdre tout ou partie de leur retraite. Ainsi, moins de 2 % des retraités de la région occupent en parallèle un emploi.

Un marché du travail globalement moins dégradé qu’au plan national

L'emploi contribue à protéger du dénuement monétaire. Or, la Bourgogne-Franche-Comté est également une des régions les moins touchées par le chômage. À la fin de l'année 2017, le taux de chômage s’y établit à 7,6 % de la population active, soit un point de moins qu’au niveau national.

Plusieurs facteurs l'expliquent. Le vieillissement de la population entraîne de nombreux retraits du marché du travail (départs en retraite). La proximité de grands pôles d’emploi extérieurs à la région fournit, par ailleurs, des opportunités d’emploi aux actifs contribuant à une moindre dégradation du marché régional du travail. En effet, chaque jour, près de 62 000 actifs résidant en Bourgogne-Franche-Comté vont travailler ailleurs en France alors que 45 000 font le chemin inverse. En outre, 35 000 frontaliers travaillent en Suisse garantissant à leurs foyers des salaires confortables.

Le système de redistribution améliore fortement la situation des enfants

Les prestations sociales qui regroupent les prestations familiales, les aides au logement et les minima sociaux contribuent à atténuer la précarité monétaire et diminuer les inégalités. Dans la région, elles représentent 41 % des revenus des 10 % de ménages les plus modestes. Le dispositif des transferts sociaux et fiscaux permet de réduire de 7 points le taux de pauvreté monétaire en Bourgogne-Franche-Comté. En effet, sans ce système de redistribution, la pauvreté toucherait 19,9 % de la population.

Si les enfants, déjà dépendants des revenus de leurs parents, sont les plus touchés par la pauvreté, ils sont les premiers à bénéficier du système de redistribution français. Ainsi, en Bourgogne-FrancheComté, 19,1 % des enfants de moins de 18 ans vivent dans un ménage vivant sous le seuil de pauvreté. Ils seraient 32,6 % sans le dispositif de redistribution socio-fiscale : celui-ci permet donc de diminuer de 13 points le taux de pauvreté des mineurs.