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Le pic de naissances s’est décalé du printemps à l'été en Bourgogne-Franche-Comté

22 septembre 2020 à 12h30 Par la rédaction
Crédit photo : Photo d’illustration / Collège des bernardins

L’INSEE de Bourgogne-Franche-Comté a publié une étude ce mardi matin dans laquelle on apprend notamment que le pic de naissances s’est décalé du printemps à l’été ces dernières années dans la région. L’INSEE confirme également une nouvelle fois la baisse de la natalité par rapport à il y a 50 ans. Retrouvez ci-dessous le détail de cette étude.

Près de 26 300 enfants bourguignons-francs-comtois sont nés en 2019 contre 43 900 en 1965. Le nombre de naissances a fortement baissé depuis la période des "trente glorieuses", qui a suivi la seconde guerre mondiale, et qui fut marquée par la prospérité économique et une forte natalité. Le nombre de naissances a ainsi chuté de 35 % entre la fin des années 60 et celle des années 2010. La baisse est même régulière et forte depuis 2015. 

Baisse du nombre de naissances plus marquée en Bourgogne-Franche-Comté

Dans la région comme en France métropolitaine, le nombre de naissances baisse fortement depuis le début des années 70. A cette période, les aspirations des couples a avoir un plus faible nombre d'enfants peuvent se concrétiser grâce à une plus grande efficacité de la planification des naissances avec l'apparition et la diffusion de méthodes contraceptives efficaces (pilule et stérilet).

Le nombre de naissances baisse particulièrement dans les années 70 et 80, effectue un léger rebond dans les années 1990-2000, pour repartir à la baisse depuis 2010. Cette dernière tendance est la conséquence de deux phénomènes. Tout d’abord, la fécondité baisse : en 2019, les femmes de la région ont en moyenne 1,8 enfant au cours de leur vie, contre 2 en 2010. Ensuite, les femmes en âge de procréer sont moins nombreuses. En 2019, la région compte 551 300 femmes âgées de 15 à 49 ans, 8 % de moins qu’en 2010. Cette tendance est marquée dans la région, où les naissances ont en 9 ans plus fortement reculé (- 18 %) qu’en France (- 11 %).

Les icaunaises sont les plus fécondes de la région

Compte-tenu de leur poids démographique et de la relative jeunesse de leur population, les départements du Doubs et de la Côte-d'Or sont ceux présentant le plus de naissances en 2019, avec respectivement plus de 5 800 et plus de 5 000 naissances. Ces départements "détrônent" la Saône-et-Loire qui comptait le plus de naissances en 1965. A l'inverse, la Nièvre et le Territoire de Belfort sont les départements qui comptent le moins de naissances, avec environ 1 500 en 2019. C'est dans l'Yonne que les femmes sont les plus fécondes, elles ont près de 2 enfants dans leur vie. C'est en revanche, en Côte-d'Or, qu'elles en comptent le moins, 1,6. Il est vraisemblable que dans ce département qui dispose d'un riche appareil de formations supérieures, les femmes poursuivent fréquemment leurs études et "retardent" ainsi leur première maternité. A l'issue de leur formation, de nombreuses jeunes femmes quittent la Côte-d'Or et mènent alors cette maternité ailleurs. Les femmes diplômées ont par ailleurs tendance à avoir un peu moins d'enfants au cours de leur vie que les autres.

La Nièvre, touchée plus tôt par le vieillissement de sa population, est le département de la région où le nombre de naissances a le plus baissé (- 58 % en près de 55 ans). Viennent ensuite la Saône-et-Loire et la Haute-Saône (près de 50 %), départements où la population est aussi relativement âgée. La baisse des naissances est également marquée dans le reste de la région mais est plus modérée dans l'Yonne, la Côte-d'Or et le Doubs (entre - 28 et – 34 %).

Le mois de juillet compte le plus de naissances désormais

Dans l'année, le nombre de naissances est le plus élevé en juillet. Près de 2 300 naissances sont en moyenne comptabilisées dans la région au cours des mois de juillet de 2015 à 2019. A l'inverse, le mois de février est celui qui comprend le moins de naissances, 1 900 en moyenne. Cela tient notamment au plus faible nombre de jours en février qu'au cours des autres mois de l'année. La saisonnalité des naissances a évolué en 50 ans. Leur pic était observable en mai au début des années 70 : on comptait en moyenne 3 650 naissances les mois de mai de 1970 à 1974. Les conceptions étaient donc plus fréquentes en été, ce qui pourrait s'expliquer notamment par les congés payés estivaux et la part importante des mariages célébrés à cette saison, à une époque ou avoir un enfant hors mariage était encore rare, le premier enfant étant souvent conçu dans les mois suivants l'union. Le creux des naissances a également changé, il était en novembre avec en moyenne 2 950 au début des années 70. Le nombre de naissances était plus variable dans l'année qu'à l'heure actuelle.

En Bourgogne-Franche-Comté, le 20 juillet est le jour où l'on observe le plus de naissances avec 87 en moyenne sur la période 2015-2019. Le pic de naissances était observé le 30 avril en moyenne au début des années 70.

Après avoir atteint leur maximum fin juillet, les naissances deviennent moins importantes en août, mais repartent à la hausse à partir de la mi-septembre : cette hausse correspond probablement au nombre accrû de conceptions durant les fêtes de fin d'année. Les jours comptant le moins de naissances sont le jour de l'an (58 naissances en moyenne), le jour de Noël (59). Comte-tenu des effectifs hospitaliers plus faibles les jours fériés, les naissances programmées sont portées sur les jours entourant ceux-ci. Toutefois, le nombre des naissances les autres jours fériés fixes n'est pas aussi faible mais il est un peu moins élevé que les jours les entourant. C'est le cas pour les 1er mai, 8 mai, 14 juillet, 15 août et 1er novembre. Le 11 novembre fait figure d'exception avec un nombre relativement comparable de naissances que les jours alentours.

Moins de naissances le week-end

Les naissances sont moins nombreuses le week-end. C'est, en effet, durant les deux derniers jours de la semaine que les naissances sont en moyenne moins nombreuses : 67 naissances le samedi et 64 même le dimanche, comparées à un nombre moyen de 71 le lundi à 76 le mercredi qui est donc le jour de la semaine où les services de maternité ont la plus forte activité. Le creux de naissances en fin de semaine est lié à la médicalisation des accouchements, dont une part importante est déclenchée par des césariennes qui lorsqu'elles sont programmées, pour raisons médicales ou par choix, le sont en semaine à des moments où les effectifs du personnel hospitalier sont suffisants. En 50 ans, les naissances le week-end sont un peu moins fréquentes : elles représentent 26,2 % des naissances entre 2015 et 2019 contre 27,4 % au début des années 70.