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Le travail s’organise chez les viticulteurs en cette période de confinement

05 avril 2020 à 16h30 Par la rédaction
Crédit photo : Photo d’illustration K6FM

Malgré la période de confinement que nous vivons, la plupart des viticulteurs de la région continuent de travailler dans leurs vignes ou dans leur domaine. Ci-dessous un état des lieux fait par le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne.

Depuis le quasi arrêt de la France dans le cadre du confinement, les vignerons et négociants de Bourgogne poursuivent leur activité avec sérieux et… ingéniosité. Parce que la vigne continue de pousser, parce qu’il y a toujours du travail en cave, parce qu’il faut aussi penser à la reprise. Dans les parcelles comme dans les cuveries, le travail s’organise dans le respect strict des gestes barrières.

A la vigne, l’activité va aller crescendo

Le hashtag #LaVigneContinue existe pour une bonne raison : la nature ne peut pas se confiner. A fortiori au printemps, quand la sève remonte dans les ceps et que les bourgeons sortent de leur coton. Dans chaque parcelle, le travail est là : il faut finir de tirer les bois après la taille, revoir le palissage, attacher la vigne, labourer. Après le débourrement, il faudra ébourgeonner et ensuite évasiver.

Vignerons et négociants de Bourgogne poursuivent donc le travail dans la mesure du possible, en s’adaptant. Nicolas Rossignol, à Gevrey-Chambertin, organise ainsi son équipe : « J’ai demandé à chacun d’utiliser son véhicule personnel pour les déplacements. A la vigne, chacun a sa parcelle ou alors nous laissons 2 à 3 rangs entre nous (2 à 3 m) si nous devons travailler au même endroit. En plus de l’attachage et des réparations dans le palissage, nous commençons les labours. J’ai deux tracteurs. Chaque gars a le sien. »

Pour l’anecdote, il confie qu’en guise de gel hydro alcoolique, il a déniché une tête de distillation de marc de Bourgogne. « Ça titre 80 degrés et c’est idéal pour désinfecter les mains et le matériel ». De même, les repas ne se font plus en communauté : comme il fait beau, chacun déjeune dehors. Il faut simplement aller séparément réchauffer sa gamelle à la cuisine.

Il y a aussi les impondérables à gérer. Ainsi, l’embauche d’un saisonnier a permis de pallier l’absence d’un salarié, contraint de rester à la maison pour s’occuper de ses enfants.

Dans les domaines et les négoces où les équipes sont plus importantes, les responsables ont également su s’adapter. Avec des équipes de 10 personnes et plus, il faut faire preuve de souplesse : les horaires d’embauche sont décalés pour éviter de se croiser, les personnes qui sont partiellement occupées à garder les enfants viennent travailler quand ils le peuvent, y compris le week-end. Nicolas Rossignol conclut : « La végétation repart, néanmoins le froid qui est arrivé en début de semaine dernière l’a un peu ralentie. Mais globalement, nous travaillons au même rythme que d’habitude. »

Une adaptation plus complexe à la production

A cette saison, le travail en cave est plus calme. Les vins sont en plein « élevage » et il faut principalement « ouiller » les pièces de vin. Pour cela, une seule personne est généralement nécessaire. Les autres tâches, moins prioritaires, attendront.

Pour la production (mise en bouteilles, étiquetage, expédition), le maintien est plus ardu. Un certain nombre d’entreprises poursuivent leurs missions, en attendant que d’autres reprennent leur activité d’ici 15 jours. Quelle que soit la tâche, les responsables sont attentifs au maintien des distances de sécurité, ainsi qu’au respect de toutes les recommandations du Ministère de la santé. L’important est de préserver la santé des équipes.

Au niveau commercial, les commandes sont moins nombreuses qu’en temps normal. Plusieurs transporteurs continuent cependant d’assurer les livraisons. Certaines commandes pour l’international sont en attente, prêtes à partir dès que le transport international reprendra. « Nous savons que la situation actuelle n’est qu’une pause. Nous sommes prêts à répondre à une demande plus importante, dès qu’elle arrivera. » Explique Louis-Fabrice Latour, Président du BIVB et PDG de la Maison Louis Latour. « Les responsables des maisons et des domaines étudient les possibilités de reprise d’une activité normale en production, avec le souci de la sécurité de chacun. »

Il ajoute, au nom de l’ensemble de la filière : « Nous sommes conscients de tous les efforts qui sont faits, à tous les niveaux, pour que la France sorte le plus vite et le mieux possible de cette crise sanitaire. Nous contribuerons à la reprise. Nous sommes également reconnaissants à tous ceux qui veillent sur nous et nos familles. »