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Quel bilan pour la qualité de l’air après le confinement ?

18 mai 2020 à 14h10 Par la rédaction
Crédit photo : ATMO

Ce n’est pas une surprise, le confinement a un effet plutôt bénéfique pour la qualité de l’air. L’ATMO (la structure chargée de surveiller la qualité de l’air) dresse toutefois un bilan contrasté en Bourgogne-Franche-Comté.

Une évolution atypique des niveaux de dioxyde d’azote (NO2) a pu être observée depuis le début du confinement. En revanche, les niveaux de particules fines (PM10) semblent peu impactés par le phénomène et montrent une évolution proche de la normale, en tenant compte des conditions météorologiques et de la saisonnalité de ce polluant.

Ceci est principalement lié aux sources associées à chacun de ces polluants. Le NO2 est principalement lié au trafic routier, qui affiche une baisse très importante en cette période de déplacement limité. Cependant, la circulation des agents indispensables au bon fonctionnement de notre société et aux transports de fret a été maintenue, de sorte que les émissions ne sont pas tombées à zéro. Par ailleurs, les autres sources de NO2 , liées aux secteurs résidentiel ou agricole sont restées présentes. De ce fait, la baisse des niveaux de NO2 n’a pas été homogène sur l’ensemble de la région.

En ce qui concerne les particules PM10, et contrairement aux idées reçues, le trafic routier ne constitue qu’une source d’émission mineure. La baisse du trafic routier du fait du confinement n’a donc eu que peu d’impact sur les niveaux observés. Au contraire, les sources principales en cette saison étant les émissions du secteur agricole et du secteur résidentiel, deux activités ne présentant pas de baisse en période de confinement, les niveaux observés n’ont révélé aucune diminution depuis le confinement. Cette évolution peut néanmoins être considérée comme normale, qui plus est fréquemment observée dans notre région au cours de cette période.

Le dioxyde d’azote en très nette baisse / Un marqueur du trafic routier

Les oxydes d’azote sont principalement émis lors des phénomènes de combustion. Le secteur des transports routiers est responsable de près des deux tiers des émissions de la région. Suivent ensuite les secteurs de l’agriculture et de l’industrie manufacturière, qui contribuent plus faiblement à ces émissions pour un peu plus de 10 % chacun.

Comparaison des données avril 2020 / avril 2019

Les niveaux de NO2 montrent une très nette baisse entre les valeurs observées pour l’année de référence 2019 et celles obtenues en période de confinement 2020. Ainsi, la concentration moyenne calculée en avril 2019 pour l’ensemble des points de mesure était de 13 µg/m3 , soit environ 2 fois plus que la moyenne calculée en avril 2020, qui a été de 7 µg/m3

Analyse selon les typologies de sites :

Une baisse de 49 % est observée sur les sites d’influence trafic (situés en proximité directe des axes routiers de la région) et une baisse de 43 % sur les sites de fond urbain (destinés à l’évaluation des niveaux dans les centres urbains). Ces fortes baisses trouvent leur explication dans le fait que le NO2 est un polluant principalement émis par le trafic routier et considéré comme un marqueur du trafic. Il est donc logique d’observer un léger écart entre les niveaux de ces différents types de sites.

Les niveaux observés au niveau des stations industrielles de la région et des sites ruraux affichent quant à eux des baisses parfaitement comparables, de l’ordre de 33 à 34%. Cette évolution comparable peut s’expliquer par le faible impact des activités industrielles sur les niveaux de NO2 . Au final, la baisse affichée sur ces sites correspond à la baisse observée à l’échelle régionale.

Comparaison des cartographies avril 2020 / avril 2019

La représentation spatiale des niveaux de NO2 confirme la très nette baisse entre les valeurs modélisées pour l’année de référence 2019 et celles pour la période de confinement 2020.

 

Les particules bien moins influencées

Les particules fines ont pour origine les combustions (chauffage résidentiel, trafic routier, feux de forêts,…), certains procédés industriels (carrières, cimenteries, fonderies…) et autres activités telles les chantiers BTP ou l’agriculture (via notamment le travail des terres cultivées) qui les introduisent ou les remettent en suspension dans l’atmosphère.

 

Analyse des données collectées durant le confinement

Les niveaux observés en avril 2019 sont tout à fait comparables à ceux observés en avril 2020 : la moyenne tous sites confondus a été de 14 µg/m3 en 2019 comme en 2020. Cette situation s’explique si l’on considère les principales sources de particules en cette période. En effet, les mois de mars et avril sont chaque année fortement marqués par la reprise des activités liées au secteur agricole (labours, fertilisation, épandages d’ammoniac, fermentation naturelle des sols), qui sont souvent à l’origine d’épisodes de particules en cette saison. Ces activités, vitales pour notre société, n’ont par ailleurs pas été impactées par la mise en place du confinement. Viennent également s’ajouter des sources additionnelles, et notamment le chauffage résidentiel (toujours en fonctionnement sur cette période, et non ralenti par le confinement, au contraire), ainsi que le trafic routier (réduit du fait du confinement, mais non entièrement arrêté). L’analyse de l’évolution des niveaux de PM10 observés tout au long de la période de confinement illustrent très bien cette situation.