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Une partie des policiers municipaux seront armés à Dijon

20 octobre 2020 à 17h54 Par la rédaction
Crédit photo : Photo d’illustration K6FM

Le maire de Dijon, François Rebsamen, et sa première adjointe, Nathalie Koenders, ont dévoilé ce mardi l’acte II du projet de la tranquillité publique. Un plan qui prévoit notamment l’armement d’une partie des policiers municipaux. Ci-dessous le communiqué de la mairie avec tous les détails.

L’acte I, initié en 2015 par la municipalité, visait à la réorganisation profonde du service de la tranquillité publique : 30 policiers municipaux supplémentaires ont été recrutés, équipés de pistolets à impulsion électrique. Leur présence a été étendue sur le terrain de 7h15 à 1h. En parallèle, la collectivité a impulsé une stratégie transversale et globale avec les acteurs concernés que sont l’État et la Justice. La police municipale a ainsi conforté son rôle de police de proximité, à l’écoute des habitants, présente dans tous les quartiers de la ville et agissant principalement sur la prévention et les troubles à la tranquillité publique.

De nouveaux dispositifs ont été imaginés pour répondre davantage et au plus près aux demandes des administrés. À Dijon, le service public s’est ainsi adapté aux évolutions sociétales et technologiques. Via son poste de pilotage connecté OnDijon qui facilite la gestion de l’espace public, 140 caméras composent aujourd’hui le système de vidéoprotection. Mobilisées sur des missions de surveillance générale et ciblée, elles sont largement exploitées sur le plan policier et judiciaire : vidéo-verbalisation, réquisitions judiciaires, maintien de l’ordre en lien avec la police nationale... Le personnel du Centre d’informations et de veille opérationnelle (CIVO – ex CSU) font le lien avec les agents de terrain et les centres de commandement des autres acteurs de la sécurité et des secours.

En 2019, la ville de Dijon créait à Fontaine d’Ouche la Maison de la tranquillité locale pour accueillir et accompagner les habitants. C’est aujourd’hui un espace dédié pour l’aide aux victimes et l’accès aux droits. Soucieuse du lien avec les Dijonnais, la police municipale s’est aussi dotée d’un chargé des relations police/population. Avec son équipe, il est un contact permanent avec les habitants qui peuvent signaler troubles et dysfonctionnements et sont informés du suivi de leurs réclamations.

« 3 axes prioritaires sont définis pour l’acte II : le renforcement des capacités d’actions de la police municipale, le développement de la prévention de la délinquance, la poursuite des coopérations avec les acteurs de l’éducation, de la prévention, de la tranquillité, de la sécurité et de la justice ». Nathalie KOENDERS, première adjointe au maire. Depuis plusieurs mois, tous les grands pôles urbains de notre pays sont confrontés à des difficultés identifiées et croissantes, sur des secteurs ciblés : incivilités, dégradations, rixes, trafics de drogue, violences urbaines… De nouvelles tensions sociales sont aussi apparues à la suite du confinement. Dans le cadre de ses compétences et en lien avec l’État qui assure les missions de protection et de sécurité des biens et des personnes, l’acte II de la tranquillité publique vise à renforcer la mobilisation de la police municipale de Dijon dans la continuité de la dynamique engagée depuis 2015, avec :

Le recrutement de 30 agents supplémentaires pour atteindre dans les 2 à 2,5 ans un effectif de près de 100 policiers municipaux. Une équipe dédiée à la prévention et à la lutte contre les troubles à la tranquillité publique sera créée, jusque-là assurée de façon polyvalente par les agents. Un premier recrutement de 15 personnes sera engagé d’ici le 1er semestre 2021 ;

La révision statutaire et la revalorisation salariale de la profession pour une meilleure carrière à Dijon L’armement létal d’une partie de la police municipale avec la création d’une équipe spécifique dédiée L’élaboration d’un nouveau contrat local de sécurité renforcé avec l’État, en concertation avec le Préfet de région, pour amplifier la stratégie déjà engagée.

Un document cadre fixera les orientations partagées en matière de tranquillité et de sécurité publiques, les différents niveaux de coopérations opérationnelles, les moyens engagés ainsi que les actions à mener.

Il sera soumis au vote du conseil municipal. 

La prévention spécialisée, abandonnée par le Conseil Départemental de la Côte-d’Or qui en avait jusqu’ici la compétence, est centrale dans la lutte contre la délinquance. Elle est aujourd’hui à reconstruire intégralement. Prévention sociale et éducative, prévention de la marginalisation, de la récidive, prévention des violences faites aux femmes… La ville de Dijon, au cœur d’un partenariat entre les acteurs de l’éducation, de la médiation, de la tranquillité et de la sécurité publique, travaille à la création d’un plan d’actions adapté et proportionné aux besoins individuels et collectifs. L’objectif étant d’éviter le « basculement » vers la délinquance.

« L’autorité républicaine doit s’appliquer partout. Ceux qui commettent des troubles à la tranquillité publique, des délits ou des crimes doivent être punis. C’est une stratégie globale : prévenir, dissuader, sanctionner et réparer. Tous les acteurs doivent y prendre leur part. La ville de Dijon est déterminée à mener les combats indispensables au vivre ensemble, aux côtés de l’État et de la justice ». François Rebsamen, maire de Dijon, président de Dijon métropole.