« Comment les enfants pourraient apprendre dans de telles conditions ? » : plusieurs classes de maternelles susceptibles de fermer à côté de Dijon

À Til-Châtel, Varanges et Marliens, trois mobilisations distinctes sont organisées ces jeudi et vendredi. Les parents d’élèves s’opposent à de potentielles fermetures de classes de maternelles décidées par le rectorat de Dijon. Première des conséquences, les enfants de grande section basculeraient avec l’école élémentaire. À la suite de la publication de l'article, d'autres témoignages nous sont parvenus.

Publié : 26 mars 2026 à 9h00 par
L'école maternelle du RPI Varanges - Marliens pourrait être amputée d'une classe.
L'école maternelle du RPI Varanges - Marliens pourrait être amputée d'une classe.
Crédit : Eloise Pornet

De nombreuses voix s’étaient élevées dernièrement dans les collèges et lycées de Côte-d’Or pour s’opposer aux décisions du rectorat de Dijon. C’est désormais aussi le cas chez les tout-petits. À Til-Châtel, à Varanges et à Marliens, trois établissements situés à l’est de Dijon. 

 

Risque de fermeture de classes 

« Des élèves de grande section seraient intégrés à l’école primaire, dans des classes à double voire triple niveau ». C’est ce qui attend les écoles du Regroupement Pédagogique Intercommuna (RPI) Varanges-Marliens si l'on se fit aux parents d’élèves. Même son de cloche du côté de Til-Châtel, à une quarantaine de kilomètres.

Et pour cause, le rectorat de Dijon aurait des projets de fermeture dans ces établissements. Une décision « motivée par des logiques de rentabilité, qui aurait des conséquences importantes sur les conditions d’accueil des jeunes enfants, les conditions d’enseignement et l’équilibre de nos écoles rurales », poursuit le collectif.

Cette réorganisation entraînerait des remaniements de classe importants. À l’heure actuelle, l’école de Til-Châtel compte deux classes de maternelles. La petite et moyenne section ensemble, et la grande dans une autre salle. Chez les plus grands, le bâtiment accueille quatre classes pour cinq sections d’élémentaire. « Le souci c’est que si l’on monte les grandes sections avec les CP, on passera à plus de 30 élèves. Donc on devra diviser cette classe pour les rediriger vers les CE1. Le schéma sera le même pour eux, et ainsi de suite. C’est un effet domino », explique Soline Bellevergue, parent d’élève. 

Une situation qui aurait des répercussions notamment sur la différence d'âge entre jeunes élèves. « À 4 ans et demi c’est compliqué d’être avec des enfants qui ont 6 ans passés. Ils ont besoin de plus de calme pour apprendre à lire et à écrire. Sauf qu’à 4 ans on a plus envie de s’amuser et on est plus bruyant », poursuit Soline. 

Le constat est similaire à Varanges et à Marliens. La première commune citée accueille les classe de maternelle, la seconde celles du primaire. « Cette réorganisation dégraderait également les conditions d’apprentissage, avec des effectifs pouvant atteindre jusqu’à 33 élèves par classe, dans un contexte où les besoins d’accompagnement individualisé augmentent, notamment pour les enfants présentant des troubles du neurodéveloppement. »

 

Une mobilisation organisée ces jeudi et vendredi 

Les parents d’élèves des écoles de la Communauté de Communes de la Plaine Dijonnaise questionnent aussi l’aspect économique de fermer une classe. « Les économies réalisées par l’Éducation nationale entraîneront des coûts supplémentaires pour les communes, contraintes d’adapter les locaux et d’augmenter les capacités de transport scolaire. »

Pour faire entendre leurs revendications, plusieurs mobilisations sont prévues devant ces trois écoles. À Til-Châtel, le rendez-vous est donné ce jeudi à 18h30 devant l’établissement. Une réunion sera organisée entre la direction de l'école, la mairie et les représentants de parents d'élèves pour décider des prochaines actions. 

Du côté de Varanges et Marliens, les parents d’élèves invitent à se réunir ce vendredi 27 mars à 8h30 devant les écoles. 

 

MISE À JOUR : À la suite de la publication de l'article, d'autres témoignages nous sont parvenus : 

Bligny-lès-Beaune :  « Notre commune de Bligny-lès-Beaune ainsi que plusieurs communes alentours sont également sous la menace d'une fermeture de classe à la rentrée prochaine. En plus de pétitions que nous avons fait sur Changé.org et que nous avons fait circuler à l'école et dans les commerces de la commune, les parents d'élèves vont mener une action de soutien pour notre école et nos enseignantes devant l'école de Bligny-lès-Beaune ce vendredi soir à partir de 16h30. » 

Beire-le-Châtel : « Ce matin c’était mobilisation devant l’école de Beire-le-Châtel pour la suppression d’un classe de maternelle qui entraînerait une classe 3 niveaux et une classe grande section / CP »

Velars sur Ouche :    « Notre communauté éducative de Velars sur Ouche — parents d’élèves, enseignants et citoyens — est aujourd’hui pleinement mobilisée contre le projet de fermeture d’une classe au sein de notre école. Une grève est prévue ce lundi 30 mars, soutenue par les parents d’élèves, afin de manifester notre opposition à cette décision. Par ailleurs, nous avons obtenu un entretien avec des représentants de l’Académie de Dijon, au cours duquel nous porterons collectivement nos revendications.

Nous tenons à souligner que notre mobilisation reçoit un large soutien. Des élus locaux, des députés ainsi que des syndicats enseignants se tiennent à nos côtés et relaient notre inquiétude face à une situation qui dépasse largement le cadre de notre commune.
 
En effet, ce phénomène de suppressions de classes et de postes touche aujourd’hui l’ensemble du territoire national. Toutefois, notre département figure parmi les plus durement impactés, avec l’annonce de la suppression de 160 postes. Cette réalité accentue les inégalités territoriales et fragilise encore davantage les écoles rurales et périurbaines.
 
Rien ne justifie une telle décision, qui aurait des conséquences directes sur la qualité de l’enseignement, les conditions d’apprentissage des élèves et l’équilibre de notre établissement. Plus largement, nous constatons avec inquiétude que les politiques publiques actuelles tendent à reléguer l’éducation au second plan, malgré son rôle fondamental pour l’avenir de nos enfants et de notre société.
 
Nous demandons le maintien de nos classes afin de garantir des conditions d’enseignement dignes pour nos enfants et nos enseignants et de préserver un service public d’éducation de qualité, accessible à tous. La gestion de classe multi niveau n’est aucunement un paramètre d’apprentissage dans de bonne conditions. »