La soirée d'Océane Godard « Parlons travail » décriée par Solidaires 21 qui dénonce un débat déconnecté de la réalité

À Dijon, la conférence table ronde « Parlons travail », portée par la députée Océane Godard, suscite déjà la controverse avant même son déroulé. Le syndicat Solidaires 21 dénonce un événement déconnecté des réalités du terrain et appelle au boycott. Il alerte sur une dégradation des conditions de travail et appelle à se mobiliser le 1er mai.

Publié : 12h40 par Romane Toutain

Océane Godard organise une soirée « Parlons travail »le mardi 28 avril à Dijon.
Océane Godard organise une soirée « Parlons travail »le mardi 28 avril à Dijon.
Crédit : Photo DR : K6FM

« Quelle politique pour réenchanter la place du travail en France ? » C’est la question posée au cœur de la soirée organisée le 28 avril à Dijon, à l’Hôtel de Ville. À l’initiative de la députée Océane Godard, l’événement « Parlons travail » se veut ouvert au grand public. La maire Nathalie Koenders soutient la démarche. Mais le syndicat Solidaires 21 critique ce rendez-vous. 

 

Le sociologue Bruno palier et le président de la région Bourgogne-Franche-Comté comme invités

Pour débuter, une conférence du sociologue et directeur de recherche au CNRS Bruno Palier est prévue,. Elle sera suivie d’une table ronde. Autour de cette dernière, des représentants syndicaux et patronaux (CFDT, MEDEF, CPME), ainsi que Jérôme Durain, le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté.

Le programme détaillé :

18h00 – Conférence de Bruno Palier

Bruno Palier exposera les grandes évolutions du travail et leurs implications pour les politiques publiques, les entreprises et les actifs, à travers les travaux de recherche de l’ouvrage collectif « Que sait-on du travail ? »

19h00 – Table ronde

Les échanges doivent porter sur les transformations du travail, sa qualité, son sens et la santé des salariés.

 

Un événement jugé trop “communicatif”

Mais tous ne voient pas cet événement d’un bon œil. Dans un communiqué, le syndicat Solidaires 21 annonce qu’il n’y participera pas. Il appelle à boycotter la soirée. En cause : un événement jugé trop « communicatif », déconnecté de la réalité du terrain. Pour le collectif, parler de « réenchanter le travail » n’a pas de sens alors que la situation en France se dégrade.

 

Un constat alarmant sur le travail

Solidaires 21 dresse un tableau sombre. Selon lui, le travail est devenu une source de souffrance. Il dénonce des méthodes de management « délétères » et des restructurations à répétition qui cassent les collectifs. Le syndicat pointe aussi une perte de sens, notamment dans les services publics, où le manque de moyens empêche de faire correctement son travail. Pression à la productivité, isolement, concurrence entre collègues : pour l'organisation, ces logiques fragilisent les salariés.

 

De nombreux suicides liés au travail

Le syndicat insiste sur un point : les suicides liés au travail.

Il évoque plusieurs chiffres :

  • 10 suicides chez les cheminots depuis début 2026
  • 21 aux Finances publiques en un an

Il rappelle aussi le cas de l'entreprise Orange, où la justice a confirmé en 2025 la responsabilité de dirigeants dans une vague de suicides. Dans le secteur de la santé, la situation serait aussi préoccupante : un soignant se suicide tous les trois jours, et un sur deux serait en burn-out.

 

Plus d’écoute 

Face à ce constat, Solidaires 21 formule plusieurs demandes.

D’abord, mieux écouter les salariés. Il réclame une consultation systématique lors des réorganisations, avec une réelle prise en compte de leurs avis. Il demande aussi des enquêtes automatiques après chaque suicide ou tentative, y compris dans la vie privée. L’objectif : les faire reconnaître comme accidents du travail.

 

Retour à des instances de proximité

Autre revendication : renforcer l’inspection du travail. Solidaires 21 veut plus de moyens humains et un recrutement massif d’inspecteurs.

Le syndicat critique aussi les ordonnances Macron de 2017. La création des conseils sociaux et économiques a affaibli la représentation des salariés, pointe du doigt mle collectif.  Moins d’élus, plus éloignés du terrain, et la disparition des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail : pour Solidaires 21, ces changements ont réduit la capacité à alerter sur les risques pour la santé au travail. L'organisation demande donc un retour à des instances de proximité, dédiées à la mise en débat des organisations et conditions de travail, capables de mieux protéger les salariés.

Solidaires 21 appelle à une mobilisation dans la rue le 1er mai