Formation des demandeurs d’emploi : 25 millions d’euros en moins en Bourgogne-Franche-Comté

La Région Bourgogne-Franche-Comté dénonce une baisse de 25 millions d’euros des financements de l’État pour la formation des demandeurs d’emploi. Une décision qui pourrait entraîner la suppression de plus de 2 200 places dès 2026 et inquiète les acteurs locaux.

Publié : 6h00 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

Jérôme Durain, ici à gauche, regrette la décision de l'Etat.
Jérôme Durain, ici à gauche, regrette la décision de l'Etat.
Crédit : Région BFC

La formation des demandeurs d’emploi en Bourgogne-Franche-Comté fait face à une réduction majeure de moyens. L’État a décidé de diminuer son financement de 25 millions d’euros pour l’année 2026

Après plusieurs mois d’incertitude, la Région indique ce mardi 31 mars :  « La nouvelle est enfin tombée après des mois d’attente : la Région Bourgogne-Franche-Comté recevra cette année 25 millions de moins pour la formation des demandeurs d’emploi de la part de l’État » .

 

Un dispositif jusqu’ici jugé efficace

Depuis 2019, l’État et la Région étaient engagés dans un pacte dédié à la formation des publics les plus éloignés de l’emploi. Ce partenariat visait notamment les jeunes décrocheurs, les bénéficiaires du RSA ou encore les seniors. Selon la collectivité, les résultats étaient au rendez-vous. Elle souligne que cette politique a permis « d’améliorer de plus de 4 points le taux d’accès à l’emploi » .

Dans le même temps, l’offre de formation s’est rapprochée des habitants. La Région met en avant le fait que « des formations de premier niveau à moins de 10 km de chaque stagiaire » ont été développées sur le territoire .

 

Plus de 2 200 places de formation menacées

Les conséquences de cette baisse budgétaire s’annoncent immédiates. La Région alerte sur une réduction importante du nombre de places disponibles dès l’an prochain. Elle précise ainsi que « concrètement, cette baisse de 25 millions d’euros va supprimer plus de 2 200 places de formation en 2026 ».

Face à cette situation, la Région affirme maintenir son engagement financier. Elle indique consacrer chaque année 70 millions d’euros à la formation professionnelle. Elle insiste également sur le maintien des aides existantes, notamment celles liées à l’entrée en formation et aux déplacements des stagiaires.

Dans le même temps, elle a pris une décision exceptionnelle. « Elle a également fait le choix, comme les autres Régions engagées dans un Pacte pour la formation, d’avancer une partie du budget de l’État pour éviter la casse » .

 

Une rupture de confiance dénoncée

Au-delà de l’aspect financier, la Région évoque une dégradation de ses relations avec l’État. Elle souligne notamment que les actions menées ont été régulièrement évaluées et reconnues. Les bilans ont, selon elle, « à de nombreuses reprises, salué la qualité des démarches et la bonne consommation des crédits publics » .

Dans ce contexte, la décision de réduction est vécue comme un tournant. « Aujourd’hui, le pacte de confiance est rompu. La convention n’est pas respectée, et la logique du “coup par coup” prévaut, sans nous donner de cap ni d’horizon » .

 

Une réaction politique ferme

Le président de la Région, Jérôme Durain, a réagi à cette annonce. Il met en garde contre ses conséquences sociales, dans un contexte déjà fragile. « Alors que le chômage repart à la hausse, le gouvernement se désengage et défait les dispositifs mis en place qui ont pourtant prouvé leur efficacité » .

Il indique également avoir saisi le Premier ministre, Sébastien Lecornu. « J’ai dénoncé ce jour auprès du Premier ministre ce retrait majeur et ses conséquences sociales désastreuses » .

Enfin, il appelle à une réorganisation de la politique régionale. « C’est désormais une nouvelle politique à la main de la Région que nous devons bâtir pour les années à venir » .