Face au moustique tigre, Dijon prépare de nouvelles actions dont une « Brigade du tigre »

Face à la progression du moustique tigre et après l’apparition des premiers cas autochtones de chikungunya à Dijon en 2025, la Ville renforce ses actions de prévention. Sensibilisation des habitants, suivi scientifique et nouveaux dispositifs à l’étude : la municipalité veut mobiliser tous les acteurs pour limiter durablement la prolifération de cet insecte vecteur de maladies. Parmi les solutions avancées, une « Brigade du tigre »

Publié : 15 juin 2026 à 9h15 par
La Rédaction

La Ville rappelle plusieurs gestes simples à adopter vis-à-vis des moustiques tigres.
La Ville rappelle plusieurs gestes simples à adopter vis-à-vis des moustiques tigres.
Crédit : Image libre de droits.

Le moustique tigre continue de gagner du terrain et représente désormais un véritable enjeu de santé publique. À Dijon, où les premiers cas autochtones de chikungunya ont été recensés l'an dernier dans le quartier de la Maladière, la municipalité annonce un renforcement de ses actions de prévention et étudie de nouveaux dispositifs pour mieux protéger les habitants.

Dans un communiqué publié ce vendredi 12 juin, la Ville rappelle que « le moustique-tigre constitue un enjeu de santé publique majeur » et souligne que la lutte contre sa prolifération repose avant tout « sur la prévention et l'implication de chacun ».

 

Une vigilance renforcée après les cas de chikungunya

L'année 2025 a marqué un tournant pour la capitale bourguignonne avec l'apparition des premiers cas autochtones de chikungunya. Une situation qui, selon la municipalité, « rappelle l'importance d'une vigilance collective face à cet insecte susceptible de transmettre certaines maladies vectorielles ».

Si la compétence sanitaire relève de l'Agence Régionale de Santé (ARS), la Ville de Dijon indique agir dans son domaine de compétence à travers « l'information de la population, la sensibilisation aux bons gestes et la gestion de l'espace public ».

 

Huit gîtes larvaires sur dix se trouvent chez les particuliers

La municipalité insiste sur un constat partagé par les spécialistes : près de 80 % des gîtes larvaires du moustique tigre sont situés sur des propriétés privées. Le moustique pond ses œufs dans de très faibles quantités d'eau stagnante et se déplace généralement dans un rayon inférieur à 150 mètres autour de son lieu de naissance. Autrement dit, chacun peut contribuer directement à limiter sa prolifération.

La Ville rappelle plusieurs gestes simples à adopter :

-  vider régulièrement les coupelles sous les pots de fleurs ;
-  ranger à l'abri ou retourner les récipients pouvant contenir de l'eau ;
-  couvrir les récupérateurs d'eau de pluie ;
-  nettoyer les gouttières et les chéneaux ;
éliminer les objets susceptibles de retenir l'eau ;
-  renouveler régulièrement l'eau des vases

Selon lla mairie, « la suppression de ces points d'eau constitue aujourd'hui le moyen le plus efficace pour limiter la prolifération du moustique tigre ».

 

Une mobilisation qui se poursuit en 2026

Cette année encore, Dijon prévoit de poursuivre ses campagnes de sensibilisation auprès du grand public. Des actions spécifiques seront également menées dans les jardins familiaux et les jardins partagés.

Parallèlement, la collectivité participe à plusieurs dispositifs d'observation scientifique afin de mieux suivre l'évolution de l'espèce sur le territoire et mesurer l'efficacité des moyens de lutte mis en œuvre.

Des échanges sont également organisés avec les communes de Dijon Métropole, les services de l'État et les organismes spécialisés afin de coordonner les actions et partager les retours d'expérience.

 

Une future « Brigade du tigre » à l'étude

Parmi les nouvelles pistes envisagées figure la création expérimentale d'une « Brigade du tigre ». Cette équipe serait composée d'agents chargés d'aller à la rencontre des habitants pour les sensibiliser, promouvoir les bonnes pratiques et les aider à identifier les éventuels gîtes larvaires présents autour de leur domicile.

La Ville étudie également la possibilité de participer à une expérimentation de la Technique de l'Insecte Stérile (TIS). Cette méthode consiste à relâcher des moustiques mâles rendus stériles afin de réduire progressivement les populations de moustiques dans les secteurs concernés.

Ces projets sont actuellement en cours d'instruction et feront l'objet d'une communication ultérieure lorsque les arbitrages auront été rendus.