Feux de forêts : les élus de la majorité régionale demandent à l’État de revoir ses priorités

Alors que les incendies se sont succédés cet été dans de nombreuses régions françaises, notamment en Bourgogne-Franche-Comté, comme dans le Jura ou près de Dijon, à Vosne-Romanée ou à Plombières, les élus du conseil régional ont interpelé cette semaine le gouvernement sur ses priorités en termes de lutte contre les feux de forêts.

21 août 2022 à 11h00 par la rédaction

Un incendie avait touché les hauteurs de Vosne Romanée au mois de juillet
Un incendie avait touché les hauteurs de Vosne Romanée au mois de juillet
Crédit: Photo Yuri Quintero

Ci-dessous, le communiqué envoyé cette semaine par les élus de la majorité au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté :

« Jamais notre région n'avait subi de tels incendies de forêts. Tous les grands massifs forestiers sont touchés : Vosges, Morvan, Jura où plus de 1000 hectares ont brulé... Nous remercions toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés sans relâche : sapeurs-pompiers de Bourgogne-Franche-Comté, renforts aériens venus du sud de la France, agriculteurs et élus locaux. Ces incendies sont une des conséquences directes du changement climatique : les forêts sèchent, se fragilisent. Les maladies se développent et les rendent de plus en plus sensibles. Face à cette situation, nous devons tout faire pour réduire drastiquement nos émissions de CO2, limiter l’ampleur des bouleversements à venir et préserver nos territoires.

Ces feux inédits révèlent aussi les faiblesses de notre système de lutte contre les incendies. Il faut un réengagement massif de l’État dans une politique de sécurité civile, avec notamment une force d’intervention aérienne mutualisée et coordonnée à l’échelle européenne et le recrutement de plus de pompiers professionnels formés à ce risque. Or, depuis 2017, les moyens ont été fortement réduits, 261 centres de secours locaux ont fermé et le système de Défense des Forêts Contre les Incendies a été affaibli... La France doit également se donner les moyens d'une politique forestière ambitieuse. Comme nous l’avions déjà exprimé il y a un an par l’intermédiaire d’un vœu en assemblée plénière, il faut annuler les 500 suppressions de postes prévues à l'ONF et redonner à cet établissement public les moyens de ses missions, notamment la prévention, la surveillance, l’entretien de la forêt et la police de la nature. La forêt est notre bien commun, précieux et fragile. Nous devons la préserver pour qu’elle assure pleinement toutes ses fonctions : production de bois, production d'oxygène, fixation de carbone, protection des sols, réservoir de biodiversité, participation au cycle de l'eau, accueil du public...

À son niveau, la Région anticipe face à l'accroissement de ce risque en concentrant les fonds européens FEADER destinés à la forêt, sur la création et le renforcement des voiries forestières, car l'accessibilité aux massifs forestiers est un préalable indispensable à la surveillance et à la lutte contre les incendies de forêts. L’État doit refonder sa politique forestière pour tendre vers des forêts plus résilientes : fin des coupes rases et des plantations monospécifiques au profit des mélanges d'essences et de couvert continu. Il faut permettre à la forêt de s'adapter, à la nature et au temps de faire leur œuvre. Une vigilance particulière devra être portée aux zones brûlées, afin d’en faire des modèles de régénérescence en associant l’ensemble des acteurs locaux. »