Acces aux soins contrasté en Bourgogne-Franche-Comté

Selon un communiqué de l’INSEE publié ce lundi soir, en Bourgogne-Franche-Comté, les habitants des territoires ruraux présentent une mortalité supérieure à celle des territoires urbains, notamment avant 65 ans, ce qui reflète un état de santé moins bon.

23 octobre 2018 à 2h30 par la rédaction

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Crédit: K6FM

Pourtant, bien que plus éloignés des professionnels de santé et des établissements sanitaires, ils sont tout aussi nombreux à consulter dans l’année un médecin ou un dentiste. Dans les bassins de vie ruraux les plus touchés par la pauvreté, où vit un habitant de la région sur cinq, les disparités de niveau de vie, d’accès aux soins et de santé sont marquées. Cinq profils de territoires révèlent la diversité et la complexité des situations locales. Dans certains bassins de vie où l’offre médicale est pourtant assez importante, comme ceux de Jussey ou de Tonnerre, les populations cumulent pauvreté élevée et état de santé dégradé. En revanche, avec une offre médicale équivalente, d’autres bassins de vie où la pauvreté est moins prégnante, tels que celui de Saint-Claude, ont une population en meilleur état de santé.

La situation sanitaire des habitants est, dans l’ensemble, moins favorable dans les bassins de vie ruraux de la région que dans les territoires urbains. À structure d’âge équivalente, la population présente une mortalité supérieure qui témoigne d’un état de santé plus dégradé. Avec un indice comparatif de mortalité de 108, elle enregistre une surmortalité que ne connaît pas la population des territoires urbains où l’ICM est inférieur à 100. Toutefois, les habitants des bassins de vie ruraux sont aussi nombreux à recourir, au cours de l’année, à un médecin ou à un dentiste que ceux des autres territoires, même si l’offre en professionnels de santé est plus faible et plus distante. En effet, l’offre en médecins généralistes (APL) est moindre, de 3,3 consultations accessibles par habitant et par an contre 4,4 dans les espaces urbains. Masseurs-kinésithérapeutes et dentistes en exercice libéral sont aussi moins nombreux : 9,5 professionnels pour 10 000 habitants contre 14,3. Les temps de trajet pour les consulter sont plus longs. Enfin, se rendre dans un établissement hospitalier de soins de courte durée ou dans un centre de soins, d’accompagnement et de prévention des addictions prend en moyenne deux fois plus de temps. Parmi les 108 bassins de vie ruraux de la région, 40 ont une population plus exposée à la pauvreté monétaire. Dans ces espaces, pour la plupart peu denses, plutôt âgés et en déprise démographique, 15,8 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté contre 12,6 % en moyenne dans l’ensemble des bassins ruraux. Or, le contexte social pèse en général sur l’état de santé et la mortalité d’une population. Identifier les territoires ruraux les plus pauvres où la population présente un état de santé fragilisé, alors même que l’offre de soins est plus éloignée, permet d’adapter les politiques territorialisées de lutte contre les inégalités sociales de santé.

Communiqué de l’INSEE de Bourgogne-Franche-Comté