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Grève des ambulanciers à Longvic : toujours aucun accord avec la direction

18 avril 2019 à 18h10 Par la rédaction
Crédit photo : K6FM

8 jours après le début de la grève, toujours aucun accord n’a été trouvé entre les représentants du personnel des ambulanciers St-Bernard de Longvic et leur direction. Les employés réclament une augmentation des salaires et de meilleures conditions d'hygiène et de sécurité. Les syndicats font le point dans le communiqué ci-dessous.

C'est une véritable guerre de position qui a désormais lieu depuis 8 jours entre la direction et les grévistes. De nombreuses propositions de protocoles de fin de grève ont été établis (la direction en est déjà à sa 7ème version) malheureusement à ce jour aucun protocole n'a été signé par les deux parties.

La CGT devant le blocage de la direction dans le cadre des négociations, a souhaité mettre en place une délégation constitué d'un panel représentatif des salariés, qu'ils soient syndiqués ou nonsyndiqués. Il fallait montrer au gérant qu'il s'agissait d'un mouvement d'ensemble porté par les salariés de l'entreprise et non pas de revendications de la CGT transport uniquement. Cette délégation ainsi constituée portait dans son ensemble les mêmes revendications que la CGT. Or à plusieurs reprises la direction a tenté de court-circuiter la CGT majoritaire dans cette entreprise en faisant appel individuellement à des participants de cette délégation, pour leur soumettre des accords voire négocier directement avec eux. Sentant qu'il y avait un risque pour la CGT d'être shuntée par la direction2 , cette assemblée à préféré se dissoudre et réaffirmer devant le gérant le fait que la CGT avait été élue par leurs suffrages de manière majoritaire dans cette entreprise et qu'ils avaient accordé leur confiance à ce syndicat pour la bonne menée des négociations.

Dans un mail du 16 avril 2019 envoyé à 02h17 à la délégation CGT, la direction écrit « une dernière proposition de revalorisation des conditions salariales dans l'entreprise ferme et définitive a été transmise en fin de journée » Ou encore « Un retour rapide aux postes de travail et à un fonctionnement normal de l'entreprise devient vital dans les plus brefs délais. » Est-ce là ce que le gérant entend quant il parle de négociation ? Les salariés n'entendent pas se laisser dicter leur conduite par une direction qui ne les envisage plus que comme un coût sur son business plan.

Où en sont les négociations à ce jour : le gérant a proposé au 1er mai une rehausse du taux horaire des ambulanciers et des auxiliaires :

-Taux horaire emploi A 10.13€

-Taux horaire emploi B 10.89€

soit une augmentation du taux horaire brut de 0,4 centimes pour les auxiliaires et de 11 centimes pour les ambulanciers. Les deux parties avaient convenu comme il est établi dans un projet d'accord que ce taux horaire augmenterait au 1er octobre 2019, et qu'il serait donc à cette date de :

-Nouveau Taux horaire emploi A : 10.38€

-Nouveau Taux horaire emploi B : 11.14€

Or lors des dernières négociations la direction a nié avoir négocié ces taux. Les ambulanciers avaient pourtant demandé à ce que ces taux soient applicables dès le 1er mai 2019 et non au 1er Octobre 2019, ce à quoi la direction a répondu que l'impact en serait trop brutal pour l'économie de l'entreprise. C'est donc bien qu'elle avait compris que les salariés parlaient d'un taux horaire revalorisé tel qu'il figurait dans les projets d'accord de la direction, et celle-ci à cet instant ne les a jamais démenti. Donc la direction ment quand elle prétend ne jamais avoir proposé ce taux que l'on peut retrouver par ailleurs sur les projets qu'elle a édité. La direction propose par ailleurs une prime de permanence de15€ brut mais qui prendra fin le 19 juin 2019 à la terminaison programmée du régime des coefficients. (donc la durée de vie de cette prime s'étendra du 1er mai 2019 au 19 juin 2019 pour disparaître totalement.)

La direction propose aussi une prime de 38 € brut que l'on peut obtenir hypothétiquement sur la base d'un CA supérieur ou égal à 2 700 000€, un compte de résultat net positif, et enfin une masse salariale mensuelle inférieure à 64% du CA mensuel, en sus de ces conditions financières, plusieurs autres conditions sont émises (pas d'accident responsable, ponctualité, respecter les temps de transports prévisionnels, pas de réclamation clients). En résumé le gérant accorde en tout et pour tout une revalorisation du taux horaire ridicule de 11 centimes brut pour les ambulanciers et de 4 centimes brut pour les auxiliaires, pour ce qui est des primes, celle de 15 euros sera éphémère puisqu'elle disparaîtra au 19 juin 2019, et celle de 38€ est liée à tellement de conditions que son obtention est improbable.

Il existe à ce jour une forte défiance des ambulanciers vis à vis de leur direction. En effet le fonctionnement financier du groupe COMBE reste très opaque. Lors des négociations le gérant déclare que l'entreprise est en déficit, à la limite de la cessation de paiement et de la liquidation judiciaire, il émet donc des propositions extrêmement restreintes. Il explique avoir investi 50 000 euros de sa fortune personnelle dans l'entreprise pour pouvoir payer les salaires des ambulanciers (il n'en apporte pas la preuve). Les déclarations du gérant sur la mauvaise santé de l'entreprise ne reposent sur aucun document officiel, ni sur aucune preuve produite. Le compte de résultat net et le bilan n'ont jamais été fourni dans le cadre de cette négociation. Nous doutons qu'une entreprise qui dispose d'une réserve à hauteur de 90 000 euros soit à la limite d'une liquidation judiciaire. Par ailleurs nous avons appris de la direction que celle-ci envisageait dans les mois prochains le rachat de l'entreprise d'ambulance JUSSIEU DOLE. Ainsi, le groupe COMBE continue de s'agrandir sans que les salariés ne bénéficient des richesses produites dans cette entreprise.

Sur la grève en général, les ambulanciers de JUSSIEU SECOURS DIJON, laissent les ambulances non-grévistes aller et venir librement sans faire obstacle à leur travail. Certains ambulanciers grévistes ont même été réquisitionnés par le préfet suite au courrier parvenu à l'ARS dans lequel il est fait état de la grève des ambulanciers JUSSIEU SECOURS DIJON. Les ambulanciers grévistes respectent la loi, mais peut on ne peut pas en dire autant de l'employeur qui détache ses ambulances de JUSSIEU BESANCON et de JUSSIEU BEAUNE sur DIJON afin d'honorer les courses de JUSSIEU DIJON. Il faut savoir que l'ARS délivre des agréments par secteur et par conséquent les deux groupes suivants résidant en dehors de DIJON ne peuvent intervenir de par leur absence d'agréments sur le secteur dijonnais. Nous sommes en contact avec l'ARS de Belfort pour qu'un terme soit mis à cet état de fait. Par ailleurs le gérant embauche des CDD pour pallier l'absence des grévistes.

Communiqué des syndicats ambulances St-Bernard