Les réactions en Côte d’Or après le discours de Macron

Après le discours très attendu d’Emmanuel Macron ce mardi matin, le syndicat CPME de Côte d’Or et l’association CLCV 21 (association de défense de consommateurs) ont réagi ce mardi soir par communiqués.

27 novembre 2018 à 16h33 par la rédaction

K6 FM
Le syndicat CPME de C�te d'Or (ici son pr�sident Benoit Willot) a r�agi ce mardi soir
Crédit: K6FM

Pour la CPME, de très nombreuses questions restent en suspens : 

A l’occasion de la présentation de la politique énergétique pour les années à venir, le Président de la République a annoncé le lancement d’une "grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale afin, notamment… d’éviter que la transition écologique n’accentue l’inégalité entre les territoires".

Cette démarche est à saluer car elle montre enfin, du moins peut-on l’espérer, une prise de conscience sur l’absolue nécessité de tenir compte des réalités territoriales. La CPME prendra naturellement part à ces réflexions pour faire entendre la voix de ceux qui, partout en France, prennent des risques pour faire vivre et développer leur entreprise et ont aujourd’hui l’impression de ne pas même être pris en considération.

Autre point positif "la hausse des taxes sur les carburants sera adaptée à l’évolution des cours du pétrole", ce qui, en théorie, devrait limiter la hausse.

Pour autant de très nombreuses questions pratiques restent en suspens.

Que va-t-il se passer au 1er janvier 2019 pour le prix du carburant ; quid des augmentations de charges sociales dans les territoires ultramarins ; le crédit impôt sur la transition énergétique (CITE) sera-t-il effectivement maintenu dans les prochaines années pour le secteur du bâtiment ?

Le cap énergétique réaffirmé ce matin est une chose. Le cap fiscal en est visiblement une autre. Force est de constater que, sur ce point, le flou absolu reste de rigueur. Pas sûr donc que cela suffise à calmer les esprits.

La CPME continuera quant à elle plus que jamais de militer pour la mise en place d’un bouclier fiscal pour les artisans, TPE et PME en y incluant la fiscalité locale... et la fiscalité écologique.

 

Pour l’association CLCV : l’Adaptation des taxes au prix du pétrole est une annonce intéressante mais encore floue  

Depuis quatre mois la CLCV alerte le gouvernement sur les risques d’une forte hausse des prix de l’énergie pour les consommateurs. Les inquiétudes et les difficultés mises en lumière ces derniers jours ont démontré la pertinence de nos analyses et de nos demandes. C’est dans ce contexte que le président de la République s’est exprimé, afin de donner le cap de la Transition écologique pour les cinq prochaines années. Une annonce intéressante : adapter les taxes au prix du pétrole Face à la hausse brutale du prix des énergies (carburants, fioul et gaz principalement), notre association proposait un moratoire sur l’augmentation de la TICPE au 1er janvier 2019. Ce gel des taxes était, selon nous, une réponse rapide et concrète pour le pouvoir d’achat des consommateurs. Nous avions également proposé aux autorités publiques, à tout le moins, une hausse plus raisonnable de la fiscalité écologique ou encore la mise en place d’un mécanisme proche de celui de l’ancienne TIPP flottante. C’est cette dernière option que semble choisir aujourd’hui le président de la République. Mais aucune garantie n’est donnée dans ce sens, à l’exception d’un simple « rendez-vous tous les trimestres pour atténuer l’effet d’une envolée des cours mondiaux ».

Une crainte : un discours qui resterait lettre morte

La CLCV s’interroge sur les conditions d’application d’une telle annonce. Alors que les difficultés en matière de pouvoir d’achat des ménages nécessitent des réponses rapides et pragmatiques, aucun calendrier ne semble fixé pour mettre en place l’adaptation des taxes au prix du pétrole. De plus, cette mesure, que l’on peut aisément traduire comme une « TICPE flottante », est pourtant systématiquement rejetée par le gouvernement dans le cadre de la discussion au Parlement du projet de loi de finances pour 2019.

Nous rappelons également que le flou persiste sur les aides pour compenser la hausse de la fiscalité environnementale. Un plan de rénovation énergétique ambitieux n’est toujours pas à l’ordre du jour, notamment en élargissant et en simplifiant le CITE. Des débats régionaux importants mais pour quels objectifs ? La CLCV participera aux débats dans les territoires que propose de mettre en place le président. Mais notre association y participera dans un objectif précis : apporter des solutions rapides à la mesure des attentes des ménages. Elle rappellera également que la participation des citoyens à la Transition écologique ne peut pas se faire uniquement par un réflexe de fiscalité devenue punitive. C’est à cette unique condition que pourra se mettre en place une Transition écologique populaire. Nous en sommes encore loin.