Mouvement social en vue à la prison de Dijon

Après l’agression de deux surveillants pénitentiaires ce mardi dans l’Orne, le syndicat UFAP de Dijon appelle l’ensemble des Personnels pénitenciers de la région à retarder la prise de service ce jeudi matin. Voilà ci-dessous le communiqué que nous avons reçu ce mercredi.

6 mars 2019 à 9h47 par la rédaction

K6 FM
Crédit: K6FM

Notre Institution, à l’image de notre Pays, a une facheuse tendance à ne retenir aucune leçon de l’histoire.

Pourtant, celle-ci est assez récente puisque, un an presque jour pour jour, après l’attentat perpétré à l’encontre de nos Collègues de VENDIN LE VIEIL, voici que deux de nos Camarades de CONDE SUR SARTHE se retrouvent quasiment dans la même situation.

Malgré un mouvement social d’une dureté inouïe qui a conduit à la signature du Relevé de Conclusions historique, au regard du virage sécuritaire que devait prendre l’Institution Pénitentiaire, nous n’avons pu éviter ce drame d’hier à CONDE SUR SARTHE qui n’est pas à reléguer au rayon du fatalisme.

En effet, il y a bien des raisons qui ont mené à la réussite de cet attentat.

La première est insidieuse, profonde et trouvera sa résolution dans les coups de menton que devra donner la Garde des Sceaux.

Cette raison est purement politique !

Trop de Chefs d’Etablissements et quelques Directeurs Interrégionaux associés à quelques responsables des services de la DAP, placés sur des postes stratégiques, ne se conduisent pas en Fonctionnaires d’Etat, et enfilent quotidiennement le costume de militants politiques amoureux des pavés de 68, des représentants de l’OIP, et dont la fascination pour certaines vermines, que nous gardons, est sans limite.

Les autres raisons qui en découlent sont intimement liées à cette première car de ce fait :

- comment imaginer qu’un sous être humain comme celui d’hier puisse se voir interdire l’accès à une unité de vie familiale,

- comment imaginer que d’autres individus de son espèce puissent être menottés à chaque déplacement, hors de leur cellule,

- comment imaginer que le Personnel de Surveillance soit en droit de les fouiller, car comme certains le disent, c’est une atteinte à la dignité,

- comment ces mêmes Personnels de Surveillance pourraient participer à l’évaluation et aux décisions d’aménagement de peine de la population pénale car toujours, d’après ces mêmes militants politiques, cela pourrait porter atteinte aux chances dites de réinsertion de celleci, etc..., etc....

Depuis des années, ces responsables anarchistes n’ont eu de cesse d’imaginer des stratégies visant à retirer toute autorité à l’uniforme pour laisser place à l’angélisme carcéral et au pouvoir sans limite des associations pro-détenus. L’apogée de cette histoire a été atteinte sous l’ère Taubira Gorce dont nous payons encore aujourd’hui les conséquences de cette politique nihiliste.

Les Représentants de l’Union Régionale UFAP de DIJON et toutes ses composantes apportent évidemment leur indéfectible soutien aux victimes de cet attentat, qui seront bien évidemment oubliés par le pouvoir politique, d’ici quelques jours, histoire de laisser place dans les débats aux différentes polémiques organisées autour de ce que nous appelons une bonne nouvelle, à savoir la mort d’un des deux terroristes. Enfin, nous n’avons pas ici la prétention de déclarer avec M. BADINTER, pour autant, nous nous autorisons tout de même à critiquer son manque d’anticipation lorsqu’à l’époque, au sein de l’hémicycle, un député lui demanda par quoi allons-nous remplacer la peine de mort, celui-ci répondit : «on ne remplace pas un supplice par un autre supplice».

Cette réponse, sous forme de patate chaude, et dont la pensée est un peu courte, nous démontre aujourd’hui par l’actualité pénitentiaire que nous aurions dû, depuis cette époque, réfléchir très sérieusement à la gestion des individus comme les auteurs de cet attentat, qui auraient été jadis condamnés à la peine de mort, et gardés jusqu’à leur sentance dans un quartier ultra sécurisé. A présent plus que jamais, nous devons avancer sur le rôle et les métiers des Surveillants Pénitentiaires en détention, sur l’évaluation réelle de la population pénale et sur l’ouverture rapide et conséquente de quartiers spécifiques à la gestion de ces bêtes fauves qui, contrairement, là aussi, à ce que pensent les pourfendeurs de l’Ordre Républicain, n’ont aucune chance de s’amender.

En attendant que le bon sens retrouve place autour de la table des négociations, l’Union Régionale UFAP de DIJON appelle l’ensemble des Personnels de notre Région, à retarder la prise de service dès demain matin. Evidemment, cette modalité d’action n’est que le point de départ de la contestation et sera évolutive si la Garde des Sceaux ne trouve pas une sortie du marasme dans lequel se trouvent notre Institution mais surtout les Personnels qui y œuvrent.

Communiqué du syndicat UFAP de Dijon