Régionales en Bourgogne Franche-Comté : Les réactions des élus

Suite à la victoire de Marie-Guite Dufay et de sa liste socialiste aux élections régionales de Bourgogne Franche-Comté ce dimanche, les diffèrents élus du département réagissent tour à tour à ce scrutin serré et qui a vu le Front National réaliser une percée historique.

14 décembre 2015 à 6h44 par 45

K6 FM

Suite à la victoire de Marie-Guite Dufay et de sa liste socialiste aux élections régionales de Bourgogne Franche-Comté ce dimanche, les diffèrents élus du département réagissent tour à tour à ce scrutin serré et qui a vu le Front National réaliser une percée historique.


Retrouvez ci-dessous les communiqués de presse des diffèrents élus.


 


 


{slider=Claire Rocher pour Lutte Ouvrière} "Bien qu'en situation de l'emporter dans au moins trois régions, le Front national n'est parvenu à en conquérir aucune. Comme le montre la participation en hausse, il y a eu, dans toutes les régions, un réflexe de rejet du Front national.


Dans l'éventail des partis bourgeois, le FN est le plus réactionnaire qui soit. Il distille le poison de la division dans le monde ouvrier et une fraction importante de l'électorat en est consciente.


Parmi ceux qui craignaient que le FN prenne une région, c'est donc un soulagement, mais un soulagement qui risque d'être de courte durée.


Il faudrait être naïf pour croire que la victoire d'Estrosi en Paca ou celle de Bertrand dans le Nord protège les habitants de ces régions des idées crasses du FN. Si le Front national ne l'a pas emporté au second tour, il atteint dans toutes ces régions des scores très élevés.


La montée du FN pèsera sur la vie politique et sociale. D'autant plus que la droite comme le PS en amplifieront la pression, engagés qu'ils sont dans la compétition pour regagner l'électorat du FN, en reprenant son discours sécuritaire et réactionnaire.


Le PS se félicite d'avoir fait barrage au FN en retirant ses listes dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en appelant à voter pour la droite, y compris dans le Grand Est où le notable socialiste avait, contre les consignes du PS, refusé de se faire harakiri. Et, tout cela, au nom de la défense des valeurs de la République.


Elle est belle, leur République, qui ne laisse à l'électorat que le choix entre la droite et l'extrême droite, c'est-à-dire entre pire et pire encore ! Elle est belle, leur démocratie où le summum du courage politique est d'abdiquer et de renier ses idées !


Même la direction du PC s'est couchée devant les hommes de droite. Pendant des années, elle a expliqué qu'il fallait à tout prix « battre la droite ». En 2012, pour battre Sarkozy, elle a appelé à voter Hollande au second tour de la présidentielle. Et voilà qu'elle vient de contribuer à faire élire un Estrosi et un Bertrand, deux hommes de droite parmi les plus détestables !


Et faut-il rappeler que la gauche gouvernementale avait déjà appelé à voter Chirac en 2002 en brandissant la nécessité de faire barrage à Le Pen, qui n'avait pourtant, à l'époque, aucune chance d'être élu ?


De trahison en abdication, la gauche a fini par déboussoler et éc�?urer son propre électorat. Une majorité de cet électorat populaire a pris l'habitude de se réfugier dans l'abstention.  Mais une minorité croissante a remplacé ses illusions dans les partis de gauche par celle, plus grave, du FN.


Le Front National se pose en alternative alors qu'il n'a rien d'autre à vendre, comme programme politique, que son chauvinisme, sa haine de l'étranger et ses préjugés crasses. Pour le reste, il aspire, comme les autres, à gouverner pour le compte du grand patronat et des banquiers. Car malgré ses slogans démagogiques en direction des travailleurs, il est d'abord et avant tout un défenseur de l'ordre bourgeois.


Un des pires poisons que la gauche gouvernementale a distillés depuis des décennies parmi le monde du travail, c'est l'espoir qu'ils peuvent changer leur vie en votant bien. Là est la tromperie fondamentale. Le sort des travailleurs ne dépend pas des pantins que les exploités ont le droit d'élire et qui s'agitent sur le devant de la scène politique. Il dépend du pouvoir de la grande bourgeoisie, de ceux qui détiennent le capital et dominent la vie économique.


Les partis qui ne combattent pas cet ordre social, le pouvoir du grand patronat et de la finance, ne peuvent que trahir les promesses qu'ils font aux classes populaires. C'est ainsi de tout temps, et plus encore en cette période de crise de l'économie capitaliste où cette minorité ne peut prospérer qu'en poussant encore plus les exploités dans la pauvreté. 


Alors, il n'y a ni à se réjouir ni à s'attrister de ce énième épisode électoral. La force des travailleurs n'est pas dans les urnes, mais sur le terrain, dans les entreprises qu'ils font fonctionner, dans les quartiers populaires. Leur sort ne dépend pas de résultats électoraux, mais de leur capacité à se battre collectivement avec leurs armes de classe, les grèves et les manifestations.


Individu par individu et, même, entreprise par entreprise, les travailleurs ne font pas le poids face à la puissance du grand capital. Tous ensemble, ils représentent une force invincible. Mais ils ne peuvent se battre efficacement que s'ils rejettent toute illusion dans les politiciens de la bourgeoisie et s'ils savent clairement qui sont leurs ennemis, même lorsqu'ils se déguisent en faux amis. C'est de cette prise de conscience des travailleurs que dépend leur capacité à se défendre contre les attaques de la grande bourgeoisie et à mettre fin au règne du capital.{/slider}


{slider= Alain Suguenot, président des Républicains de Côte-d'Or} « Une élection qui laisse un goût amer et qui est la résultante de la proportionnelle, avec la situation particulière des triangulaires. On constate ainsi des résultats très serrés qui aboutissent plus à des mouchoirs de poche qu'à des plébiscites.


Le Président des Républicains de Côte d'Or se réjouit du score national du gain de 7 régions de notre famille politique. Je me réjouis également du résultat de la Côte d'Or et notamment de ma ville, mais m'inquiète pour la Bourgogne-Franche-Comté. Je félicite bien sûr la Présidente de Région, lui souhaitant bon courage. C'est aujourd'hui que les difficultés commencent, tant dans le cadre de la fusion, que du fait d'une majorité relativement courte et de la présence d'un Front National qui se fera bien sûr entendre.


Je regrette pour ma part que le combat mené courageusement par François SAUVADET et nos équipes que je remercie de leur engagement, n'ait pas suffisamment été relayé dans d'autres Départements. Je pense notamment à l'Yonne, ou au territoire de Belfort et à la Haute Saône. Mais ne parlons pas du passé. Il s'agit de construire l'avenir. L'union est plus que jamais nécessaire. Les Français nous ont envoyé un message. Il faut bien sûr les écouter, pour ma part je les ai entendus.


L'heure est maintenant au rassemblement autour d'un vrai projet d'alternance tant pour la Bourgogne-Franche-Comté, que pour la France. Il est plus urgent que jamais de répondre à la désespérance de nos territoires qui se sentent oubliés.» {/slider}


{slider=Thierry Falconnet, maire de Chenôve} Ce soir, dans notre région Bourgogne/Franche-Comté, la liste Notre région d'avance conduite par Marie-Guite Dufay a remporté la victoire !


Cette victoire, c'est celle d'un vaste rassemblement de femmes et d'hommes attachés aux valeurs républicaines. C'est celle de la gauche rassemblée face aux fractures dont sont responsables la droite et l'extrême-droite : en opposant les populations les unes contre les autres, la droite a préparé le terreau sur lequel l'extrême-droite a semé et récolté ses fruits. Cette victoire est celle de la gauche unie autour d'un projet progressiste, humaniste et solidaire !


En revanche, tous les enseignements de cette élection régionale doivent être tirés et je me ferai, avec mon équipe municipale, porteur de cette exigence. A Chenôve, la mobilisation des électrices et des électeurs a largement contribué à cette victoire. La participation a été très importante puisqu'elle a dépassé de 13 points celle du premier tour des élections régionales. A Chenôve, la gauche gagne quand elle est rassemblée ! Cet esprit de rassemblement et d'unité est le seul qui m'anime !


Je remercie vivement les Chenevelières et les Cheneveliers qui, comme ils ont toujours su le faire dans les moments difficiles, se sont rassemblés pour porter en tête la liste conduite par Marie-Guite Dufay avec 51,32 % des suffrages exprimés. Ce soir, mon adjointe à la solidarité, Saliha M'Piayi, est conseillère régionale et Chenôve ne peut que s'en féliciter. Marie-Guite Dufay a commencé sa campagne au Cèdre à Chenôve. Elle l'a terminée au centre commercial Kennedy à Chenôve. Chenôve porte chance à la gauche !{/slider}


{slider= François Sauvadet, tête de liste UDI/Les Républicains et président du Conseil Départemental de la Côte-d'Or} Je veux d'abord remercier les Bourguignons et les Francs-Comtois qui nous ont soutenu et qui ont porté leurs suffrages vers nous ; je veux remercier les milliers de militants qui se sont investis pleinement pendant des mois ; je veux remercier aussi mes colistiers qui ont défendu notre projet pour la Bourgogne Franche-Comté depuis le début de la campagne. L'élection s'est jouée dans un mouchoir de poche. En tant que tête de liste, j'assume pleinement la responsabilité de cette défaite. J'ai mené une campagne digne et responsable face à un PS qui a refusé le débat et un FN qui a agité les peurs.


Dans un contexte national dramatique, nous ne sommes pas parvenus à convaincre une majorité de Bourguignons et de FrancsComtois de l'importance de voter pour notre projet pour la Région alors que cette élection nous engage pour six ans. La gauche, avec François Rebsamen et Jean-Christophe Cambadélis, ont joué un jeu dangereux avec le Front National dont chacun voit qu'il est aux portes du pouvoir en Bourgogne Franche-Comté. Le Front National est arrivé en tête dans trois départements. J'espère qu'ils mesurent la responsabilité qui est la leur. Aujourd'hui, deux tiers des Bourguignons et des Francs-Comtois ont exprimé leur volonté d'un profond changement. C'est pourtant la gauche sortante qui est reconduite dans notre Région. Cette situation politique est lourde de menaces pour la Bourgogne Franche-Comté. Comme je l'avais annoncé, je démissionnerai de mon mandat de député pour me consacrer à notre Région et à la Côte-d'Or et porter la voix de tous ceux qui veulent le changement en Bourgogne Franche-Comté.


Notre résultat dans la Côte-d'Or, où nous arrivons nettement en tête, démontre une chose : le meilleur rempart contre le Front National, ce n'est pas des discours plus droitier, c'est une action de proximité concrète et efficace au service des habitants. C'est le message que je veux retenir de cette soirée. {/slider}


{slider= Colette Popard, présidente du groupe des Forçes de Progrès} Je salue la victoire de Marie-Guite DUFAY dans la grande région Bourgogne-Franche-Comté.


Ce soir, je suis fière d'être une citoyenne de Bourgogne-Franche-Comté où la menace de l'extrême-droite s'est éloignée grâce à un formidable sursaut républicain et à la mobilisation de toute la gauche. Nous devrons en tirer toutes les conséquences à l'avenir en comprenant la colère exprimée au premier tour. Cette prise de conscience qui fait que ce soir le FN ne remporte aucune région est salutaire pour notre pays, notre région et notre département.


A force d'avoir déclamé un discours faisant des habitants des zones rurales des citoyens de secondes zones en opposant systématiquement ville et campagne, François Sauvadet perd pour la troisième fois les élections régionales. Je l'avais appelé à prendre ses responsabilités au soir du premier tour, il ne l'a pas fait, il en paye ce soir le prix fort.{/slider}


{slider=Cécile Prudhomme pour Europe �?cologie Les Verts}Hier soir, partout en France, les électeurs ont refusé le Front national. En Bourgogne Franche-Comté, c'est la liste socialiste menée par Marie-Guite Dufay que nous avons soutenue qui est arrivée en tête, permettant à notre région de rester à gauche.


Nous avons contenu l'incendie mais nous n'avons pas éteint le feu. Nous nous réjouissons d'avoir pu parer au plus urgent : ne pas donner les clés des politiques régionales au Front national.


Mais au-delà, demain, qu'allons-nous faire pour traiter vraiment ce qui presse le plus, le chômage, la précarité et l'état d'une Terre qui devient de moins en moins vivable ?


Les électeurs n'ont pas fait le lien avec les négociations de la COP 21 alors que trouver des solutions au réchauffement climatique, à la qualité de l'eau, de l'air, à une production alimentaire saine et suffisante, c'est créateur d'emploi, en plus de tous les impacts positifs sur la vie quotidienne.


Les solutions extrémistes d'isolement prônées par le FN sont trompeuses mais ceux qui prétendent tout résoudre en faisant sembler de changer se trompent aussi. Ces constats ne doivent pas nous empêcher de nous questionner sur notre difficulté à convaincre les électeurs.


Sans élus à la région, les écologistes continueront à lutter à vos côtés, engagés dans la vie de la société, avec les associations mais aussi avec leurs élus municipaux. Ils veilleront avec vous à la sauvegarde de la maison commune. Les avancées viendront de ce que nous ferons tous ensemble.{/slider}