« Nous ne voulons pas de Shein à Dijon » : l'ouverture du géant chinois suscite la polémique

L'ouverture de Shein ce mercredi 25 février nourrit de nombreux débats et questionnements. Associations et personnalités politiques n'ont pas beaucoup attendu avant d'affirmer leur désaccord avec cette implantation. Comme déjà évoqués, les sujets des conditions de travail et de l'impact écologique sont au centre des préoccupations.

Publié : 19h00 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

Shein est ouvert au public au BHV de Dijon depuis ce mercredi 25 février.
Shein est ouvert au public au BHV de Dijon depuis ce mercredi 25 février.
Crédit : K6FM

L’ouverture de Shein à Dijon ce mercredi 25 février au sein du BHV (ex-Galeries Lafayette), suscite une vive controverse locale. L’implantation de la plateforme d’ultra-fast fashion, déjà très critiquée au niveau national, provoque une réaction immédiate d’élus et d’associations en Côte-d’Or.

 

Des actions menées dès l'ouverture 

Ce matin, alors que certains se dépêchaient pour aller acheter une nouvelle robe ou un pull tout neuf, d’autres protestaient devant le BHV de Dijon. Une action était menée dans le même temps que l’ouverture de Shein. Des militants organisaient des dons de vêtements rue de la Liberté, une façon de dénoncer la surproduction et de mettre en valeur une autre façon de consommer. 

Dans la foulée, l'association CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie) de Côte d'Or a pris acte de cette inauguration et s’interroge sur ses conséquences. Elle décrit un modèle d’« ultra-fast fashion » reposant sur une production en flux tendu, pilotée par les données numériques, avec des milliers de nouveaux articles mis en ligne en permanence.

Pour la CLCV, ce fonctionnement accentue la surproduction textile, alors même que l’industrie représente déjà entre 4 % et 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’association estime que l’implantation physique d’une telle enseigne pose la question de la cohérence avec les engagements climatiques affichés.

Si Shein met en avant un « impact positif » et une contribution à la « revitalisation des centres-villes », les opposants estiment que cette implantation risque au contraire d’accentuer la fragilisation des commerces indépendants dijonnais.

 

La député écologiste Catherine Hervieu monte au créneau

Et c'est le cas de la député de Côte-d'Or Catherine Hervieu. Elle évoque « des pratiques commerciales trompeuses et des allégations mensongères ainsi que plusieurs non-conformités ». Elle rappelle dans son communiqué que l’enseigne fait l’objet de poursuites au niveau européen, notamment dans l’affaire des poupées sexuelles d’apparence enfantine, et qu’au niveau national, sa marketplace est menacée de blocage.

L'élue pointe aussi « des conditions de travail désastreuses » et dénonce « l’exploitation des femmes, enfants et Ouïghours dans des usines où les droits humains sont violés ». Catherin Hervieu conlut son propos en clamant que « nous ne voulons pas de Shein à Dijon, ni ailleurs : pour l’environnement, pour un commerce
équitable et responsable. »

 

 

En novmebre dernier, alors que Shein devait ouvrir ses portes, c'était au tour de la maire de Dijon, Nathalie Koenders, d'exprimait son mécontentement : « Les méthodes de production et le modèle économique de SHEIN sont incompatibles avec nos engagements en faveur du climat, des droits humains et d’une économie responsable. SHEIN a choisi Dijon, mais Dijon ne l’a pas choisie. »