Plan social chez EBRA : l’argent public doit servir « le pluralisme et la qualité de l’information »

Le groupe EBRA annonce un plan de sauvegarde de l’emploi menaçant jusqu’à 400 postes, tout en développant le recours à l’intelligence artificielle pour la relecture et la mise en page. La députée Catherine Hervieu dénonce une « décision inacceptable » alors que le groupe perçoit de nombreuses aides publiques. Plusieurs mobilisations et négociations rythmeront les prochaines semaines, jusqu’au début novembre.

Publié : 11h00 par Adrien Favrie

La députée Catherine Hervieu apporte son soutien aux journalistes de presse locale.
La députée Catherine Hervieu apporte son soutien aux journalistes de presse locale.
Crédit : Photo DR : K6FM

Le groupe de presse quotidienne régionale EBRA fait face à une vive contestation par ses employés. Selon un communiqué syndical et les déclarations de représentants du personnel, la direction a engagé un plan de départs pouvant toucher jusqu’à 400 postes au sein de ses neuf titres, parmi lesquels Le Bien public et Le Journal de Saône-et-Loire. Les salariés dénoncent une dégradation des conditions de travail et le recours croissant à l’intelligence artificielle.

Ce projet suscite une  « forte inquiétude » quant à l’avenir du journalisme de proximité. Le mouvement de grève observé le vendredi 9 octobre a illustré la colère des équipes face à la suppression de postes de journalistes et de secrétaires de rédaction, au profit d’outils automatisés pour la mise en page et la relecture. Les personnels en contrat à durée déterminée et les pigistes apparaissent particulièrement fragiles dans ce contexte.

Selon les données financières publiées, l’actionnaire principal du groupe, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale, a réalisé un bénéfice net de 4,2 milliards d’euros en 2025. La même année, le groupe EBRA a perçu plus de 9 millions d’euros au titre des aides publiques à la presse. Les acteurs syndicaux et politiques rappellent que ces subventions ont été créées dès 1945 pour garantir le pluralisme et l’indépendance de la presse.

« L’argent public doit servir le pluralisme et la qualité de l’information » : c’est la ligne défendue par Catherine Hervieux dans sa prise de parole. La députée apporte son soutien ferme aux salariés menacés et demande au groupe EBRA ainsi qu’à son actionnaire de préserver les emplois humains. Elle réclame également une transparence totale sur le recours à l’IA.

 

Une mobilisation sur le terrain jusqu’à la fin des négociations 

Cette actualité accompagne plusieurs échéances clés pour l’avenir des quotidiens régionaux en octobre et début novembre. Du 9 au 31 octobre, plusieurs rassemblements et débats locaux sont organisés dans les territoires couverts par le groupe, notamment en Bourgogne-Franche-Comté. Organisées par les intersyndicales, ces initiatives visent à sensibiliser les lecteurs, les élus locaux et les acteurs associatifs aux enjeux du maillage territorial.

Les représentants du personnel poursuivront les discussions avec la direction au siège et dans les rédactions. Les négociations officielles entre la direction et les partenaires sociaux se dérouleront jusqu’au 2 novembre. Ces réunions doivent déterminer l’ampleur définitive des suppressions de postes et les modalités d’accompagnement des salariés.

À l'Assemblée nationale, les parlementaires entendent prolonger ce débat avec des interventions prévues début novembre. La députée Catherine Hervieux souhaite interpeller le gouvernement sur les conditions d'attribution des aides publiques à la presse. Elle demande qu'elles soient strictement conditionnées au maintien des effectifs et au respect de l'indépendance éditoriale.

Les lecteurs et soutiens du pluralisme prolongeront ces actions. Des pétitions et des réunions publiques d'information seront proposées tout au long des prochaines semaines. Elles permettront aux citoyens de réaffirmer leur attachement à une information locale vérifiée et réalisée par des journalistes sur le terrain.