Relogement des femmes victimes de violences en Côte-d’Or : l’heure du bilan

Le relogement des femmes victimes de violences en Côte-d’Or constitue un enjeu majeur dans la capitale des Ducs, dans toute la région Bourgogne-Franche-Comté et en France. Les bailleurs sociaux de la région ont dressé un bilan des actions mises en place ces dernières années.

Publié : 18h00 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

La Maison des Femmes à Talant accueillent des femmes de Côte-d'Or et de BFC  victimes de violences.
La Maison des Femmes à Talant accueillent des femmes de Côte-d'Or et de BFC victimes de violences.
Crédit : Photo DR : Facebook

En 2024, les forces de sécurité intérieure ont recensé 107 féminicides, 270 tentatives de féminicides et 906 femmes victimes de tentatives de suicide liées au harcèlement par un (ex-)conjoint. Au total, 1 283 femmes ont été victimes de féminicides ou de tentatives au sein du couple (source : SSMSI et Délégation aux victimes, ministère de l’Intérieur).

Dans ce contexte, l’accès à un logement autonome constitue souvent la condition indispensable pour quitter un conjoint violent.

 

Seulement 36 logements sociaux pour « violence au sein du couple » attribués en Côte-d’Or en 2025

Les demandes de logement social pour motif de « violence au sein du couple » restent importantes en Côte-d’Or :

  • 2023 : 161 demandes, 70 attributions
  • 2024 : 99 demandes, 99 attributions
  • 2025 : 95 demandes, 36 attributions

(Source : Areha Est)

Entre 2023 et 2025, 161 femmes et 226 enfants ont bénéficié d’un accompagnement par les associations locales, dont Solidarité Femmes 21 à Dijon.

Depuis 2022, une convention unit l’Union Sociale pour l’Habitat de Bourgogne-Franche-Comté et la Fédération Nationale Solidarité Femmes. Elle permet la formation des équipes, un accompagnement spécialisé et des relogements accélérés. Sur 24 situations très prioritaires traitées entre 2022 et 2025, 58 % ont été relogées en moins de trois mois et 87,5 % en moins de six mois.

La convention vient d’être renouvelée jusqu’en 2028.

 

Les femmes victimes de violences conjugales prioritaires pour l’attribution d’un logement social

En Bourgogne-Franche-Comté, les femmes victimes de violences conjugales sont prioritaires pour l’attribution d’un logement social, sur présentation de justificatifs.

François-Xavier Dugourd, président de l’Union Sociale pour l’Habitat de Bourgogne-Franche-Comté, l’a rappelé : « à chaque fois qu’un signalement est remonté, les bailleurs sociaux lui donnent la priorité. »

Juliane Charton, responsable du pôle Hébergement-Logement à la Fédération Nationale Solidarité Femmes, souligne de son côté : « Le logement est une condition matérielle décisive pour mettre en sécurité les femmes et leurs enfants et leur permettre de se reconstruire. »

Une enquête IFOP 2025 menée avec le Crédit Mutuel et la FNSF montre que 40 % des femmes en couple ne pourraient pas payer seules un loyer si elles devaient quitter le domicile conjugal, et 44 % ne pourraient pas partir sans aide financière extérieure.