« 1500 à 2000 morts évitables par an en France » : la CGT de Côte-d’Or alerte sur la situation des hôpitaux

La CGT de Côte-d’Or estime ce mardi 10 février que les hôpitaux publics du département sont dans une situation « catastrophique ». Le syndicat dénonce un manque de moyens criant, des patients qui attendent des heures, et pointent du doigt le CHU de Dijon.

Publié : 8h30 par
La CGT alerte ce mardi sur la situation des hôpitaux en Côte-d'Or.
La CGT alerte ce mardi sur la situation des hôpitaux en Côte-d'Or.
Crédit : JC Tardivon

Éric Blondet en avait parlé à notre micro. Un mois après, d’autres voix s’élèvent. « En Côte d’Or, la situation des hôpitaux publics est catastrophique ». C’est ainsi que débute la CGT de Côte-d’Or dans son communiqué transmis ce mardi après-midi à notre rédaction.

Le syndicat avance de multiples problématiques : manque de moyens chroniques, absence d’anticipation, désertification médicale, … Des facteurs qui ont pour conséquence de mettre « en jeu la santé des populations à l’image de ce qui se passe au CHU de Dijon.» 

 

« 1500 à 2000 morts évitables par an en France »

2 000 : comme le nombre de lits supprimés dans les hôpitaux et cliniques en France en 2024 selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). Une situation qui se répercute logiquement à l’échelle locale Le CHU doit chaque jour trouver entre 20 et 30 lits pour hospitaliser les patients qui entrent aux urgences. Certains jours, il y a, dès 7h00, déjà 20 patients à hospitaliser, donc une partie des patients de la veille non encore orientés », partage la CGT.

Le collectif parle de « 1500 à 2000 morts évitables par an en France en raison des difficultés matérielles et des diminutions des moyens des services.» Ces chiffres annoncés sont ceux de Christophe Prudhomme, médecin urgentiste dans le 93 et conseiller régional de La France Insoumise, à BFMTV à l’été 2023. De quoi faire planer sur les équipes médicales un « un réel danger professionnel en les plaçant dans la situation de ne pas pouvoir offrir au patient une réponse de prise en charge optimale et totalement adaptée. »

Des conditions de travail dégradées et des élus décriés 

Au-delà de l’impact de ces conditions pour les patients, les soignants sont aussi directement touchés. Un rythme de travail jugé « incompatible avec leur conception de la relation aux patients et génèrent une charge mentale qui pèse sur leur santé, induisant épuisement professionnel et burn-out. »

Le syndicat estime « indispensable de proposer des solutions pérennes », sans pour autant expliquer quelles pourraient-elles être. « Ces mesures doivent se prendre sur une échelle territoriale en s’appuyant sur l’ensemble des établissements du département de Beaune jusqu’à Chatillon en passant par Montbard, Saulieu et Semur

Les élus politiques locaux sont en parralèle pris pour cible. Il leur est reproché de pas assez prendre en compte cette situation dans les différents établissements : « Certains en sont les présidents des conseils de surveillance - F.Rebsamen-CHU, E. Coint-La Chartreuse, C. Sadon-Semur en Auxois, A. Suguenot-Beaune - pour les plus importants »

Pour terminer ses propos, la CGT affirme que des choix budgétaires seront à faire. Avec, par exemple, réduire les dépenses militaires au profit d’autres services publics dont celui de la santé.