À Dijon, « rendre visible l'invisible » c'est la mission d'Amélie et Malorie avec Fluonir

Créée en mars 2026, la start-up dijonnaise Fluonir veut transformer dix ans de recherche en une technologie d’imagerie pour aider les chirurgiens à mieux délimiter certaines tumeurs cancéreuses. L'objectif est d'avoir « une solution concrète [pour] contribuer à sauver des vies ». Une première administration chez l’être humain est envisagée à l’horizon 2030.

Publié : 14h00 par Adrien Favrie

FLUONIR se veut une solution pour mieux discerner les tumeurs lors des opérations chirurgicales.
FLUONIR se veut une solution pour mieux discerner les tumeurs lors des opérations chirurgicales.
Crédit : Photo@CHU Dijon Bourgogne

Amélie Godard et Malorie Privat veulent donner une application concrète à leurs recherches. En mars 2026, les deux chercheuses ont créé Fluonir, à Dijon, avec quatre autres chercheurs et un chirurgien. Leur objectif : « développer une technologie permettant de mieux distinguer certaines tumeurs cancéreuses des tissus sains pendant une opération ».

Six mois après sa création, la start-up poursuit son développement pour faire passer cette innovation du laboratoire au bloc opératoire. « Nous avons créé Fluonir pour transformer une découverte de laboratoire en une solution disponible au bloc opératoire », explique Amélie Godard, cofondatrice et présidente de l’entreprise.

 

Une technologie pour mieux visualiser les tumeurs

La technologie développée par Fluonir repose sur des molécules fluorescentes associées à des anticorps capables de reconnaître certaines cellules tumorales. Lorsqu’elles sont éclairées par un dispositif adapté, les molécules émettent un signal détecté par une caméra spécifique. Ce procédé doit permettre de mieux faire apparaître les contours de certaines tumeurs pendant une intervention chirurgicale.

L’objectif est d’apporter une information visuelle complémentaire au chirurgien, sans remplacer son expertise. Une meilleure délimitation des zones tumorales pourrait l’aider à déterminer plus précisément les tissus à retirer et à préserver autant que possible les tissus sains. Les premiers travaux de développement concernent les cancers des voies aérodigestives supérieures, notamment ceux de la bouche, de la gorge et du larynx.

En 2022, le projet était récompensé par le concours i-PhD. Il renforce la position de leader de la région sur le domaine de la santé. 

 

 

Dix ans de recherche à Dijon avant une application médicale

Le projet débute en 2018 à l’Institut de Chimie Moléculaire de l’Université de Bourgogne, où Amélie Godard et Malorie Privat commencent leurs thèses. La première est spécialisée dans la synthèse de produits fluorescents, tandis que la seconde travaille sur l’imagerie médicale. Leurs recherches donnent naissance à la plateforme Wazabi, qui utilise des molécules émettant dans le proche infrarouge II, une zone du spectre lumineux située au-delà de l'infrarouge.

A Dijon, en plus du CHU de l'Université de Bourgogne, la clinique de Valmy et son futur village santé traitent les maladies de similaires.

Récompensés par le Grand Prix du concours i-PhD de Bpifrance en 2022, leurs travaux entrent aujourd’hui dans une nouvelle phase. Fluonir se concentre sur la protection de ses inventions et les démarches réglementaires nécessaires au développement d’un futur médicament. Une première administration chez l’être humain est envisagée à l’horizon 2030, sous réserve des résultats scientifiques et des autorisations nécessaires. « Je voulais donner à nos recherches la possibilité de devenir une solution concrète et de contribuer à sauver des vies », confie Amélie Godard.