La Chartreuse se félicite de son centre d'aide aux jeunes troublés psychologiquement

À Dijon le Centre Hospitalier La Chartreuse a lancé il y a un an un dispositif inédit en Bourgogne-Franche-Comté : le CARE. Ce centre d'accompagnement s’adresse aux jeunes de 16 à 30 ans souffrant d’un trouble de la personnalité borderline. Après avoir fête sa première bougie, le dispositif ravie l'établissement.

Publié : 29 décembre 2025 à 10h20 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

Camille Coudert, psychiatre et responsable médicale du CARE, et Yoshi, un chien au rôle apaisant.
Camille Coudert, psychiatre et responsable médicale du CARE, et Yoshi, un chien au rôle apaisant.
Crédit : CH La Chartreuse

Alors que la santé mentale est toujours l'une des priorités nationale, Dijon accueille depuis un an une structure pionnière en la matière : le CARE, Centre pour l’Accompagnement et le Rétablissement des jeunes présentant un trouble borderline, appelé aussi État Limite. Porté par le Centre Hospitalier La Chartreuse, ce dispositif rare en France a déjà accompagné plus de 30 jeunes adultes et s’impose comme un modèle innovant en Bourgogne-Franche-Comté.

 

Un centre unique pour un trouble encore méconnu

Inauguré en 2024 avec le soutien de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté via le Fonds d’Innovation Organisationnelle en Psychiatrie (FIOP), le centre CARE s’adresse aux jeunes de 16 à 30 ans souffrant d’un trouble de la personnalité borderline. Cette pathologie, qui touche entre 1 et 2 % de la population générale représente près de 20 % des suivis en psychiatrie en France selon les données de l'établissement.

Les symptômes sont multiples : instabilité émotionnelle, impulsivité, peur de l’abandon, conduites auto-dommageables ou encore difficultés relationnelles. Autant de signes qui perturbent les parcours de vie, scolaires ou professionnels, à un âge souvent décisif.

 

Une triple approche thérapeutique

Le CARE se distingue par une prise en charge globale et adaptée, articulée autour de trois axes clés :

  • L’intervention précoce : pour agir dès les premiers signes et éviter les ruptures de parcours.

  • La réhabilitation psychosociale : pour soutenir les jeunes dans leurs projets personnels, sociaux ou professionnels.

  • Le General Psychiatric Management (GPM) : une méthode thérapeutique développée à Harvard, fondée sur la compréhension du trouble et la qualité de la relation soignant-patient.

Cette approche permet une prise en charge personnalisée, centrée sur le rétablissement et le développement des compétences des usagers. Comme l’explique le Docteur Camille Coudert, responsable médicale du centre : « L’objectif est de les accompagner pour qu’ils se créent une vie qui ait du sens pour eux, en favorisant le sentiment de compétence personnelle ».

 

Des résultats dès la première année

Depuis son ouverture, le centre CARE a accompagné 32 jeunes, dont 20 actuellement en suivi. 44 séances d’éducation thérapeutique ont été animées, et 87 heures de formation GPM aux professionnels du CH La Chartreuse ont été dispensées.

L’équipe pluridisciplinaire se compose de deux médecins, une psychologue, deux infirmières et un personnel administratif. Le centre compte aussi sur un membre pas comme les autres : Yoshi, un chien formé à l’accompagnement émotionnel, qui contribue à créer un climat rassurant pour les jeunes en détresse psychique.

 

De nouvelles initiatives prévues pour 2026

Après une première année prometteuse, le centre CARE entend poursuivre son développement avec plusieurs projets phares dès 2026. En janvier un programme intitulé Connexions Familiales sera lancé pour accompagner les proches de jeunes atteints de trouble borderline. Animé par deux infirmières formées à cette approche, il proposera 11 séances d'information et de soutien.

Le centre prévoit également d’ouvrir un groupe de métacognition, afin d’aider les participants à mieux comprendre le fonctionnement de leurs pensées et leur impact sur les émotions et les comportements.

Enfin, le CARE partagera son expertise à l’échelle nationale lors du Congrès Réhab du C2RB, prévu en mai 2026. Une intervention y présentera les enseignements tirés de la mise en place de l’intervention précoce dans le trouble borderline.