Rentrée 2026 : le budget est dévoilé et des chiffres en baisse pour l'Académie de Dijon

À la rentrée 2026, malgré une baisse marquée du nombre d’élèves partout en France, l’Éducation nationale choisit de renforcer ses moyens humains. En Bourgogne-Franche-Comté la FSU porte un regard différent et regrette la suppression plus de 80 postes.

Publié : 16h00 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

La France va perdre un million d'élèves sur la période 2019-2029.
La France va perdre un million d'élèves sur la période 2019-2029.
Crédit : Site internet Académie de Dijon

Alors que la France s’apprête à vivre une rentrée 2026 marquée par un recul démographique inédit dans les écoles, l’Éducation nationale affiche sa volonté de maintenir un haut niveau d’encadrement. À l’échelle nationale comme dans l’académie de Dijon, de nombreux chiffres ont été publiés récemment.

 

Plus de moyens malgré une baisse d'élèves

L’adoption définitive du projet de loi de finances pour 2026 en début de semaine entraîne l'annonce des moyens alloués à l’Éducation nationale. Le budget 2026 du ministère augmente de 200 millions d’euros par rapport à 2025 annonce le communiqué transmis. Ce renforcement financier s’accompagne de la création de près de 5 900 postes supplémentaires. Et ce, malgré une perte de 150 000 élèves attendue dès la rentrée prochaine dans les écoles publiques françaises.

Le nombre moyen d’élèves par classe atteindra un niveau historiquement bas, avec 21 élèves par classe en moyenne dans le 1er degré. Le taux d’encadrement (nombre de professeurs pour 100 élèves) progresse à 6,24, contre 5,46 en 2017. Un bond salué par le ministère comme l’un des plus importants dans les pays de l’OCDE.

 

Une baisse d’effectifs marquée dans l’académie de Dijon

À l’échelle de l’académie de Dijon, qui regroupe la Côte-d'Or, la Nièvre, la Saône-et-Loire et l’Yonne, les prévisions sont tout aussi nettes : près de 4 148 élèves de moins dans le public pour la rentrée 2026-2027.

Dans le 1er degré, la baisse attendue est de 2 769 élèves, soit -2,4 %. Cela comprend :

  • Une diminution de 1 596 élèves en maternelle (-3,9 %)

  • Une baisse de 1 214 élèves en élémentaire (-1,7 %)

Dans le second degré, la chute est estimée à 1 379 élèves (-1,3 %), dont :

  • -916 collégiens

  • -308 lycéens en filières générales et technologiques

  • -103 en voie professionnelle

  • -52 en post-bac

Tous les départements sont concernés, avec en tête la Saône-et-Loire (-478 élèves), suivie de la Côte-d’Or (-412), de l’Yonne (-311) et de la Nièvre (-178).

 

Du personnel en baisse...

Malgré cette baisse, l’académie annonce un renforcement du taux d’encadrement dans le 1er degré : il atteindra 6,62 professeurs pour 100 élèves (contre 6,53 en 2025). Ce taux progresse dans tous les départements, avec un pic dans la Nièvre à 7,08.

Cependant, les moyens d’enseignement sont ajustés : -81 ETP (équivalents temps plein) dans le 1er degré, dont -33 pour la Côte-d’Or. Dans le second degré, la baisse est de 83 ETP, en cohérence avec la chute démographique.

 

Et la colère du FSU

En réponse à ces chiffres, la FSU Bourgogne, première organisation syndicale de l'Éducation Nationale, dénonce cette diminution dans un communiqué ce vendredi 6 février : « Bien sûr le nombre d’élèves est en légère baisse dans l’académie, mais alors que l’on aurait pu en profiter pour enfin réduire les effectifs dans les classes, dans un pays qui a les classes de primaire et de collège les plus chargés de l’OCDE, le ministère fait un choix tout autre. »

Le syndicat évoque aussi d'autres suppressions : « Loin de se limiter aux 83 suppressions de postes du second degré et qui mettent déjà à mal les établissements scolaires, la rectrice rajoute quasiment 40 suppressions de postes dans les dotations qu’elle attribue pour les collèges, LP, lycées pré et post bac ! L’addition est bien plus salée ! » 

La FSU appelle la profession à tenir des heures d’information syndicales et « soutiendra toutes les mobilisations des personnels. »