Les maires de Talant et Chevigny veulent créer une police métropolitaine des transports pour faire face à la violence

Fabian Ruinet et Guillaume Ruet, maires de Talant et de Chevigny-Saint-Sauveur, demandent à l’État la création urgente d’une unité de police dédiée au réseau Divia. Une démarche motivée par la récente agression d'une conductrice de bus à Dijon. Deux courriers ont été adressés aux ministres de l'Intérieur et à celui des Transports.

Publié : 7h00 par
Léon Charpenay - Redacteur Web

Pigiste

Vers une unité de police métropolitaine des transports  sur la métropole dijonnaise ?
Vers une unité de police métropolitaine des transports  sur la métropole dijonnaise ?
Crédit : K6FM

Dans un communiqué transmis à notre rédaction, les maires de Talant et de Chevigny-Saint-Sauveur, Fabian Ruinet et Guillaume Ruet, tirent la sonnette d’alarme. Face à la « dégradation préoccupante de la sécurité » dans les transports publics de l’agglomération dijonnaise, ils appellent l’État à agir rapidement et concrètement.

 

Une demande claire à l’État

Cette initiative fait suite à la récente agression d'un homme sur une condutrice d'un bus à Dijon le 27 janvier. Peu avant minuit, l'individu a frappé et violenté celle qui était au volant d'un car de la lign L3 du réseau Divia. Le bus a ainsi été détourné , avant d'être intercepté par les forces de l'ordre. Pour les deux édiles, cet acte est symptomatique « d’une montée des violences dans les transports publics », face à laquelle « les dispositifs actuels montrent aujourd’hui leurs limites ».

Par deux courriers adressés le 3 février au ministre de l’Intérieur et au ministre des Transports, les maires réclament « la mise en œuvre rapide de solutions de sécurité pérennes et opérationnelles afin de protéger efficacement les usagers comme les personnels du réseau ».

Ils soulignent que malgré un dialogue engagé depuis plusieurs mois entre Dijon Métropole, les communes concernées et les services de l’État, « ce dossier demeure à l’arrêt, faute de décision opérationnelle ». Pourtant, des « besoins clairement identifiés » existent, appuyés par « des engagements antérieurs ».

 

Une unité de police métropolitaine réclamée

Les maires de Talant et de Chevigny-Saint-Sauveur rappellent qu’ils assument pleinement leurs responsabilités en matière de « prévention, de vidéoprotection, de médiation et de police municipale. » Mais ils insistent : « elles ne peuvent se substituer à l’État, seul compétent pour assurer une présence policière disposant de prérogatives judiciaires complètes sur l’ensemble du réseau ».

Ils estiment que le cadre légal est déjà en place : « le Code des transports permet explicitement à l’État de déployer des dispositifs de sécurité dédiés ». Il s’agirait désormais moins « d’un enjeu juridique que d’un choix opérationnel et politique ».

En ce sens, les élus demandent « la création rapide d’une unité de police métropolitaine des transports », placée sous l’autorité de la Police nationale et compétente sur l’ensemble du réseau Divia. Une proposition déjà évoquée par Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, en novembre 2022.

 

Protéger les agents et rassurer les usagers

Au-delà des questions de sécurité immédiate, les maires insistent sur les enjeux globaux : « la confiance dans le service public, la protection des agents, la tranquillité des usagers et l’attractivité du territoire métropolitain » sont en jeu.

Fabian Ruinet et Guillaume Ruet concluent en se tenant « à la disposition de l’État pour engager sans délai un travail conjoint afin d’aboutir à des réponses concrètes et durables ».